‹ Davout, maréchal d'empire, duc d'Auerstaedt, prince d'EckmühlChapitre 39 sur 42 · Voira TAppendice les Lettres patentes · texte numérisé non relu

Voira TAppendice les Lettres patentes

282 DAVOUT, MAUÉCHAL D'EMPIRE

Sire, écrivait aussitôt Davout, Son Altesse rArchichancelier m'annonce que Sa Majesté a daigné me nommer Tun des ducs de son Empire, sous le titre de duc d*Auerstaedt. Ce titre, qui rappelle un succès dû tout entier au courage des soldats de Votre Majesté et à leur amour pour sa personne, m'impose de grandes obligations; je m'efTorcerai de les remplir, et toute ma vie sera employée à mériter les distinctions et les grâces dont Votre Majesté ne cesse de me combler.

La maréchale, qui avait quitté Paris au commencement du mois, arriva à Posen le 22 avril.

Le 22, k quatre heures du soir, dit la Gazette de Posen^ dans son numéro du 27, Madame la maréchale Davout, duchesse d'Auerstaedt, est arrivée dans notre ville ; tous les préparatifs avaient été faits pour la recevoir conformément à son rang. Le canon annonça son arrivée, pendant que toutes les troupes de la garnison étaient sous les armes et bordaient la route qui conduit jusqu'à la maison de Son Excellence M. le Gouverneur. Les autorités militaires et civiles ont été à la rencontre de Madame la Maréchale et admises ensuite à lui présenter leurs hommages. — Le 24, M. le Gouverneur a réuni dans un dîner splendide MM. les généraux, colonels et MM. les premiers magistrats de la ville, à la suite duquel on a tiré sur la place de la Comédie des feux d'artifice. Un bal brillant, dont Madame la Maréchale a fait les honneurs avec une aisance et une affabilité au-dessus de toute expression, a terminé cette journée, que la douce température a beaucoup favorisée. M. le Préfet avait fait illuminer Textérieur du théâtre de la Comédie. Tous les habitants de la rue Napoléon et des rues voisines ont aussi illuminé la façade de leurs maisons. — Le 25, à six heures du matin. Madame la Maréchale s'est mise en route pour Varsovie et a reçu les mômes honneurs qu'à son arrivée.

Après s'être arrêtée quelques jours à Skiemlewicz, où

le Maréchal était venu à sa rencontre, la maréchale arriva à Varsovie le 2i mai. Une lettre, écrite de celte ville le 23, donne les détails suivants sur la réception qui fut faite aux deux époux :

Avant-hier, entre sept et huit heures du soir, Madame la duchesse d*Auerstaedt est arrivée ici avec son illustre époux. MM. les généraux et officiers français, ainsi que Son Altesse le Prince, ministre de la guerre, à la tète des généraux et officiers polonais, étaient sortis à cheval à sa rencontre jusqu'à deux lieues hors de la ville. C'est au milieu de ce brillant cortège qu*elle est entrée dans la ville et descendue au palais du Gouvernement, au son de la musique militaire. Le môme jour, Leurs Excellences MM. les Ministres ont salué Madame la Duchesse. Le lendemain, il y a eu une grande parade militaire, à laquelle s*est trouvé Son Excellence M. le Maréchal Dayout. Tous les états-majors et officiers ont été présentés à Madame la Maréchale à trois heures après-midi, et les dames quelques heures plus tard. Madame la duchesse d'Auerstaedt gagne ici tous les cœurs par sa rare beauté, sa politesse affectueuse et son extrême amabilité.

L'arrivée de la Maréchale fut le signal de toute une brillante série de fêtes au palais du Gouvernement, dont elle sut faire les honneuri? avec autant de grâce que de dignité. Sa beauté, sa distinction, le charme de son accueil avaient complètement séduit la société polonaise, aussi son départ, le 22 septembre, excita-t-il à Varsovie les plus sincères regrets*.

