‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 74 sur 291 · CHAPITRE III. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. H

qu'on appelait les gardes du corps y au nomlire de deux mille. Ils existaient déjà à la cour de Saiil, et probablement David fut un de leurs premiers capitaines. Il leur donna une organisation définitive et complète. Si on en juge par les noms étrangers qu'ils portaient, ils paraissent avoir été pour la plupart recrutés chez les Philistins (1) : ils sont habituellement appelés Cérélhim-Phéléthim (Crétois-Philistins ?) .

Six cents d'entre eux s'étaient attachés à David alors qu'il était à Geth, et l'avaient toujours suivi dans sa bonne comme dans sa mauvaise fortune. Ils veillaient toujours en armes près de la personne du roi et aux portes du palais, emploi regardé comme très noble et confié seulement à des guerriers d'une valeur et d'une fidélité reconnues. Ils remplissaient à la cour de Jérusalem les mêmes fonctions que les Suisses chez les rois de France et les Germains chez les empereurs romains. Ce sont les Céréthim-Phéléthim qui firent échouer, nous l'avons vu, les tentatives d'Absalom, de Sébaet d'Adonias. Entre tous ces guerriers, l'un d'eux, Ethaï, est loué dans l'Écriture pour sa grande fidélité à David (2). Leur capitaine toutefois n'était point un étranger, mais un Israélite de la plus grande distinction et de la meilleure naissance. C'était Banaïas, fils du grand prêtre Joïada. Il portait le titre de généralissime, presque à l'égal de Joab auquel il succéda. David l'estimait plus que tous ses autres officiers, et il en fit son confi-

(1) L'Écriture semble l'indiquer : I Reg., xxx, 14; Ezecli., xxv, 16: Sophon., II, 5. Tacite {Hist., v, 2) dit formellement que les Philistins venaient de Crète. Le géographe Etienne de Byzance attribue la fondation de Gaza au fabuleux Minos, personnification de la puissance crétoise. Enfin le grand dieu de cette ville a toujours été assimilé au Jupiter de Crète. (LenormanI, Hist. anc. de V Orient, t. VI, p. 215.)

(2) III Reg., XV, 19.

dent (1). L'Écriture l'appelle un homme très vaillant, et rapporte de lui qu'étant descendu dans une citerne en un temps de neige, il y tua un lion; et qu'un autre jour, il terrassa, avec un simple bâton, un Égyptien haut de cinq coudées, armé d'une lance qu'on aurait prise pour un rouleau de tisserand (2). Cet officier si remarquable survécut à David, et devint le principal appui du trône de son fils (3).

Après les Céréthim-Phéléthim venait le corps des Vaillants, composé exclusivement des hommes qui formaient la troupe des partisans de David pendant son exil. On les appelait Gibhorim. Ce corps fut divisé dans la suite en trois bataillons de deux cents hommes chacun et en compagnies de vingt hommes chacune , sous le commandement supérieur d'un seul chef, qu'on nommait le capitaine des Vaillants. C'était Abisaï, l'un des neveux de David, qui commandait ce corps d'élite.

Dans ces deux classes seules la profession des armes était un métier ; et comme il n'y a rien de plus j^ropre à exciter de nobles ambitions que l'état militaire, une grande émulation régnait entre ces vaillants guerriers, qui, en temps de guerre, ne manquaient pas de rechercher des occasions d'avancement ou de gloire.

De là la création d'une sorte de légion d'honneur, comprenant les plus illustres compagnons de David. L'É^criture nous en a conservé les noms. Leur corps s'appelait les Trente, nombre que comprenait primitivement cette légion d'élite. Elle s'augmenta nécessairement , mais en conservant sa dénomination primitive (4).

(IjlIReg., XXIII, 23.

(2) I Parai., xi, 21, 24.

(3) III Reg., 1,38-44.

(4^ Il Reg., XXIII. — IPar., xi.

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