ARCHEVÊCHÉ DE RENNES, BOL ET SAINT-MALO
Rennes, le 3 juillet 1892.
Cher Monsieur le Curé,
Je viens de lire, avec un* charme soutenu, les épreuves que vous avez bien voulu m 'envoyer de votre très intéressant ouvrage : De Carthage au Sahara.
Recevez mes remerciements affectueux et mes sincères félicitations.
Je vous retrouve dans cet écrit avec toutes les qualités que je vous connais depuis longtemps : vous êtes un chercheur, et vos trouvailles ont été heureuses ; vous êtes un observateur, et la pénétration de votre regard m'est apparue pleine de sagacité et de justesse.
J'ajoute enfin que vous êtes un coloriste, et votre style s'émaille de tous les tons de la peinture artistique.
J'estime donc qu'au point de vue géographique, archéologique, historique et pittoresque, votre description de la Tunisie, c'est-à-dire d'un pays vers lequel tout Français porte avec sympathie et curiosité son regard , est aussi complète qu'elle est attrayante.
Prêtre catholique, sous une forme discrète, en apparence désintéressée, vous vous êtes appliqué, au fond, à montrer quelles traces le christianisme des premiers siècles a laissées en un pays que transformèrent les génies puissants de Gyprien et d'Augustin. Vous reconstituez l'état florissant dans lequel la foi avait mis cette contrée, jusqu'à ce que le châtiment providentiel vînt la punir de son adhésion aux erreurs manichéennes.
Enfin vous énumérez les ruines morales, sociales, physiques et agricoles, qui furent la conséquence de l'invasion musulmane, durant les longs siècles de la plus douloureuse décadence.
Par là votre travail, mon cher Curé, est une apologie indirecte de la civilisation chrétienne.
Certaines parties ont dû vous coûter plus de recherches et me paraissent plus dignes d'attention. Telle est, par exemple, l'esquisse de Carthage. Vous allez jusqu'à préciser la topographie des principaux monuments. Telle encore la description de Kairouan, de Gafsa, des oasis.
La partie relative aux fameux Troglodytes, aux Berbères du sud, me semble originale et vous appartenir en propre. Je vous félicite enfin, mon cher ami, de savoir à propos délasser l'esprit du lecteur par des épisodes de ifoyage auxquels vous donnez le pittoresque et la couleur locale, sans an exclure parfois une légère pointe de malice.
Toutes «es qualités] ustifienl te succès, auquel j'ai eu la bonne fortune de mêler mes applaudissements, de vos conférences à Paris, au Havre, à Lyon, devant un public d'élite, dont vous savez captiver L'attention. Je prédis un accueil plus grand et plus comptai encan au livre que vous nous donnez aujourd'hui «
Crogez., mon cher Curé, à tous mes affectueux e1 dévoués sentiments en Notre- Seigneur.
v Jean Natalis,
ARCHEVÊQUE DE SÉItASTE, C0ADJUTEUR DE RENNES
DE
LA TERRE PUNIQUE CHEZ LES ANCIENS POÈTES — LA TERRE PUNIQUE A TRAVERS L'HISTOIRE — L'ÉGLISE D'AFRIQUE LE CHATIMENT DE L'ERREUR — ÉTAT PRÉSENT DE LA TUNISIE — DESSEIN DE L' AUTEUR
Les pays du soleil et de l'azur, de la poésie et de l'histoire, les régions qui, favorisées de la nature, portent en outre la trace des événements et des révolutions dont elles furent le théâtre, exercent sur mon esprit et mon cœur un irrésistible attrait.
Après la Palestine, sanctifiée par la vie et les miracles du Rédempteur; après l'Egypte, si longtemps nourricière de l'humanité; la Grèce, sanctuaire des arts et de la philosophie; l'Italie, maîtresse du monde, nulle contrée ne m'attire plus que ce coin de terre qui va du cap Blanc de Bizerte au fond de la petite Syrte. Il est consacré par la légende, la poésie et l'histoire. De plus, la France y a planté son drapeau.