Napoléon ne se faisait pas illusion sur les sentiments que la cour de Vienne nourrissait à son égard et auxquels,

\ . Dana ce voyage, la Mart>chale avait amené avec elle ses deux fille».

2ft4 DAVOUT, MARÉCHAL D EMPIRE

depuis Tilsit, s'étaient ajoutées les craintes que la création du duché de Varsovie lui avait fait concevoir pour l'avenir de ses possessions polonaises. Rassuré contre cette hostilité par son alliance avec la Russie, il avait d'ailleurs en Davout une sentinelle vigilante, qui le tenait exactement au courant des mouvements et des armements de FAutriche. Cette partie des attributions du Maréchal était d'autant plus délicate, qu'il ne pouvait accepter qu'avec la plus extrême réser\'^e les rapports de source polonaise, qui tous, plus ou moins, subissaient Tinfluence des espérances des Polonais et de leur ardeur belliqueuse. Il s'appliqua donc à organiser, sous sa direction personnelle, tout un service de renseignements qui lui permit de signaler, pour ainsi dire, jour par jour, à l'Empereur les mouvements que les Autrichiens faisaient sur leurs frontières. Le 22 septembre 1807, ils étaient déjà assez sérieux pour qu'il crut devoir solliciter l'autorisation de ne pas trop disséminer les troupes de son commandement.

Mais, aux intrigues de Varsovie s'ajoutaient encore celles que la jalousie, l'envie, l'esprit départi ourdissaient jusqu'à Paris, fatiguant les oreilles impériales de sous-entendus malveillants et de faux rapports. C'est ainsi que Napoléon, jugeant nécessaire de calmer des velléités belliqueuses, gratuitement prêtées au Maréchal, lui écrivait de Fontainebleau, le 43 octobre :

Les bruits de guerre avec rAutriche sont absurdes. Vous devez tenir constamment le langage le plus paciflque; le mot de guerre ne doit jamais sortir de votre bouche.

Davout, à la réception de cette lettre, s'empressa de

rassurer TEmpereur et de lui exposer sous leur véritable jour et son attitude et les intrigues qui s'agitaient autour de lui :

J'ai rhonneur d'assurer à Votre Majesté, lui écrivait-il le 4 novembre, que ses ordres relatifs au langage pacifique que je dois tenir seront ponctuellement exécutés. J'atteste à Votre Majesté que jusqu'à ce moment je n'en ai pas tenu d'autre.

Une lettre de M™® de Vauban au comte Schônfeld, ministre de Saxe à Vienne, ayant été interceptée, le Maréchal, en l'adressant à TEmpereur, le 14 novembre, ajoutait :

M. de Neipperg, qui, ainsi que j'ai eu l'honneur de l'écrire à Votre Majesté, n'avait pas paru ici depuis plus de deux mois, est venu me faire une visite il y a quelques jours. Je l'ai accueilli selon vos intentions et je l'ai invité à dîner. Il tient le même langage que Votre Majesté m'a prescrit. Il n'a parlé que delà bonne intelligence qui règne entre son souverain et Votre Majesté et du départ de lord Pembroke, qui aurait été éconduit.

Une violation du territoire du duché par des hussards autrichiens ne tardait guère à accuser une fois de plus les dispositions malveillantes du colonel de Neipperg et son insigne mauvaise foi. Aux premières réclamations de Davout, il s'était borné à opposer, contre toute vraisemblance, les dénégations les plus formelles. Forcé cependant de reconnaître le fait de la violation du territoire polonais, il Tavail attribué à une querelle de déserteurs autrichiens, dont les uns entendaient se réfugier en Russie, tandis que les autres voulaient rester sur le sol du duché. Le Maréchal envoya alors sur les lieux un officier de son état-major

