CHAPITRE IV
vous susciterai un fils et j'affermirai son règne. C'est lui qui élèvera un temple à mon nom et j'affermirai son trône pour toujours ; je serai son père et il sera mon fils... je ne retirerai point la miséricorde dont il sera l'objet, ainsi qu'il est arrivé à Saûl que j'ai repoussé de devant ma face , et son trône subsistera toujours. »
Nous avons déjà expliqué les paroles de cette prophétie (1), et nous n'avons point à y revenir.
David comprit le rôle messianique de son fils Salomon et il voulut célébrer, dans les quatre psaumes que nous allons expliquer, les espérances qui se rattachaient au règne de son glorieux successeur. Il n'oubliera point cependant que la magnificence de Salomon aura des ombres, et que ce fils privilégié lui aussi, suivant la prophétie de Nathan, sera frappé de la verge qui châtie les hommes. Néanmoins Salomon devait , en profitant de tout ce que son père avait conquis par ses labeurs et par ses luttes , jouir du privilège d'une paix féconde et non interrompue. Israël avait obtenu par les victoires de David une grande situation parmi les nations sémitiques, et la prospérité matérielle de Salomon devait être rehaussée par les trésors d^une sagesse devenue proverbiale. L'Esprit-Saint versera sur lui les dons spirituels les plus précieux : ce sera la meilleure part des bénédictions promises à Israël dans la personne d'A-* braham .
L'importance prophétique de Salomon nous est confirmée par le prophète Zacharie (2). Le temple élevé à Dieu par les mains de Salomon continue sa durée
(1) Voyez la Prophétie de Nathan, 11^ volume des Prophéties messianiques.
(2) Ecce vir Oriens nomen ejiis ; et subter eiim orielur, et âedificabit templum Domino (vi, 12).
dans celui de Zorobabel. Salomon est le germe messianique appelé Orient et il donnera naissance au Messie. Zorobabel ne fit que reprendre l'œuvre de Salomon et il se confond ici avec lui par la reconstruction du temple. L'un et l'autre n'étaient que le type de ce véritable Orient, de ce Prétre-Roi, qui devait s'asseoir sur le trône de Jéhovab et construire le temple spirituel, véritable habitation de Dieu. Mais saint Paul, dans l'Épitre aux Hébreux (1) , affirme bien plus clairement l'honneur échu à Salomon d'avoir figuré le Christ , puisqu'il applique à Jésus cette parole que Nathan, de la part de Dieu, avait dite autrefois de Salomon : « Je serai son père ; il sera mon fils. » Salomon et son temple de cèdre étaient comme un rayonnement prophétique des promesses faites au paradis terrestre et plus tard aux patriarches, promesses dont la lumière éclairait la foi du peuple juif, comme nous éclairent au milieu des épreuves les promesses faites par Jésus-Christ à son Église. Au moment où les fautes de David et son âge avancé modifient profondément les espérances qu'Israël avait placées dans sa personne. Dieu invite son peuple à les reporter vives et fermes dans l'avenir de la race royale , et en premier lieu sur Salomon.
N'oublions pas que Salomon ne fut point le fruit de l'adultère de l'épouse d'Urie ; le premier fils de Bethsabée et de David mourut de bonne heure. Lorsque Salomon naquit, Bethsabée et David étaient légitimement unis. M. Renan n'a fait que reproduire les impostures des incrédules du xviii° siècle en écrivant que Salomon était un « enfant adultérin ».
La naissance de ce second fils était un témoignage divin
(1) Hebr., i, 5.