ÉPILOGUE DE LA TROISIÈME PARTIE
AVANTAGES SPIRITUELS QUE LE CHRÉTIEN PEUT RETIRER DES PSAUMES OU DAVID A CHANTÉ SA PROPRE HISTOIRE.
Les auteurs profanes qui étudient les hymnes des Védas aiment, d'après les textes, à conjecturer ou à deviner les faits obscurs auxquels se rapportent ces chants poétiques. Ils découvrent des intentions morales, des éléments de systèmes philosophiques, des données théologiques pouvant éclairer la nuit d'un peuple qui n'a presque pas d'histoire. Ces hymnes de l'Inde ont été composés à une époque très reculée : les critiques dont nous parlons , philologues ou autres , appliquent toute leur perspicacité à extraire d'une phrase , d'un mot , des éléments d'histoire qu'ils ne trouveraient pas ailleurs.
Les occasions des chants qu'ils commentent , les intentions qu'ils prêtent au poète sont des hypothèses cent fois plus douteuses que celles que nous avons pu faire quant à l'application des psaumes. Nous avons des faits certains pour base, auxquels nous rattachons nos hymnes sacrés : les commentateurs des Védas n'ont point cet avantage. Ils doivent à la fois deviner le fait çt montrer comment le chant s'y applique.
Cependant , quel que soit notre privilège , nous avons franchement confessé notre incertitude quand il s'est agi de déterminer les circonstances particulières qui avaient servi d'occasions à nos hymnes sacrés. Nous le répétons , nous avons eu principalement pour but de noter le motif général et le sentiment des poésies que nous avons citées.
i94 DAVID PSALMISTE.
Ce qu'il est souverainement important de considérer, c'est que l'Église a introduit ces psaumes dans sa liturgie ; que le chrétien, quand il prie, n'a point à se rappeler les circonstances du règne de David qui, d'après ceux qui veulent tout savoir, ont donné naissance à ces psaumes. C'est aux besoins spirituels de son âme que le fidèle , récitant le psautier, doit appliquer les chants de David. Il y verra la peinture poétique de ses propres angoisses et de ses propres tristesses; il y rencontrera les espérances et les consolations incomparables de la religion.
Si le bonheur et la joie viennent le visiter comme de rares rayons de lumière éclairant un jour sombre , comme quelques heures d'un soleil chaud et bienfaisant aux dernières journées d'un long hiver, les psaumes d'action de grâces mettront sur ses lèvres et dans son cœur des paroles d'admirable et douce reconnaissance.
Le chrétien voudra encore, en s'arrachant à lui-même, transporter en Jésus-Christ le sujet des saints cantiques. Le Sauveur des hommes lui apparaîtra dans les phases diverses de sa vie, dans ses labeurs, dans les persécutions qu'il subit, dans les ingratitudes dont il fut abreuvé. Il s'unira à Jésus priant pendant la nuit , pernoctans in oratione. Les épreuves chantées par David, les consolations et les triomphes dans leurs rapports avec le Christ et les fidèles, occuperont son âme, rappelleront tour à tour les pages de l'Évangile et les destinées de l'Église. En un mot, les psaumes soutiendront son courage, fortifieront ses espérances.
Ce n'est point par l'eJBPet d'une pieuse industrie que l'on cueille, dans la sainte Écriture, comme des fleurs qui se cachent et se dérobent au vulgaire, les sens spirituels et mystiques que les saints Pères y ont reconnus. L'Esprit-Saint a des intentions de plus d'une sorte dans