pour se procurer sur cette affaire les détails les plus précis. Le rapport de cet officier ayant confirmé de point en point les premières déclarations, Davout, en le transmettant à M. de Neipperg, insista pour que justice fût faite des coupables. Celui-ci s'en tint à ses premières réponses, assurant que ces déserteurs autrichiens avaient passé sur le territoire russe et y avaient vendu leurs chevaux. Devant ce parti pris, le Maréchal lui fit savoir qu'il exigeait qu'il lui assurât sur sa parole d*honneur que ni les hussards coupables des violences commises à Obryti, ni leurs chevaux n'élaient rentrés en Galicie et que tous avaient passé sur le territoire russe. Ainsi pressé, Neipperg changea de ton, convint qu1l avait été lui-môme trompé sur les véritables circonstances de laffaire et annonça qu'il avait puni des arrêts l'officier qui l'avait induit en erreur, et mis aux fers le seul des hussards coupables qui fût resté au poste.

Jft n'ai pas regardé cette espèce de satisfaction comme suffisante, écrit le Maréchal dans son rapport du 8 avril au majorgénéral, et j'ai exigé qu'il fût rexidu un cheval *, ce qui a été exécuté ; je le ferai vendre au profit des pauvres. Je ne laisserai pas échapper cette occasion de faire remarquer à Votre Altesse le caractère de M. le colonel de Neipperg, qui est reconnu ici de tout le monde pour être un véritable intrigant et Tespion de toutes nos démarches; il est encore avéré que, pendant la dernière campagne, il n'a négligé aucune occasion de nous nuire et de favoriser nos ennemis.

Si pendant les mois d'hiver l'Autriche avait sinon suspendu, du moins ralenti ses préparatifs, au cours de Tété

1. Les hussards aulrichieiis avaicat enlevé de vive force, à Obrj'li, le cheval d'un déserteur.

suivant elle leur imprima tout à coup une impulsion d'autant plus grande qu'elle voulait se mettre en mesure de profiter des embarras que les événements d'Espagne créaient à TEmpereur.

Un officier envoyé par Davout à Saint-Pétersbourg, en était revenu le 26 juillet avec les nouvelles les plus rassurantes sur les dispositions de celte cour. Après les avoir communiquées à l'Empereur dans sa (lépêche de ce jour, le Maréchal continue ainsi :

Si les démarches des Russes prouvent qu'il n'y a aucun concert entre eux et les Autrichiens, les démarches de ceuxci peuvent faire supposer, ou qu'ils s'attendent à là guerre, ou qu'ils veulent se préparer h la faire. Non seulement ils continuent à faire travailler avec activité à Olmïitz, Komorn et plusieurs autres places, mais les levées de milices se poursuivent même en Galicie. Les formations de mai^^asins de subsistances ont lieu à Biala, ainsi qu'à Gracovie, dans la Moravie et dans la Bohême. C'est dans ces deux dernières provinces que les plus forts rassemblements doivent avoir lieu. Je ne parle pas des frontières qui nous avoisinent ou le maréchal Mortier. On indique la formation de cinq corps d'armée, commandés par les archiducs Charles, Jean et Ferdinand, et les généraux Bellegarde et Jean de Lichtenstein. Il est à observer que si tous ces préparatifs peuvent faire supposer que les Autrichiens craignent la guerre ou y songent, toutes les nouvelles qu'ils font circuler sont des plus pacifiques. 11 y a des défenses de parler de la guerre aux troupes ou aux habitants. Tous les officiers autrichiens qui viennent à Varsovie parlent dans le même sens et, avec tant d'affectation, qu'on voit que c'est par ordre. Votre Majesté peut croire à tous les détails renfermés dans cette lettre; il sont le résultat des ^rapports des officiers que j'ai envoyés sur les lieux et de ceux des déserteurs et des voyageurs.

288 BAVOUT, MARÉCHAL D'EMPIRE

Le 17 août, après avoir signalé à TEmpereur Tarrivée du prince Adam Czartoryski à Pulawi simultanément avec -la présence à Varsovie du prince Kotchubey, le Maréchal s'étend sur les préparatifs de rAutriche. Il estime que les levées de Galicie lui ont fourni, suivant les calculs les plus bas, au moins 40,000 hommes, et qu'elle a certainement de 30,000 à 40,000 hommes de troupes de ligne dans les deux Galicies. D'après les rapports des déserteurs et des voyageurs, une armée autrichienne de 70 à 80,000 hommes serait concentrée aux environs de Joblonka et d'Olmûtz et des magasins importants seraient formés sur ce dernier point.