Dès les temps les plus reculés, il devient le point de rencontre de deux courants de la migration des peuples. D'une part, les Montagnards, les Pœni, mot qui a donné « punique » , espagnol, et qui se retrouve aussi dans Pennines et Apennins, arrivent par l'isthme de Gibraltar et l'isthme italique avant leur rupture. Us marquent leur passage par des monuments mégalithiques, qui ne font qu'une traînée gigantesque depuis l'Ecosse jusqu'au fond de la Tunisie, à travers la Bretagne, l'Espagne, le Maroc et l'Algérie. Plusieurs passent par le centre de la Gaule et l'Italie, quand la Méditerranée forme encore deux bassins, dont la Péninsule, la Sicile, les îles Djamour, antiques yEgymures, et le cap Bon, indiquent la ligne de partage. Ils ont les cheveux blonds, les yeux bleus, le teint clair. Ce sont les cousins, sinon les frères, de nos aïeux. Les peuplades du Sud appellent ces fils d'Albion (albus) Libyens, c'est-à-dire les Blancs.
L'autre courant vient par l'isthme de Suez et amène les Chananéens échappés au glaive de Josué. D'après saint Augustin , Procope et les historiens arabes, les Berbères de la Tunisie et de la Kabylie sont les descendants de ces Asiatiques. En mémoire de cette origine, plusieurs de leurs villages gardent le nom typique de Chenini, où il est facile de reconnaître le mot Chanansei.
Selon moi, les Berbères se rattachent à celte double race qu'Hérodote appelle libyenne et éthiopienne. Ainsi s'expliquent, au point de vue ethnographique et philologique, les notables différences qui existent entre les deux branches de cette grande famille , et aussi comment leur langue contient à la fois des radicaux celtiques et des radicaux araméens.
Hérodote parle des Lotophages et des Machlyes, qui habitent les bords du fleuve et du lac Triton. Ce lac, devenu aujourd'hui le chott Djérid, fut le berceau de la Minerve libyenne, surnommée pour ce fait Tritonia. Thymaétès donne la ville de Nisa pour patrie à Bacchus ; Phérécyde regarde Antée, vaincu par Hercule, comme un roi des Irasses, campés sur les mêmes rivages, et dont Irassen serait, dans la nomenclature berbère, l'appellation moderne.
Sur le Triton s'élève l'île de Phla ou des Pharaons. Dans l'estuaire du lac, Jason embourbe son navire Argo, et le dieu des eaux le dégage au prix d'un trépied d'airain. Près de là vivent les Garamantes, les Atarantes, peuples libyens voués à l'agriculture, et, plus à l'ouest, les Maxyes, nomades, issus des Troyens.
Des colons phéniciens se mêlent aux premiers Chananéens et forment avec eux les Liby-Phéniciens. Cette race nouvelle, industrieuse et féconde, établit des comptoirs et des colonies sur tout le rivage du golfe. Elle bâtit Kambé, qui précède Carthage, et les trois villes de Leptis, d'Aea, de Sabrata. La contrée qu'elles animent en reçoit le nom de Tripolitaine.
Tyr achève la conquête du pays. Hippo-Zaritos, Utique, Cossyra, Thune, Hadrumète, Thapsus et les autres villes qui bordent le littoral, sont l'œuvre de ses colons.
La poésie s'empare des légendes, des traditions et des premiers croquis de leur histoire. Virgile raconte comment Didon, fugitive devant le meurtrier de son mari, met la main sur le meilleur port de la cote et fonde Carthage, Kart-Hadacht en phénicien, « la ville nouvelle. »
Le roi , qui lui cède autant de terre que peut en enfermer la peau d'un bœuf, n'a pas prévu que la rusée princesse fera tailler cette peau en si fines lanières qu'elles envelopperont tout le monticule de Byrsa.
Mercatique solum , facti de nomme liyrsam, Taurino quantum ponant circumdare tergo.
(Virg., En., 1,367-368.)
Quelques-uns prétendent que Byrsa signifie tour, forteresse.
A la nouvelle du départ d'Énée, les terrasses du somptueux palais qui domine la capitale ne supportent plus que le bûcher où l'orgueilleuse Didon éteint dans les flammes sa douleur et sa vie.
