CHAPITRE III
gnie, comme on dirait aujourd'hui ; ils avaient sous eux les S chalischim ou tierciers, et les décurions (1). Les tribuns ou princes des tribus, que l'Écriture appelle aussi princes ; des familles et princes d'Israël, avaient mille hommes sous leurs ordres, pris dans leurs cantons respectifs : ils créaient eux-mêmes leurs officiers subalternes. En temps de paix, ils remplissaient les fonctions de juges, ce qui explique leur nom de magistrats de l'armée (2).
Les commandants de corps, ou généraux, étaient à la tête d'une grande division composée de 24,000 hommes, ils étaient assistés d'un lieutenant général. Les livres sacrés nous ont conservé les noms de ces officiers supérieurs que David avait choisis, pour leur capacité et leurs mérites, afin de leur confier le commandement de ses douze corps ou phalanges. Ce sont Jezboam, Dudia, Banaïas, fils' de Joïada, le plus brave entre les Trente, Asahel, frère de Joab, Samaoth, Itira, Hellès, de la tribu d'Ephraïm, Sobochaï, de la race de Zaraï, Abiézer, Maraï, Banaïas le Pharatonite et Holdaï. Enfin la première charge de l'armée, le grade de chef d'état-major général, à la fois soldat combattant et ministre de la guerre, comme on dirait à cette heure, était confié à Joab (3).
Nous voudrions satisfaire la curiosité du lecteur à l'égard de la tactique militaire qui fut employée par David dans ses nombreux combats et décida tant de victoires. Comme nous n'avons rien trouvé dans la Bible qui puisse éclairer cette question, nous nous bornons à conjecturer qu'il dut lui faire faire un grand progrès. Les divisions et sous-divisions nombreuses suivant les armes et la destination spéciale de chaque corps, les aptitudes consta-
(1) I Parai XXVII. — IV Reg., i, 9 et 10.
(2) I Parai., XXV, 1.
(3) IParalip., xxvii, 1-15, 34.
tées et encadrées, les exercices préparatoires au combat qui occupent les armées permanentes, la discipline qu'elles supposent, tout cela conduit à admettre un grand progrès dans l'art de combattre. On n'en était plus manifestement à ces luttes sauvages où le soldat abandonné à lui-même se défend ou attaque suivant son instinct, sa timidité ou sa vaillance. Ce n'était plus deux masses d'hommes se jetant l'une sur l'autre avec de grands cris. David, s'éloignant de Jérusalem avec les hommes de guerre qui s'attachèrent à son sort, confiant à Joab le commandement général de l'armée pour préparer la résistance, à Abisaï le commandement du corps des Vaillants; de plus, les marches, les haltes, l'occupation des positions s'efTectuant d'après un plan et des ordres parfaitement obéis , une armée qui savait se garder et se dérober : tout cela suppose au moins des habitudes et la pratique des principaux éléments de la tactique militaire (1).
Ces considérations sont confirmées par ce qui se pratiquait, au temps de David, pour les gardes de nuit. Les Israélites avaient divisé le temps du repos en trois veilles, désignées par le nom de la partie de la nuit à laquelle elles répondaient. On les appelait veille du soir, veille du milieu de la nuit, veille du chant du coq. Il est encore d'usage en Orient de désigner les diverses parties de la nuit par le chant du coq qui, parait-il, jette son cri perçant à des intervalles assez réguliers. Plus tard, sous la domination romaine , les Hébreux, à l'imitation de leurs maîtres, ajoutèrent une quatrième veille, dite de l'aurore. C'est d'après cette division que s'effectuaient les gardes de nuit. A chaque veille, les sentinelles des remparts de Jé-
(1) II Reg., wii