Il parait, écrit Davout, qu'en cas de guerre et de revers, c'est en Hongrie qu'ils veulent se ménager les nioyens de la prolonger. On continue à travailler avec une grande activité aux fortifications de Komorn, sur le Danube, au-dessous de Presbourg.

Huit jours plus tard, le 25, Davout écrit encore à l'Empereur :

Toutes les mesures que prennent les Autrichiens peuvent faire croire que leur parti est pris et qu'ils se préparent à la guerre, soit qu'ils veulent la faire, ou parce qu'ils la craignent. Le 20 août, il est arrivé dans tous les cercles des ordres d'embaucher et d'enrôler de gré ou de force tous les hommes de cette levée de milice, qui devaient être renvoyés après avoir été exercés pendant six semaines. Les fournisseurs courent les campagnes pour faire des achats de grains et d'avoine qu'ils arrêtent à tout prix, sous la condition pour les vendeurs de livrer aux chefs-lieux des cercles au plus tard au 15 septembre. Ils ont de nouveau ordonné aux prêtres galiciens de

OCCUPATIOiN DU GRAND DUCHÉ DE VARSOVIE 289

faire des prières publiques pour le Pape, afin d*oblenir que Dieu protège ses entreprises et soutienne sa fermeté.

Napoléon, que la gravité des événements d'Espagne forçait à rappeler d'Allemagne une partie de ses troupes pour renforcer son armée dans la Péninsule, avait, dès le 16 août 1808, adressé au major général de nouvelles instructions relatives au S*' corps et à son chefj.

Les ordres de l'Empereur, transmis par le major général, arrivèrent à Varsovie le 25 août au soir, pendant une fête •que l'armée offrait au Maréchal à l'occasion de la Saint-Louis. Dès le lendemain, les ordres et les itinéraires étaient donnés aux différents corps, transmis au major général, et le Maréchal, après en avoir rendu compte à TEmpereur, ajoutait: « J'ai envoyé à Breslau l'adjudant commandant Romeuf pour rétablissement des troupes et pour faire partir le • 5^ corps à l'arrivée des têtes de colonne du 3* corps. Je compte partir sous 3 ou 4 jours pour Breslau. Je laisserai pour quelque temps ma femme ici, afin de tranquilliser les esprits qui, à la nouvelle du départ des troupes françaises, se seraient crus perdus et abandonnés. »

L'annonce du départ des troupes françaises, bientôt suivie de leurs premiers mouvements, causa à Varsovie une émotion si vive, que pour en atténuer l'effet Davout se décida à y prolonger son séjour jusqu'au 6 septembre. Le 5, il écrivait au major général :

Tout mon quartier général est en marche. Je pars de ma personne demain pour Breslau; j'ai prolongé ici mon séjour parce que le départ des troupes avait jeté la consternation dans les

i. Correspond, Napoléon, t. XVÏI, p. 431 et 464.

m DAVOUT, MARÉCHAL D'EMPIRE

esprits; elle est actuellement tout à fait dissipée* Le corps de troupes de toutes armes, qui est à Varsovie, est sous les ordres du prince Poniatowski ; tout me fait espérer qu'il justifiera la confiance que j'ai mise en lui. J'ai laissé pour commander la place de Varsovie, le colonel Saunier, qui commandait la gendarmerie du 3^ corps. C'est une bonne tête, qui allie à de la fermeté des formes conciliantes, c'est ce qu'il faut dans ce pays.

Le 40 septembre, Davoul arriva à Breslau, le Maréchal Mortier en partit le lendemain.

