CHAPITRE IV
apporte aux nations. Les pauvres, les infortunés seront consolés et secourus : Beali qui liigent, quoniam ipsi consolahuntur. Le psalmiste trace à grands traits l'histoire du Christ, sa venue sur la terre (1), l'exercice de sa souveraineté dans le monde (2), la diffusion de l'Évangile (3), la durée de FÉghse et le rayonnement de la grâce au milieu des hommes jusqu'à la fm de ce monde visible (4).
Le psaume lxxi ne peut avoir d'autre objet que Salomon, figure du Christ. Nous interprétons les mots hébreux abuS comme les Septante et la Vulgate, qui ont traduit : In Salomonem. Le sens de la préposition — S n'y contredit point, ainsi que nous l'avons prouvé. Les inscriptions phéniciennes votives font précéder souvent de — S le nom des personnages et des dieux auxquels les stèles ou les monuments sont dédiés. Les rabbins et presque tous les interprètes sont d'accord pour voir dans le psaume lxxi une prière adressée à Dieu par David pour son fils Salomon ; Kimchi suppose que David était déjà très probablement sur son lit de mort lorsqu'il la composa. Bossuet partage ce sentiment; voici ses paroles : « Au lit de la mort, David fit sacrer son fils Salomon. A ce moment. Dieu lui inspira ce divin psaume, dont le titre est Pour Salomon^ qui commence par ces beaux mots : a 0 Dieu! donnez votre jugement au roi et votre justice au fils du roi. » Tout n'y respire que paix, abondance, bonheur des pauvres soulagés sous la protection et la justice du nouveau roi, qui en devait abattre les oppresseurs. C'est l'héritage qu'il laisse à son fils, et à
(1) Ps., LXXI, 6.
(2) Ibid., 2-4, 12-14.
(3) Ibid., 8-11.
' (4) Ibid., 5, 7, 15, 16 et î7.
tout son peuple, en leur promettant un règne heureux (1). » En comparant le Messie à la douceur de l'aube matinale, à la fraîcheur de la rosée faisant verdir les gazons, le psaume lxxi rappelle les dernières paroles de David au deuxième livre des Rois (2).
Nous divisons, avec Ewald, ce cantique en trois parties. Dans la première, le poète demande pour le roi qu'il célèbre la justice dans les jugements et la perpétuité du trône (1-7) ; dans la seconde, il prédit que les riches et les princes de l'univers l'honoreront, que les pauvres l'aimeront (8-14) ; enfin, il annonce la prospérité de son règne et entend tous les peuples bénir son nom (15-17). Les trois derniers versets (18-20) sont une sorte de doxologie ajoutée dans la suite, soit par Esdras, soit par celui des prophètes qui a recueilli les psaumes et terminé à cet endroit le second livre du psautier. Voici la traduction du psaume lxxi :
Deus, judicium tuum régi da.