‹ De A à ZChapitre 71 sur 95 · A MON CHER EDOUARD PLOUVIER · texte numérisé non relu

A MON CHER EDOUARD PLOUVIER

Les sons de mon pauvre clavier Vont aller grincer chez Plouvier.

Il est si bon, qu'en leur délii*e 11 entendra des sons de lyre 1

17 juin 1867.

Plouvier et Philoxène n'avaient pas toujours été la paire d'amis qu'ils furent depuis.

Le cher Edouard Plouvier s'était emporté un soir, au café des Variétés, jusqu'au point de flanquer une giffle à Philoxène Boyer.

Pourquoi?

Parce qu'il lui reprochait de lui avoir dérobé un caractère de domestique, et de l'avoir intercalé

dans sa pièce : le Feuilleton d'Aristophane, que l'on jouait alors à l'Odéon.

Ah ! c'est qu'on avait la foi et l'ardeur littéraires en ce temps-là, et qu'Edouard Plouvier particulièrement, nature impressionnable et talent élégiaque, était de ceux qui croient que c'est arrivé.

Croire que c'est arrivé — n'est pas cependant le défaut de notre époque. C'est le signe d'une grande force ou d'une grande faiblesse. C'est prendre tout au sérieux et accorder indistinctement une importance exagérée aux moindres faits de la vie. On est très heureux ou très malheureux lorsqu'on croit que Cest arrivé.

Plouvier fut très malheureux.

Il s'était dit en entrant dans les lettres que le succès est toujours en proportion des efforts, et que le talent trouve tôt ou tard sa récompense... Il croyait que c'était arrivé.

Il avaitépousé une comédienne d'un grand mérite, avec la certitude que le bonheur est surtout acquis aux unions artistiques... il croyait que c'était arrivé ! .

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