CHAPITRE IV
soit à David, soit à Israël. Le fils d'isai et le peuple de Dieu ont été l'un et l'autre comme la pierre angulaire que les ennemis repoussaient ; mais cette expression de pierre angulaire convient éminemment au Christ. David était mortel, le peuple élu lui-même devait perdre son caractère de nation. L'édifice toujours subsistant, c'est l'Église, figurée ou établie.
Ainsi se trouve justifiée l'application que fit le peuple à Jésus-Christ de ces paroles du psaume : Benediclus qui venit in nomine Domini. Jésus lui-même avertit que c'est de lui qu'il a été dit : Lapidem quem reprobnverunt œdificanles, hic factus est in capul anguli. Saint Marc, saint Luc, les Actes des apôtres, saint Pierre supposent tous que le psaume est messianique (1). Remarquons que c'est la voix populaire qui fait l'application du psaume cxvii au Messie. Il en faut conclure que dans les écoles juives et dans les synagogues le psaume était interprété comme messianique. Saint Jérôme rapporte qu'il prenait place parmi les prières dont se servaient les Juifs de son temps pour implorer et hâter la venue du Libérateur d'Israël.
Le Targum, le Talmud, le Sohar et les autres commentaires juifs disent tous que David est ici la figure du Messie, la véritable pierre angulaire. Nous sommes donc en présence d'une tradition constante (2).
Commentaire du psaume.
Les quatre premiers versets ont été placés par le psal-
(l)Marc., XI, 10, et xir, 10-11. — Luc, xx, 17. — Act., iv, 11. — i Petr., II, 7 et seq. — On ne peut douter que saint Paul (Ephes., ii, 20) ne fasse allusion au verset 22 de ce psaume dans ces paroles : Superœdificati super fundameniiim apostoloruni, ipso summo angulari lapide Christo Jesu.
(2) RosenmuUer résume ainsi la tradition juive : Olim ad Messiam psalmum relalum fuisse cognoscitur exEvangelistis. Et rabbinorum cum recentiorum ium veterum non pauci de Messia hune psalmum acci-
miste sur les lèvres des lévites du chœur pour exciter Israël rassemblé à prendre vivement part à la solennité et à remercier Dieu de ses bienfaits. Mettre fin aux conditions humiliantes du séjour de l'arche dans une maison privée , la placer dans un lieu honoré accessible à tous , c'était de la part de Dieu une faveur accordée à Israël, et pour tout le peuple un titre nouveau aux bénédictions célestes. David invitait son peuple à remercier Jéhovah de ce bienfait.
1. « Louez Jéhovah, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est éternelle.