‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 72 sur 291 · CHAPITRE IIÏ. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ. H

battre l'ennemi par un seul coup de main, par une seule bataille, ou, sous peine de mourir de faim, à faire une razzia, comme en font encore aujourd'hui les Bédouins, organisés ainsi que l'étaient les Hébreux d'alors, afin de dévaster le pays ennemi et de se nourrir, ou même de s'enrichir à ses dépens.

Plus d'une fois, faute d'organisation militaire, on aima mieux se soumettre au tribut qu'avait imposé le Phihstin que de s'affranchir du joug par les armes (1). D'ailleurs, les particuliers n'avaient pas d'autre intérêt que l'intérêt de leur propre village : leur patriotisme ne s'étendait pas au delà des limites de leurs vignes et de leurs oUviers.

Parfois pourtant, quand l'oppression devenait trop violente, Dieu suscitait un héros qui poussait un cri d'appel aux armes. Celui-là devenait alors, suivant une disposition divine, suffète, ou juge d'Israël (2), Faut-il se le représenter comme un de ces hardis cheicks arabes qui, de nos jours encore, lèvent de temps en temps l'étendard de la révolte contre la domination des Européens et se prétendent, au nom d'Allah et de Mahomet, des sauveurs, des mahdis? Non. Les juges étaient avant tout envoyés par Dieu au peuple, et, une fois le danger public passé, les uns et les autres regagnaient leur habitation (3). Il ne demeurait au juge que le prestige que donnent une mission divine remplie, le courage et la victoire; le commandement ne lui demeurait pas. Et cette habitude était si vivace, que Saûl lui-même, après ses premières victoires, croit n'avoir plus rien à faire qu'à retourner à sa

(1) Jud., m, 8, 14 et seq.

(2j Jud., II, 16 et seq; X, 1-5, 18; 1 Reg., xii, 9 et seq. Cf. Eccli., xlxvi, 13 et seq.; Act., xiii, 20.

(3) Jud., VIII. 29,

charrue (1). Ce n'est que peu à peu qu'il organise sa cour, forme un noyau d'armée, et fait passer, par une transition lente, le peuple d'Israël du régime patriarcal au régime monarchique (2).

La création d'un commandant en chef donne aux troupes l'unité et la cohésion qui sont l'âme de la vie militaire. Le chef principal, le second de Satil, fut Abner, son parent, qui devint promptement un général très habile dans la bataille et dans le commandement. On croit qu'il organisa des cadres, des officiers de métier ayant sous leurs ordres un certain nombre de soldats qu'ils exerçaient et retenaient autour d'eux. L'armée permanente se composait de trois mille hommes choisis, dont le nombre s'accrut insensiblement par des enrôlements volontaires (3).

L'organisation de l'armée en était là, lorsque David la prit en main et la développa en vue des grandes guerres qu'il allait entreprendre : il réussit à ce point que la postérité lui en a donné tout l'honneur.

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