‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 160 sur 291 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

et aussitôt le prophète annonce que les oblations, que les holocaustes ne constituent pas par eux-mêmes un culte agréable à Dieu. Les prophéties annonçant le Messie faisaient attendre des institutions supérieures à celles de la loi mosaïque. Comment l'attente anxieuse d'Israël sera-t-elle satisfaite ?

David, inspiré de l' Esprit-Saint et dans la plénitude de sa conscience messianique, s'écrie : « Voici que je viens, selon qu'il est écrit dans le livre de la Loi, faire votre volonté, ô mon Dieu!... Je publierai la vérité et le salut. »

C'est avec joie et comme une bonne nouvelle que David dénonce l'insuffisance de la loi des sacrifices , car il sait qu'elle doit être heureusement remplacée. Mais David ne voit point se dérouler devant lui l'avenir, sans le sentiment profond des luttes et des douleurs qui l'attendent encore. 11 semble même dire que des épreuves futures sont essentiellement liées à son rôle de prophète et de représentant du Christ. En effet, dans son cantique, que l'on pourrait considérer comme une proclamation royale, il insinue clairement les responsabilités et les périls de la situation qu'il prend, devant le peuple, en disant : Les oblations et les hosties ne sont point agréables à Dieu ; mais me voici pour remédier à l'insuffisance de la loi ; j'accepte le rôle messianique qui m'a été dévolu et j'y serai fidèle. J'accomplirai la volonté de Dieu dans toute son étendue.

Satil était loin de l'avoir accomplie. Il avait entièrement méconnu, par ses usurpations, l'esprit de l'institution des sacrifices mosaïques. C'est une des grandes fautes que lui a reprochées Samuel (1). La proclamation

(1) I Rrg., XV, 26.

royale du psaume peut être considérée comme renfermant une allusion à celte faute. Saûl, en se substituant aux prêtres comme sacrificateur, montrait que son esprit ne s'élevait g'uère au-dessus de l'idée du sacrifice païen, lequel pour la gentilité ne figurait rien et n'était qu'une simple pratique traditionnelle d'honorer les dieux. Le prophète royal, lui, comprenait que si Dieu l'avait choisi et pris au milieu des bergers pour en faire un roi, c'était pour préparer des moyens efficaces de salut ; c'était, au moment où il composait son psaume, pour prophétiser un nouveau sacrifice supérieur aux sacrifices légaux, sachant bien qu'il s'exposait par là à mille contradictions. Bon nombre d'Israélites en ce tempslà ne voyaient rien au delà du culte mosaïque, disposés qu'ils étaient à s'arrêter aux figures et à méconnaître le véritable sens des promesses. Dieu voulut, par la voix de David, faire savoir à son peuple qu'il ne l'enfermait pas sans fin dans les figures et les ombres, et qu'un envoyé du ciel devait venir, à savoir, le Messie, à qui il appartiendrait de réaliser la rédemption. David toutefois n'abolissait pas les sacrifices : ils étaient une figure providentielle de Celui qui les rendrait un jour inutiles, en expiant les péchés par un sacrifice divin. Parles douleurs, les épreuves qu'il avait déjà traversées, et celles que Dieu lui ménageait encore , David lui-même figurerait en partie ce sacrifice.

La critique moderne a voulu considérablement réduire l'importance et la portée de cette prophétie. Elle a prétendu que David ne voulait dire ici qu'une seule chose, à savoir, qu'il ne suffisait pas d'offrir à Jéhovah les sacrifices légaux ; qu'il fallait en outre les accompagner de l'obéissance aux lois morales.

Nous opposons à cette interprétation erronée , et

Page 1