Salluste nous montre , sur ce sol brûlant , l'astucieuse et sauvage figure de Jugurtha. Avec Polybe et Tite-Live nous assistons aux sanglantes péripéties du duel entre Rome et Carthage. D'une part Amilcar, Annibal et Asdrubal, et de l'autre Caton, Régulus et les Scipions, jouent un rôle plus saisissant que les héros d'Homère dans la lutte épique des Grecs contre les Troyens.
L'histoire raconte la sanglante expédition de Métellus contre Thala, et de Marius contre Gafsa. Elle évoque à nos yeux César triomphant seul de Juba, de Scipion et de son ancien lieutenant Labiénus. Elle nous apprend enfin les luttes de Bélisaire et des Vandales.
Nous restons surpris de la richesse et des produits que Rome tire de l'inépuisable Zeugitane et de la fertile Bysacène, devenues ses greniers les plus abondants.
L'Évangile gagne cette terre à l'amour de la vérité et à la pratique de la vertu. L'Église s'y développe, y tient quarante conciles et y compte plus de cent cinquante diocèses, dont trente-trois sièges sont aujourd'hui connus.
Elle a ses martyrs : saint Cyprien , saint Boniface , sainte Restitute , beaucoup d'autres , et notamment la masse blanche de trois cents chrétiens d'Utique, s'élançant avec transport, plutôt que de sacrifier aux idoles, dans le gouffre rempli de chaux vive qui leur sert de linceul.
Elle a ses docteurs immortels. Saint Augustin et Tertullien en sont les deux plus grandes figures.
Cette Église d'Afrique, que la persécution glorifie, succombera sous les débordements de l'hérésie. L'arianisme et les sectes diverses qui en sont issues désagrègent insensiblement le terrain de la doctrine. Comme si c'était une loi que l'erreur entraîne toujours à sa suite de sanglants cataclysmes, elle amène sur le sol punique les Vandales, et avec eux le ravage des cités et les hécatombes des peuples.
Le châtiment n'est pas assez terrible pour ouvrir les yeux à ces fils de la croix indociles. Us n'amendent point leurs mœurs ; ils ne renoncent point à leurs pratiques païennes ni à leurs querelles dogmatiques.
Les hordes de l'islam achèvent la ruine. Elles étouffent dans le sang et sous le bâillon de l'esclavage les derniers échos de l'enseignement évangélique. Durant près de dix siècles, cette contrée, qui a nourri l'Europe, qui l'a éclairée de ses docteurs, qui l'a étonnée par sa richesse, demeure séparée du monde civilisé. Le linceul de l'oubli dérobe à l'histoire la vie et les gestes des peuplades qui campent sur cette terre de malédiction. La croisade de saint Louis et les tentatives de Charles-Quint ne sont qu'un éclair passager dans cette nuit de ténèbres.
La prétendue civilisation des Arabes, qui ont élevé la grande mosquée de Cordoue , l'Alhambra de Grenade et l'Alcazar de Séville , n'est qu'une faible copie, une pâle imitation de la brillante période byzantine à laquelle ils ont succédé. Ils ont emprunté aux monuments romains et chrétiens ces saperbes colonnes et ces chapiteaux que nous admirons ; sans avoir su même les ajuster toujours suivant les règles de l'art.
Pour mettre fin à ce deuil et à cet assoupissement voisin de la mort, il faut que le drapeau de la France apparaisse. Il faut qu'un prince de l'Église", un héritier du titre de Cyprien et de l'âme de l'évêque d'Hippone, couvrant ces ruines de son manteau rouge, fasse passer sur le squelette desséché de Carthage un souffle de résurrection, et dans le marbre étincelant d'une cathédrale française en relève la splendeur éteinte et la grandeur abattue.
Mais, sous le joug musulman, les rares descendants des premiers chrétiens ont perdu toute lueur de la vérité, tout amour de la vertu. Courbés sous le cimeterre, ils subissent la loi du Koran, qui immobilise les esprits, stérilise les campagnes, dépeuple les villes et sème partout la solitude du néant.
Sur le sol punique, comme en Palestine et dans l'Asie Mineure, la paix, pour l'Arabe, c'est le désert. Ubi solitudinem faciunt , pacem appellant.