Il me faudra quelques jours, écrivait Davout, le 13, à l'Empe. reur, pour connaître le pays et la disposition des esprits. Jusqu'ici toute la population ne parait que demander un peu de soulagement dans les charges, qui étaient d'autant plus onéreuses que les administrations prussiennes du pays n'ont pas

su les répartir avec égalité Les troupes occupent les camps

de Glogau, Liegnitz, Breslau et Brieg, que nous avons trouvés tout faits.

Dès le 17 septembre, le Maréchal était parvenu à soulager une partie des misères que signalait sa lettre du 13, et il écrivait à Napoléon :

Je me regarde comme très heureux d'avoir trouvé ici M. Lespôrut, administrateur général de la Silésie. Les renseignements qu'il m'a donnés sur ce pays, et ce que j'en ai appris d'ailleurs et vu par moi-même, m'ont fait penser qu'il était nécessaire de venir au secours des employés, des prisonniers de guerre, des invalides et des pensionnés prussiens qui s'y trouvent. L'état de misère où sont plongés ces individus ne pouvait que seconder les mauvaises intentions des partis prussiens et exaspérer les esprits. J'ai fait remettre à la Chambre des domaines, à titre de prêt que remboursera le pays, 100,000 francs pour venir au secours de ces malheureux, dont la plupart étaient dans l'état le plus à plaindre.

Passant ensuite aux raouvemènls des Autrichiens, qu1l ne perdait pas de vue, il donnait à TEmpereur les renseignements suivants : « Les Autrichiens continuent toujours leurs armements, et ils font des préparatifs qui annonceraient que la cour de Vienne est entièrement livrée aux intrigues anglaises. Le 1^' septembre, ils ont fait dans la vieille Galicie des levées de chevaux pour les bagages ; la même opération a eu lieu, le 12, dans la nouvelle Galicie. Ceux des régiments qui n'avaient pas leurs pièces de campagne ont reçu, le 10, Tordre de les envoyer chercher à Cracovie. Ils ont un camp à Staszow, sur la rive gauche de la Vistule, près d'Osieclc, sur la grande route de Cracovie à Lublin; ce camp est de 11,000 hommes d'infanterie, y compris 5,000 hommes de nouvelles recrues des cinq cercles dé la nouvelle Galicie. »

A son arrivée en Silésie, le 3* corps s'était établi dans les camps qu'occupaient auparavant les troupes du Maréchal Mortier. Les pluies abondantes, tombées à la un de septembre et au commencement d'octobre, n'avaient pas tardé à rendre insalubre l'habitation de ces camps. Mal situés pour la plupart, ils avaient été inondés dès les premiers jours de pluie, et les baraques, établies à la hâte pendant la belle saison, ne présentaient qu'un abri insuffisant contre les intempéries de l'automne. L'impossibilité de procurer aux hommes des paillasses et des couvertures, le nombre toujours croissant des malades, décidèrent Davout, sans attendre de nouveaux ordres, à faire lever les camps et à cantonner ses troupes. La 1^^ division alla occuper Neisse, Oppeln, Krapitz, Falkenberg, Brieg, Lôwen, et Gratticau; la 2% Breslau, Ohlau, Srehlen, Nimptsch, Oels, Bernstadt

el Namsiau ; la 3% Schweidnitz, Freyburg, Liegnitz, Golberg, Lôwenberg et Glogau ; le parc de réserve, Oels. « Depuis la levée des camps, écrit Davout au major général le 8 octobre, les maladies ont beaucoup diMinué et la situation des hôpitaux s'améliore sensiblement. »

Tels furent les derniers ordres du duc d'Auerstaedt, comme commandant du corps d'occupation du duché de Varsovie. Par un décret impérial, daté d*Erfurt, le 12 octobre, la Grande Armée était dissoute, et les troupes françaises qui, sous le commandement de Davout, devaient rester encore sur la rive gauche de l'Elbe, prenaient le nom A' Armée du Rhin.

