‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 220 sur 291 · Car sa colère monte · texte numérisé non relu

Car sa colère monte

Ces quatre derniers versets contiennent la morale du psaume. Dieu menace pour avertir, et la justice rigoureuse qu'il exerce quelquefois sur la terre est une leçon donnée pour faire réfléchir et ramener les coupables.

(1) Apocal., II, 26, 27,

(2) La Vulgate et les Septante traduisent : Embrassez étroitement la discipline, Apprehendite disciplinam. Saint Jérôme et Symmaque : Adorata pure. D'autres : Adorate ou Osculamini Filium. RosenmiiUer, après avoir longuement discuté les textes, traduit : Venerationis osculum figite justo un régi, en partant de ce principe que chez les Orientaux le baiser est le signe de l'adoration. Le sens est le même dans toutes ces traductions. Rendre au Seigneur ses hommages et ses adorations, Osciclamini, c'est se soumettre à ses lois, apprehendite disciplinam.

Saint Thomas, et Bossuet après lui, ont noté le contraste qui existe entre ces derniers versets et les premiers du psaume. Les rois, disent ces commentateurs, se sont d'abord montrés frémissant de haine contre l'Église naissante, afin que Dieu apparût dans son établissement. Mais quand le monde ne doutera plus que l'Église dans sa faiblesse n'ait été plus forte que toutes les puissances, les empereurs viendront à leur tour, au temps destiné par Dieu, et on les verra baisser humblement la tête devant le tombeau des pêcheurs qui, en fondant l'Église, l'ont emporté sur les empereurs. « Et maintenant, leur dit le psalmiste, et nunc, reges, intelligite; » maintenant que mon Église est fondée, que la main de Dieu s'est assez montrée, il est temps que vous veniez, ô rois du monde! commencez à ouvrir les yeux à la vérité ; apprenez la véritable justice, servez le Seigneur en crainte, dilatez son règne (1).

Le dernier membre du verset 13 : « Heureux ceux qui se réfugient dans le sein du Seigneur, » exprime le sort fortuné des rois fidèles au Christ, et qui cherchent dans l'Évangile la règle de leur gouvernement. Il est aussi la consolation du juste qui, voyant l'iniquité triompher autour de lui, n'en demeure pas moins ferme dans le service de Dieu. 11 sera heureux sur la terre du témoignage de sa conscience satisfaite. Mais la paix intérieure, dont il jouira, ne sera de la part de Dieu que les arrhes de la félicité sans fin.

Les victoires de David sur les peuples conjurés contre lui, pour étouffer dans son berceau la dynastie royale, sont chantées dans plusieurs psaumes analogues au psaume ii,

(1)D. Thomas Aquin., In psalm. II eœpositio. Bossuet, Sermon pour le dimanche des Rameaux, Dicite filix Sion.

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