‹ De A à ZChapitre 7 sur 95 · THÉODORE BARRIÈRE · texte numérisé non relu

THÉODORE BARRIÈRE

Emile Aiigier, avant d'écrire ses dialogues incisifs et brillants, donne du cor de chasse à pleins poumons dans sa maison de campagne à Croissy, quai de l'Ecluse.

Barbey d'Aurevillj'' revêt un costume satanique : maillot rouge, veste rouge, calotte dantesque. Ainsi ont été écrites les Diaboliques.

Henri Meilliac joue au billard, sur un billard à lui, installé dans son appartement de la rue Drouot. p]ntre deux parties, il prend la plume et écrit une scène de comédie.

Le plus étonnant des écrivains à manies était sans contredit Pliilarète Chasles.

Très mondain, il ne se mettait au travail qu'à la dernière extrémité. Mais alors il n'abandonnait la besogne entreprise que lorsqu'elle était achevée entièrement. Il appelait cela entrer en loge.

Dans ces circonstances, il s'enfermait absolument portes closes et rideaux tirés, quelque heure qu'il fût. Plusieurs flambeaux autour de lui. La seule nourriture qu'il prît alors était un bizarre mélange de jaunes d'œufs durs piles et délayés dans du café noir. Ce mets était placé sur la table, à sa portée ; il en usait discrètement, à de longs intervalles. Pour unique boisson, du vin de Champagne.

Cela durait deux ou trois jours et autant de nuits. Mais aussi lorsque Philarète Chasles sortait de loge, quel détente ! quel joyeux vacarme ! quelle tempête d'éclats de rire ! comme il lui semblait bon de se remettre à vivre î

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