III. — Chant et accompagnement des psaumes
Il est certain que les psaumes ont été chantés.' En quoi consistait la musique et le chant des Hébreux, il est difficile de le savoir, d'autant plus que les Juifs eux-mêmes reconnaissent que leur ancienne musique est perdue. Suivant toute probabilité, la musique des psaumes n'était guère qu'un récitatif régulièrement modulé. L'accentuation du texte hébraïque réglait l'élévation de la voix, les modulations et les pauses, ainsi que cela s'observe
encore dans les anciennes synagogues. Les instruments de musique soutenaient le ton et rompaient la monotonie. Le nom ^/aT^aoi, psaumes, indique en grec un chant accompagné ordinairement par des instruments.
On se pose la question de savoir si le chant était accompagné d'accords. M. de Saulcy ne le pense pas, et suppose que l'accompagnement consistait seulement dans une note à l'octave inférieure ou supérieure. Il est difficile de le croire, puisque nous voyons parmi nous les enfants mêmes reconnaître et distinguer les accords, à tout le moins l'accord parfait; et que toute vibration prolongée et forte d'un corps sonore offre à l'oreille attentive cet accord fondamental.
Si l'on se reporte au chant des psaumes dans nos églises, à l'intonation, à la dominante, à la pause qui marque le milieu du verset, et à la finale, on se fera, selon nous, une idée assez juste de la musique ancienne des psaumes. Les Arabes dans leurs mosquées ont un genre de chant qui se rapporte sans doute un peu à cette psalmodie. Toutefois nous ne voudrions pas assimiler le récitatif par trop monotone des Arabes aux chants magnifiques organisés par David.
Ajoutons que des chœurs se répondaient, et que la simplicité, la facilité du rythme, permettait aux foules de prendre part à l'exécution. Il en résultait ces effets puissants et harmonieux que produit encore aujourd'hui la psalmodie de nos églises. Lorsqu'elle est bien comprise et bien exécutée, elle fait naitre dans l'âme une impression de piété incomparablement supérieure aux effets de la musique profane transportée dans nos temples.
David choisit quatre mille lévites pour en faire des chantres et des musiciens qu'il appliqua au service divin. Ils étaient, nous l'avons dit, attachés au temple provisoire