CHAPITRE II. loT
territoires jusqu'aux confins de la terre. Jéhovah n'est pas comme les dieux nationaux des autres peuples, vivant en bonne intelligence avec les dieux voisins. C'est un Dieu dominateur, absolu. Devant lui les autres dieux sont des démons que sa présence met en fuite ; ils sont moins encore, à savoir : des idoles de bois ou d'argent; et l'on s'égare, on se méprend étrangement quand, d'après la stèle de Mésa, on identifie l'idée que le roi de Moab avait de Moloch avec la foi d'Israël à son Dieu. Pour cette nation choisie, élue du ciel, il n'y avait qu'un Dieu, Jéhovah; il n'y avait aussi qu'un peuple immortel, c'était Israël. Ce peuple a figuré le règne de Jésus-Christ sur la terre. De même que la synagogue a été la figure de l'Église enseignante, de même aussi, et longtemps avant elle, le peuple juif, à beaucoup d'égards, a été l'image de l'Église militante.
Les saints Pères, avec raison, ont vu dans le mosaïsme, dans ses sacrifices et jusque dans les épreuves de la nation, la figure de la constitution de l'Église, de ses rites et de ses destinées. Il y a plus, les saints d'Israël ont été l'image de nos saints; et cela est si vrai, que l'Église en célèbre les fêtes. Les luttes, les combats, les tristesses, les défaillances, les victoires et les joies d'un vrai Israélite comme David, sont celles d'une âme chrétienne.
Pour ces raisons, on pourrait exiger, ou du moins désirer de l'auteur de ce livre , l'examen et l'étude du psautier dans de très larges proportions. Pourquoi en effet ne pas dégager l'élément messianique de tous les textes où il se trouve? Nous devons le confesser, la matière eût été trop considérable pour nos forces ; mais en bornant notre travail, comme nous l'avons fait, nous pouvons, malgré les omissions que nous sommes les pre-
miers à signaler, atteindre le but spécial que nous nous sommes proposé. Nous avons voulu ici chercher le prophétisme messianique imiquement dans les paroles et les œuvres de David. Or, tous les psaumes ne sont pas de David; ils appartiennent à divers siècles, et ces chants sacrés, dans la forme que le fils d'Isaï leur a donnée, ont continué, même au delà de la captivité, d'enrichir incessamment la littérature sacrée.
C'était assez, et même trop pour nous, d'entreprendre l'étude des actes, des institutions et des chants du roiprophète d'Israël. Nous n'avons pas même voulu étudier chacun des psaumes dont David est reconnu l'auteur. Les longueurs et les répétitions eussent été inévitables. Nous n'avons choisi que les psaumes particulièrement messianiques, et seulement les plus caractéristiques. Notre ambition a été d'aider le lecteur à compléter notre étude par celle qu'il pourra faire, essayant de l'initier aux vues et aux méthodes des saints Pères.
Toutefois, avant d'aborder l'exposition et l'analyse de dix psaumes éminemment messianiques que nous avons choisis entre beaucoup d'autres comme contenant, en plus grande abondance et plus manifestement, l'élément prophétique, nous voulons mettre sous les yeux du lecteur la traduction sur Thébreu de ceux des psaumes qui, d'après l'estimation commune, reflètent les faits principaux de la vie de David, type et figure du Messie. Pour cause de brièveté, nous nous abstenons de commentaires. Nous nous bornerons à quelques indications préliminaires.
David, nous ne saurions trop le rappeler, est, dans tous les actes de sa vie, la figure de Jésus-Christ : épreuves, douleurs, triomphes, tout, moins le péché, et proportions gardées, lui a été commun avec le Sauveur des hommes, et il l'a chanté sans jamais oublier qu'il le représentait.