BELLINI
On a vendu cette semaine, pour la modique somme de 12 fr. 50 c, une lettre autographe de Bellini — l'exliumé de l'autre jour.
Bellini a laissé la mémoire d'un élégant et sympathique jeune homme. Sa taille était élancée et souple, son teint d'une grande clarté, ses yeux bleus, ses cheveux blonds, disposés en boucles naturelles. Un sourire plein de douceur errait continuellement sur sa bouche, d'accord avec un regard expressif. De légers favoris encadraient l'ovale un pet allongé de ses traits délicats. C'étaient la distinction et l'aménité incarnées.
Ceux qui l'ont approché ont conservé le souvenir de ses manières exquises. A l'époque où Rossini avait la beaulé de la santé, Bellini avait la poésie delà grâce; nul ne l'a portée plus haut que lui, dans sa personne comme dans ses œuvres. Il parlait peu ; et ce quelque chose de tendre qu'on remarquait au premier abord sur sa phj^sionomie dégénérait facilement en mélancolie dans l'intimité.
L'aimable Sicilien Vincenzo Bellini fut célèbre de bonne heure, et tout de suite. Lablache le trouva au Conservatoire de Naples et le recommanda h Barbaja, le directeur-soleil, qui lui fit écrire ses premiers opéras. Bellini avait alors vingt-deux ans,