CHAPITRE II
La royauté typique de David se fonde rapidement : son autorité s'affirme, ses relations se multiplient. Israël croît par degrés et devient une grande nation en Chaldée et devant l'Egypte. A mesure que les événements gagnent en importance, les chants, les méditations pieuses du saint roi s'élèvent avec eux. Ses entretiens avec Dieu deviennent plus fréquents ; les révélations plus explicites et plus précises. Le psalmiste les confie à ses saints cantiques. L'idéal qui avait illuminé, dans le lointain, le passé d'Israël à la manière d'un météore, se rapproche. L'idéal se fait homme, il pose devant David. Le prophète éprouve le besoin mystérieux non seulement de le glorifier, mais, pour ainsi dire, de s'identifier avec le Messie. Par moments, il le fait, et s'oublie lui-même. Il veut certainement penser, parler, prier et agir comme lui.
II. — Modèles suivis par David. — Éléments ordinaires du psaume.
Nul doute que les chants de Moïse n'aient servi à David de modèle quant à la composition et à la forme des psaumes. Cela est si vrai que l'on peut aisément confondre les uns avec les autres, à ce point que, parmi les commentateurs, plusieurs appliquent à Moïse un psaume que d'autres attribuent soit à David, soit même à des auteurs postérieurs. Les commentateurs pensent que le psaume LXXXIX*', attribué à Moïse par saint Jérôme et le plus grand nombre des critiques, est un type que David a, consciemment ou non, souvent imité. En tous cas, il renferme presque tous les sentiments que le roi-prophète a chantés. Nous voulons mettre le lecteur à même de s'en convaincre en le plaçant ici sous ses yeux.
iGO DAVID PSALMISTE.
Psaume LXXXIX.
Domine, refugium faclus es nohis. . .