‹ De A à ZChapitre 87 sur 95 · EMILE SOLIÉ · texte numérisé non relu

EMILE SOLIÉ

aux bibliophiles : une Histoire de V Opéra-Comique et une Histoire du Tiïéàtre-Lyriqae ; elle.s sont recherchées. Il faut y ajouter des monographies de Gluck, de Lulli et de Rameau, publiées dans des journaux de départements et tirées à part, à un nombre fort restreint. Emile Solié était autorisé à ces études comme fils et petit-fils d'artistes lyriques.

Sous l'Empire, il accepta de rédiger en province quelques journaux de la couleur la plus douce et de la politique la plus conciliante. Sa plume n'avait rien d'agressif. Autre chose était de l'homme. Emile Solié souffrait de sa petite taille, et ne supportait pas facilement la plaisanterie. Il redoutait Nadar comme la poudre, Nadar qui l'avait affublé de sobriquets plus irrévérencieux les uns que les autres. Cette inquiétude continuelle lui avait donné des manies, des exigences ; à table il lui fallait les meilleurs morceaux ; au théâtre il lui fallait la meilleure place. Ceux qui le connaissaient ne faisaient qu'en rire, et c'était là précisément ce qui le désolait.

A Nice, l'an dernier, il eut une ou deux attaques d'apoplexie. A partir de ce moment, il déclina; il devint morose; il ne put plus sortir. Une religieuse le soigna pendant le mois de mars. Enfin sa sœur. M""* Roger Solié, la comédienne aimée, vint le chercher et le ramena à Paris. La maison Dubois le reçut, comme elle en a reçu tant d'autres qui s'appelaient Gustave Planche, Privât d'Anglemont, Henri Murger, Auguste Supersac, Charles Barbara, etc.

Je regrette de n'avoir pas été appelé au lit de

mort d'Emile Solié. Mais a-t-il appelé quelqu'un? Solié a toujours vécu seul, à toutes les époques de sa vie

Ne cherchez pas l'explication de cela autre part que dans son nom.

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