CHAPITRE IV
la fin du psaume. Entre ses deux discours, les nations révoltées, puis Jéhovah lui-même interviennent et semblent se répondre. Le psalmiste a donné un cadre à cette action ; et, par les réflexions et les sentiments qu'il intercale , il joint à son rôle de prophète celui des chœurs antiques chez les Grecs. Toutefois la mise en œuvre poétique de cette pièce n'est ici qu'un accessoire , sur lequel nous nous reprocherions d'insister en présence de la grandeur et de la sainteté du sujet. L'oint du Seigneur qui prend la parole est le Roi-Messie , le roi de l'avenir. La personne de David , ses triomphes , les événements de son temps se perdent pour ainsi dire dans les rayons de gloire et de puissance d'une royauté suprême, celle du Messie. L'oint du Seigneur apparaît revêtu d'un caractère incontestablement divin : c'est bien là le Messie des promesses, le Messie triomphant, celui des prophètes.
L'occasion du psaume ii peut être aisément trouvée dans la vie de David. Les chapitres xviii et xix du premier livre des Paralipomènes nous montrent le psalmiste royal aux prises avec les nations soulevées contre lui. Nous voyons David combattre à l'ouest de la Palestine les Philistins révoltés, à l'est, les Moabites, au nord, Adarézer, roi de Soba, dans le pays d'Emath. Les Syriens de Damas se liguent avec Adarézer, et ce n'est qu'après avoir taillé en pièces vingt-deux mille Syriens et avoir mis garnison dans leurs villes, que David peut les soumettre et les forcer à lui payer tribut. Abisaï, fils de Sarvia, eut de son côté à lutter contre dix-huit mille Iduméens, qu'il défit dans la vallée des Salines. Ces victoires n'empêchèrent point de nouveaux soulèvements, etNaas, roi des Ammonites, étant venu à mourir, son fils Hanon outragea grossièrement les ambassadeurs de David. Ce fut le signal d'une nouvelle ligue
qui comprenait les Syriens de Maacha et de Soba, depuis le mont Hermon jusqu'à la Mésopotamie. Le général de David, Joab, et Abisaï, son frère, durent partager leurs troupes pour faire face à des ennemis qui les attaquaient de front et par derrière. Cependant David traversait le Jourdain et remportait la victoire sur les troupes d'Adarézer révolté qui marchait au secours des Ammonites. Vainqueur au nord et à l'est, David se rabattit sur les Philistins du sud et les châtia rudement de leur révolte.
Il est à croire que le psaume ii fut composé par David, soit au moment où ses troupes se mettaient en campagne, soit après l'une de ses nombreuses victoires. Le prophète-roi, justement préoccupé d'une situation très grave, tourna ses regards vers Dieu, et ce fut au milieu de ses ardentes prières que l'inspiration divine le visita. La cause de David était celle de Dieu. Le fils d'Isaï avait pour lui les promesses que le Seigneur lui avait faites; les destinées de la royauté de Sion devaient s'accomplir : le Messie-Roi triompherait de tous ses ennemis. Il fut donné à David de voir et de comprendre que le soulèvement et la ligue des peuples qui entouraient la Palestine n'était qu'un épisode de la grande lutte du mal contre le Christ futur et contre son Église. C'est des sommets de cette pensée prophétique qu'il considère à la fois ce qui se passe autour de lui et ce qui s'accomplira dans le Christ jusqu'à la fin des temps.
On peut diviser le psaume en trois parties. Versets 1-3 : David voit en esprit les peuples soulevés contre Jéhovah et son Christ ; il assiste au conseil de leurs rois ; il entend leurs résolutions, leurs serments d'anéantir et de briser son empire. Versets 4-9 : En nous transportant au pied du trône de Jéhovah, dans les hauteurs des cieux, David nous