VI. — Traits caractéristiques et distinctifs des psaumes
Les psaumes qui appartiennent certainement à David se distinguent des autres par leur originalité, plus encore que par leur titre. On y reconnaît le génie fier, créateur, doué d'une sensibilité exquise, à la liberté des alhires du poète-roi, à la passion, à la prédilection du fou élégiaque, à une poésie pleine à la fois de grâces,
de force et de mouvement, enfin à un cachet d'antiquité, à une manière plus autoritaire et plus dure, quand il s'agit de flétrir le vice et de reprendre l'impiété. Il faut voir dans les peines terribles appelées sur les méchants l'énoncé des inévitables justices de Dieu, et non un ressentimcàc vindicatif et personnel du psalmiste. C'est un avertissement pour le pécheur. Voilà comment le châtiment à éviter est représenté sans ménagements.
Le nombre de psaumes reconnus généralement pour être de David n'est pas moindre de cinquante.
A côté d'eux se placent les psaumes des chantres contemporains de David. Ceux d'Asaph sont au nombre de douze; ceux des fils de Coré, famille lévitique, sont au même nombre. On y veut reconnaître l'empreinte sacerdotale et une imitation plus heureuse de la manière royale.
Les deux psaumes d'Héman et d'Ethan, fils d'Esra, appartiennent déjcà au temps de Salomon.
Sous ce monarque la simplicité première commençait à faire place à des compositions d'un genre nouveau, tantôt plus compliquées, tantôt plus aiguisées.
On ne compte qu'un très petit nombre de psaumes de Salomon ; on peut même les réduire à deux, dans le psautier, si on ne veut lui attribuer que ceux qui lui appartiennent certainement. Le troisième livre des Rois nous dit que le fils de David a composé cinq mille cantiques (1). Ne doit-on pas penser que si ces cinq mille cantiques avaient été des psaumes, un nombre considérable d'entre eux serait introduit dans le psautier? Puisqu'il n'en a point été ainsi, on est autorisé à croire qu'ils étaient d'un genre différent. La littérature sacrée au
. (1) m Reg., IV, 32.