PSAUMES DANS LESQUELS SONT PROPHÉTISÉS LES TRIOMPHES DU CHRIST
Les persécutions et les douleurs du fils d'Isaï, poursuivi^ par Saûl, attaqué par les peuples voisins, trahi par ses enfants, abandonné de ses sujets, sont, nous l'avons vu , la figure des persécutions et des douleurs du Messie, et elles ont fourni l'occasion des prophéties relatives à la passion de Jésus-Christ. L'exaltation et les triomphes de David, sacré en présence du peuple à Hébron , ses victoires sur les ennemis du dehors et du dedans , sont à leur tour la figure de l'exaltation et des triomphes du Messie vainqueur de tous ceux qui l'ont combattu. La phase triomphante de la vie du prophète royal a été à la fois l'occasion et comme la prophétie des victoires du Christ et de son Église. L'exégèse rationaliste, en refusant d'entrer dans cette voie d'interprétation des chants sacrés du psalmiste, ne compte pour rien les traditions juives et chrétiennes, méconnaît l'autorité du Nouveau Testament,, fait violence aux textes sacrés, exclut systématiquement l'élément miraculeux et divin de l'histoire d'Israël , et nie jusqu'à la possibilité de la prophétie. C'est un parti pris qui l'a conduite à des procédés violents et peu dignes de la science dont pourtant elle invoque l'autorité. Nous nous en convaincrons de plus en plus par l'étude de cette seconde série des psaumes messianiques.
Ce fut dans la ville d'Hébron que les chefs et les an-
ciens de toutes les tribus reconnurent solennellement la royauté de David et le saluèrent maître et souverain d'Israël. Mais il fallut encore sept années de luttes et d'oppositions obstinées pour que l'élu de Dieu triomphât définitivement. L'onction royale par laquelle Samuel avait consacré le jeune berger commença à se justifier par l'événement d'Hébron. C'était un grand fait dont personne ne vit alors la portée ni les lointaines et énormes conséquences : ce fut l'éclosion d'un royaume puissant en Syrie et même au delà, au sein d'une population jusque-là assez ignorée. Israël , sous le sceptre d'un descendant de Juda, allait s'élever rapidement à la prospérité et à la gloire du règne de Salomon. La royauté de David s'affermit en peu de temps par des conquêtes qui reculèrent, au nord et au midi, de l'Euphrate à la mer Rouge, les frontières d'Israël. Les chefs des nations furent contraints de faire avec lui des alliances et de s'humilier sous le poids de ses armes triomphantes. A l'intérieur du royaume l'accumulation des dépouilles des peuples vaincus permettront à l'art oriental de fleurir en Palestine et de s'y révéler par des œuvres puissantes, le palais de David, le palais et le temple de Salomon. La culture littéraire suivra ces progrès. Salomon, trop à l'étroit dans les limites resserrées du psaume, créera d'autres genres de compositions : le plus sage et le plus érudit des rois publiera pour la postérité la plus éloignée l'étonnante et fraîche allégorie du poème du Cantique des cantiques, et le principal des livres Sapientiaux, celui des Proverbes , trésor et monument d'éternelle sagesse , 011 abondent les traits d'une fme observation morale, où sont prodigués les conseils de l'expérience, où les générations, si elles les oubliaient, retrouveraient les règles éternelles de la vie et les lois de la discipline religieuse et morale.