‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 79 sur 291 · CHAPITRE in · texte numérisé non relu

CHAPITRE in

riisalem ou des postes principaux étaient relevées régulièrement et remplacées par d'autres gardiens. A des intervalles fixés, des gardes ou patrouilles parcouraient les rues de la ville afin d'assurer la tranquillité, d'annoncer les heures, prévenir ou arrêter les sinistres. Cette organisation des gardes de nuit s'étendait aux principales villes du royaume (1).

Telle est dans son ensemble et jusque dans les détails qu'il nous a été permis de saisir, l'organisation que David sut donner à son armée. Plus d'un lecteur aura été surpris sans doute de ce qu'il y a d'imposant dans ce tableau authentique, reproduisant des documents officiels. On se figure, d'après les dénigrements de Voltaire et de ses successeurs, que les Juifs de l'époque de David n'étaient qu'une toute petite tribu de Sémites, cachée dans un coin reculé de l'Asie et méprisée des grands États. Les Hébreux depuis David jusqu'au moment où la fortune des combats, disons mieux, la protection du Seigneur, les abandonna à cause de leurs fautes, pouvaient mettre et mettaient effectivement en campagne des armées beaucoup plus nombreuses que celles des Grecs et même des Romains. Ils furent justement redoutés des plus grands potentats de l'Asie : ils ont souvent remporté des victoires signalées sur les plus puissantes nations. Avec leurs trois cent mille hommes toujours prêts à combattre, ils ont résisté longtemps à toutes les forces des Égyptiens, des Assyriens, des Chaldéens, des Syriens et des Romains.

Et cependant, dans un siècle où l'on s'inquiète de toutes choses, où les programmes des études sont chargés de ce qu'on peut appeler inutilités pour le grand nombre, on a banni l'histoire sainte de ces programmes. Si, con-

(1) Psaum. cxxix, 6; cxxvi, 2. — Jiidic, vn, 19. — Cantic, m, 3, 5, 7.

trairement à son nom et à son objet, elle eût été une histoire profane, on ne l'eût pas fait sans cloute ; et, ce qui peint notre époque, la raison qui eût dû la faire accueillir avec faveur, a été la cause de sa radiation dans le programme des études classiques, c'est-à-dire des études qui, alors même qu'elles ont été légèrement faites, laissent les plus profonds et les plus longs souvenirs.

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer relativement à l'armée et à son organisation , au temps de David, ne sont point étrangers à notre sujet : ils montrent l'importance d'une nation appelée à figurer le règne de Dieu. L'ordre, la discipline, la vaillance et les victoires de la milice Israélite frappèrent les imaginations ; on y vit la figure de l'armée des anges du ciel, et, plus tard, l'image fidèle de la hiérarchie catholique telle que Jésus-Christ l'a constituée. Les saints Pères se sont plu à comparer l'Église à « une armée rangée en bataille ». L'Église terrestre en effet, bien que ne se servant que d'armes spirituelles, est appelée militante; et chaque fidèle doit obéir et agir comme « un bon soldat du Christ Jésus », suivant les expressions mêmes de l'apôtre saint Paul (1).

(1) II Epist. ad Timoth., ii, 3.

Page 1