‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 142 sur 291 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

« C'est là, je crois, ce que devait sentir l'esprit admirable du royal prophète David, quand il faisait résonner ses sublimes accords et chantait avec sa harpe les louanges de Dieu.

(( J'ai une grande dévotion pour ce glorieux roi. Je voudrais que tout le monde l'eût également (1), » etc.

Le Saint-Esprit visitait donc le prophète pendant ses ardentes prières. Ce que les saints ont senti à divers degrés, David l'a éprouvé éminemment. Qu'il nous soit permis maintenant de chercher à nous rendre compte historiquement de l'œuvre de Dieu dans la personne de David, dans sa vie, dans les circonstances du temps au milieu desquelles la Providence le plaça.

V. —• Phases et progrés historiques en Israël de l'idée du Messie.

L'institution de la royauté , que le peuple avait désirée pour des motifs profanes, entrait, nous l'avons déjà dit, dans les desseins éternels de Dieu. Le peuple y attachait de grandes espérances d'avenir et de gloire mondaine. Mais Samuel, en consacrant deux fois Saûl (2) au nom du Seigneur, en arrachant le jeune David à ses troupeaux, en le consacrant à son tour pour le faire entrer dans la voie qui le conduirait au trône, rappelait à ses contemporains oublieux la prophétie d'Anne, et montrait que la royauté en Israël n'était point une institution profane , qu'elle était appelée à devenir un moyen puissant de réaliser les promesses de rédemption et les bénédictions départies aux ancêtres. Toujours est-il qu'à ce moment de l'histoire, Israël tout entier voyait dans la royauté toute la suite de ses destinées.

(1) 17e de sainte Thérèse écrite par elle-même, chap. xvi.

(2) Vid. D. Calmet, Comment. 1 Reg., xi, 14.

Il est à croire que le peuple se laissait aller à l' espérance de la réalisation prochaine des promesses messianiques. Le Christ a caché à ses apôtres l'époque de son dernier avènement : Dieu ne voulut point non plus révéler à David le temps de son Messie. Plusieurs commentateurs supposent que le jeune roi, parvenu au trône, et étonné de ses propres succès , crut un instant qu'une grande partie des promesses héréditaires se réaliseraient sous son règne et dans sa personne. C'est ainsi qu'ils expliquent que, parmi les psaumes de David, il ne s'en trouve qu'un seul (1) ayant clairement pour objet l'avenir de son fils. Ses fautes, ses chutes et ses malheurs lui firent, disent-ils, perdre ses premières espérances. Quand Salomon parvint au trône , ce fut aussi sur sa personne , disent les mêmes commentateurs, que se reportèrent les espérances messianiques d'Israël; ils citent, en témoignage, le psaume lxxi. On appliqua au fils de Bethsabée la prophétie contenue dans les dernières paroles de David. Le psaume xliv semblerait témoigner de ces illusions, et ce n'aurait été qu'au moment où Salomon lui-même, victime de l'orgueil et de la volupté, s'éloignait de plus en plus de l'idéal messianique qu'Israël aurait définitivement abandonné l'espérance de la réalisation prochaine des promesses.

Quoi qu'il en soit, la foi dans un Messie futur, issu de la famille royale, s'enracina profondément. Le psaume ii en est un témoignage manifeste : c'était un fils de David qui devait un jour dompter les rois de la terre, et en recevoir les hommages. Mais la personne de ce roi de l'avenir se déroba bientôt à leurs yeux dans les obscurités d'un temps encore lointain, et prit une forme idéale et divine.

(1) Ps. CIX.

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