CHAPITRE IV
faite image de la royauté de David dans son millo de Sion. La distribution et le rôle des fonctionnaires, l'organisation des revenus, la fidélité des serviteurs, le rôle des écritures, offriraient au voyageur instruit des choses bibliques qui visiterait l'Abyssinie de curieux rapprochements (1). »
Tel est riiumoristique et dérisoire tableau que M. Renan trace de David régnant et triomphant. Il est aussi dénigrant ici que dans un autre tableau où il peint David fugitif. Le voici : « David ne fut qu'un condottier sans scrupules, faisant des campagnes contre Israël, capable des plus grands crimes quand les circonstances l'exigeaient ; menant la vie de bandit en même temps que celle de banni ; faisant des cavernes où il se cachait, de vrais repaires de brigands, ayant pour soldats des vauriens, des soudards de profession, pour lesquels, devenu légèrement obèse, leur chef est une gène et un obstacle à la célérité des mouvements (2). »
Au premier tableau nous opposons les institutions de David et sa cour ; en regard du second nous plaçons la vie tout entière de David, telle que nous l'avons écrite au début de ce livre d'après les monuments du temps. Nous nous félicitons d'avoir eu occasion, sans perdre de vue l'idée messianique, à laquelle nous nous attachons principalement, de mettre à nu les erreurs historiques d'un homme dont l'ambition semble être de devenir un second Voltaire au dix-neuvième siècle.
(1) Ili.sl. du peuple d'Israël, t. II, p. 2, 7, 8, 9.
(2) Ibid., t. 1, p. 412. 429, 430 ; t. II, p. 227.