APPENDICE

LETTRES PATENTES du Titre de Dao d'Aaerstaedt

NAPOLÉON, par la Grâce de Dicw, Empereur des FratiçaU, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin^ à tous présents et à venir, salut :

Les services signalés rendus à l'État et à Nous, par Notre cher et bien amé Cousin, le Maréchal d'Empire Davout, ayant fixé sur lui notre estime et notre bienveillance particulière, Nous avons résolu de récompenser le zèle et la fidélité dont il nous a donné des preuves constantes dans diverses batailles et à la tête de nos corps d'armée. Dans cette vue nous avons, par Notre Décret du dix-neuf mars mil huit cent huit, nommé notre cher et bien amé Cousin, le Maréchal d'Empire Davout, l'un des Ducs de notre Empire, sous le titre de Duc d'Auerstaedt.

En conséquence, et en vertu dudit décret, Notre dit Cousin le Maréchal d'Empire Davout s'étant retiré par devant Notre Cousin le prince Archichancelier de l'Empire, à l'eifet d'obtenir de Notre Grâce les lettres patentes qui lui sont nécessaires pour jouir de son titre, Nous avons, par ces présentes, signées de notre main, conféré et conférons à Notre cher et bien amé Cousin, le Maréchal d'Empire, Louis-Nicolas Davout, colonel-général de notre garde, chef de la sixième cohorte, grand aigle de la Légion d'honneur, chevalier de l'Ordre Royal de la Couronne de fer, grand cordon de l'ordre de Saint-Henry de Saxe et celui du Christ de Brésil, eommandant le Troisième corps de la Grande Armée et les troupes alliées dans [le Duché de Varsovie, né à Annoux, département de l'Yonne, le dix mai mil sept cent soixante-dix, le titre de Duc de notre Empire, sous la dénomination de Duc d'Auerstaedt.

Voulons que ce titre et les biens qui y sont attachés soient transmissibles à sa descendance directe, légitime, naturelle ou adoptive de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Les dits biens se trouvant désignés dans l'acte de Constitution à faire de Notre auto-

296 APPENDICE

rite par Notre Cousin le Prince A rchi chancelier de TEmpire, en présence du Conseil du sceau des titres, dans lequel acte seront les conditions sous lesquelles jouiront des dits biens Notre cher et bien amé Cousin, le Maréchal d'Empire Davout, et ceux de ses descendants appelés après lui à les recueillir, ainsi que le titre auquel ils sont attachés.

Autorisons Notre cher et bien amé Cousin, le Maréchal d'Empire Davout, à se dire et qualiHer Duc d'Auerstaedt en tous actes et contrats, tant en jugement que dehors.

Voulons qu'il soit reconnu partout en ladite qualité, qu'il jouisse des honneurs attachés à ce litre, après qu'il aura prêté entre Nos mains le serment prescrit par Tarlicle trente-sept de Notre second statut du premier mars mil huit cent huit, qu'il puisse porter en tous lieux les Armoiries telles qu'elles sont figurées aux présentes, d'or à deux lions léopardés rampant de gueules, tenant de la patte dextre une lance polonaise de sable, l'un en chef à dextre, l'autre contourné en pointe à senestre. Bordure componée or et gueules. Chef de Duc. Livrées : les couleurs de l'écu.

Chargeons Notre Cousin, le Prince Archichancelier de TEmpire, de donner communication des présentes au Sénat et de les faire transcrire sur ses registres; Enjoignons à Notre Grand Juge Ministre de la Justice d'en surveiller l'insertion au Bulletin des lois, Mandons à Nos Procureurs Généraux près Nos Cours d'appel et à Nos Procureurs Impériaux sur les lieux, de faire publier et enregistrer les présentes, ainsi que l'acte de Constitution susnommé, partout où besoin en sera. Car tel est Notre bon plaisir et afin que ce soit chose ferme et stable et à toujours, Notre Cousin le Prince Archichancelier de rCmpire y a fait apposer, pa^ Nos ordres, Notre Grand Sceau, en présence du Conseil du Sceau des titres.

Donné à Bayonne le deux du mois de juillet de l'An de Grâce

mil huit cent huit, et de Notre règne, le

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