‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 82 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

son père ; Adonias et Absalom reflétaient, dans leur visage, la rare beauté de ses traits (1).

David plaça ses fils sous la garde et la direction de Jahiel, le lévite (2). On l'avait choisi comme étant propre à former les jeunes princes à l'amour de la religion et à l'accomplissement de tous leurs devoirs. Par une sorte d'intuition de la grande destinée que Dieu lui préparait, le roi confia Salomon à un gouverneur spécial, le prophète Nathan (3). Les fils de David étaient les premiers officiers de sa cour, les premiers sous sa main (4), prêtres, c'est à dire princes (5). L'affection paternelle dont David entoura ses enfants peut servir d'exemple non moins que la piété qui parut dans sa conduite et ses chants inspirés (6). On sait comment Absalom répondit par l'ingratitude et la révolte au tendre amour de David.

La bonté de ce père pour ses enfants se reflète dans le commerce affectueux qu'il entretenait avec tous ceux qui l'entouraient. Il étendait la générosité de son cœur, peut-être même jusqu'à l'excès, sur ses officiers et sur tous ceux qui l'approchaient^ au point même de leur créer

Michol. David eut d'elle Jéthraam, mais elle mourut en couches; ainsi s'explique le texte de l'Écriture (I Reg., vi, 23) : Michol non est nains filius usque ad diem mortissuœ. — De nombreux commentateurs, cités par Ménochius, s'opposent à cette interprétation.

(1) II Reg., XIV, 25; III Reg., i, 6.

(2)1 Parai., xxvii, 32.

(3)11 Reg., XII, 25.

(4) I Parai., xviii, 17.

(5) Cohenim signifie jannces ou. prêtres. Le chaldéen traduit par: Magnâtes, et les Septante par : AviXàpxai. M. Renan conclut de ce titre appliqué aux fils de David que le sacerdoce n'était pas encore concentré exclusivement dans la famille d'Aaron. Mais puisque Cohenim veut dire à la fois princes ^i prêtres, son induction est fausse. Nous faisons la même observation pour Ira le Ja'irite, qui était prince et non pas prêtre, quoi qu'en dise M. Renan. Celte double observation suffit pour détruire une des tliéories qui lui sont chères, à savoir, ce qu'on appellerait aujourd'hui le sacerdoce laïque,

(6) II Reg., XVI, 31, 33, 30; xiv, 33 ; xviii, 5, 33; xix, 4 ; III Reg., i, 6.

128 IMPORTANCE DU RÈGxNE DE DAVID.

des situations qui pouvaient leur donner des tentations d'indépendance et de rébellion. Les meurtres d'Abner, d'Absalom et d'Amasa, tués par Joab, montrent en effet combien il lui était parfois difficile de les maintenir dans les limites du devoir et de la soumission.

Il faut ajouter, pour être complet, que, suivant une coutume trop générale en Orient, David installa un harem dans son palais. Outre Achinoa et Abigaïl, qui le suivaient avant son couronnement, il garda près de lui Maacha, Haggith, Abital, Egla et Bethsabée. Il leur adjoignit des épouses de second ordre au nombre de dix. On sait que la polygamie était tolérée parmi les Juifs. David, d'après les commentateurs, obéissait à des raisons politiques; il avait pour but de s'attacher les principales familles de sa nation et même de mettre les princes étrangers dans ses intérêts.

Le nom de concubines, que donne la sainte Écriture à ces femmes^ est susceptible d'interprétations diverses. Cette appellation^ qui sonne mal à nos oreilles, était un terme général qui n'offusquait en rien les oreilles moins délicates des peuples orientaux. David était honoré pour sa piété, et nous avons d'autant plus raison d'expliquer ainsi la présence de femmes nombreuses réunies sous le toit royal, que les mœurs les obligeaient à vivre séparées des hommes dans un gynécée, sous une dénomination commune qui ne préjugeait pas nécessairement le rôle d'épouse. C'est de cette façon, nous devons le croire, que David se conformait à la loi de Moïse défendant de nombreuses épouses (1).

D'ailleurs, on aurait tort de regarder le fait d'un nombre considérable de femmes attachées au prince

(l)Deuter., xvii, t7.

Page 1