CHAPITRE m
sent la mesure de leurs pères, et que tout le sang juste retombe sur eux.
29. « Que leur nom soit effacé du livre des vivants ; qu'ils ne soient jamais inscrits au livre des élus. »
Remarquons cette métaphore déjà employée dans l'Exode (1), et reproduite par Isaïe (2), par Daniel (3), et par l'Apocalypse (4). L'Ecriture veut indiquer par le mot : Livre, que Dieu ne perd jamais de vue ses élus, qu'ils sont toujours présents à son esprit et comme écrits dans son cœur. Chaque Hébreu faisait inscrire sur un registre public son nom et celui de ses enfants. La métaphore est empruntée à cet usage.
Les Pères appliquent encore ce verset aux Juifs. Le livre des vivants est le livre du peuple de Dieu, de ceux à qui le Christ a dit : « Réjouissez-vous : vos noms sont ccrils dans le ciel (5). » Le peuple juif n'est plus C3 peuple, mais les Gentils convertis le sont devenus. Cette prophétie est donc la même que celle d'Ézéchiel : In consilio popidi mei non erunt, et in scriptura domus Israël non scriheniur (6). C'est encore la parole de Jésus-Christ : Filii regni ejicientury les enfants du royaume seront rejetés, et les Gentils prendront leur place et s'assiéront avec Abraham, Isaac et Jacob au banquet du royaume des cieux (7).
30. « Pour moi, je suis dans l'affliction et la dmdeur; mais votre rédemption, Seigneur, me relèvera.
(1) Ex., xxxir, 3.
(2) Isa., IV, 3.
(3) Dan., xii, 1.
(4) Apoc., XX, 12.
(5) Luc, X, 20.
(6) Ezech., XIII, 9.
(7) MaUh., VIII, 11.
31. « Aussi je veux glorifier votre nom dans un cantique : je veux l'exalter dans un chant de louange.
32. « Ce chant sera plus agréable au Seigneur que de jeunes taureaux parés de leurs cornes et de leurs sabots naissants.
33. « Les affligés le verront, et ceux qui cherchent Dieu en seront réjouis.
34. « Car le Seigneur écoute la voix du pauvre, et il ne méprise point les captifs. »
Depuis le verset 30 jusqu'au verset 35, le psalmiste loue Dieu dans la pensée de sa délivrance certaine.
Nous avons déjà appelé l'attention sur les versets 31 et 32, parce qu'ils montrent, selon nous, l'importance exceptionnelle du psaume lxviii. La victime se voit déjà délivrée et elle chante les mystères de la rédemption générale. Au psaume xxi, nous verrons un verset où le motif de la persécution et le fait éclatant de la délivrance sont également mentionnés. Il y a là comme une justification du Père qui a condamné le Fils innocent. La raison de la passion du Christ se révèle ; cette raison est le salut du genre humain. Le sacrifice de l'ancienne Loi et les hymnes qui l'accompagnaient n'étaient qu'une image et une prophétie du sacrifice de la croix et des prières qui en accompagnent la continuation sur nos autels (1). Le psalmiste, en parlant des sacrifices anciens dont l'importance disparait devant celui de la croix, choisit parmi les holocaustes celui qui était le plus en honneur, le sacrifice d'un taureau de trois ans, plein de force et de beauté.
Le poète vise de plus dans ce même verset à un jeu de mots, car cantique se dit en hébreu s/uV, et taureau shor.
(l)AdHebr.,x, 1.