Les cités ont disparu ; les basiliques sont tombées dans la poussière ; les vainqueurs ont mutilé et dispersé les colonnes et les marbres des palais et des temples. La terre elle-même, dépouillée de son ancienne végétalion, n'a plus de parure. Jadis le voyageur allait d'Hadrumète (aujourd'hui Sousse) à Gibraltar sous une forêt de palmiers , d'oliviers , de gommiers et de chênes-liège. Aujourd'hui les sources sont taries; les montagnes, déboisées, n'ont plus d'humus fécondant. Les rivières bienfaisantes sont tour à tour des lits desséchés et des torrents dévastateurs. Les marais empestent les plaines basses, et les sables du désert envahissent les plateaux et couvrent l'emplacement de plusieurs villes. En un mot, la dégradation physique a suivi la dépravation morale. Cette contrée, qui comptait vingt millions d'habitants, est réduite, sous le joug de l'islam, à n'en posséder que quinze cent mille.
Il faudra de longs et persévérants efforts, les sueurs des missionnaires, peut-Atre le sang des martyrs, pour rendre à cette province, que le Ciel avait ornée et enrichie et que les hommes ont ravagée et ruinée, les bien* faits de la civilisation. La prospérité matérielle accompagne toujours, d'un pas plus ou moins rapide, lés conquêtes de la charité.
Quelle belle <-t émouvante histoire à écrire que celle de celle partie de l'Afrique septentrionale, depuis les temps mythologiques, où Minerve Tri* lonia \ recevait la vif, jusqu'à cette heure crépusculaire d'une aurore nouvelle de liberté, '!<■ progrès, «I.- civilisation!
Mosquée de Bab-Djézira, à Tunis.
Telle n'est pas l'œuvre que je vais entreprendre. Mon dessein est plus modeste, et mon cadre, plus restreint.
Cette terre, à qui les anciens appliquaient spécialement et exclusivement le nom d'Afrika; celte terre, si riche en souvenirs, si lamentable en son aspect, si délabrée en ses ruines, si meurtrie en sa végétation, et pourtant si abondante encore en sources thermales, en oasis, en monuments primitifs, je l'ai parcourue du nord au sud et de l'est à l'ouest, à petites étapes. J'en ai étudié les vastes plaines et les belles montagnes, plus fécondes en minerai que remarquables en altitude.
J'ai deux compagnons de voyage. L'un, M. Eugène Dumont, de Paris, abat le gibier qui doit rôtir à la flamme du bivouac. L'autre est de Lyon. C'est M. André Hébrard. Excellent photographe, il fixe au passage sur la gélatine ce qui nous paraît digne d'attention. Grâce à son habileté, je rapporte une ample collection de types, de monuments et de paysages, dont plusieurs illustreront ce récit.
Notre voyage se fait à l'intérieur, à petites étapes, et en voiture jusqu'à Gafsa; de Gafsa à Tôzeur et au chott, à cheval. A Gabès je laisse mes compagnons de route, et pendant qu'ils vont chasser en Kabylie, je visite, sous la tutelle de l'autorité militaire, le territoire des Ksours, les Troglodytes des Matmata et les Berbères de Douïret et de Ghenini.
J'ai foulé les décombres des cités évanouies et traversé les déserts de sable. Je me suis reposé dans les eaux et sous les palmes des oasis. J'ai subi les effets trompeurs du mirage sur les bords du chott brillant de poudre saline. J'ai dormi dans la caverne du Troglodyte, campé sous la tente du nomade, reçu la diffa du Berbère, au sommet d'un pic, sous l'arcade rocheuse qui abrite sa famille. J'ai chevauché dans le lit des ruisseaux, sur le phosphate étincelant des collines, au milieu de la plaine désertique, dans le tourbillon étouffant où le siroco vous étreint. Au soir des journées torrides, j'ai soulagé mes membres rompus de fatigue, sous la tente des officiers, près d'une rivière, à la réjouissante fraîcheur d'une nuit resplendissante d'étoiles.
Ce sont ces vestiges du passé, ces observations du présent, ces faits divers et ces émotions de la route, ces paysages inattendus, ces mœurs de tribus étrangères à nos usages, que je veux exposer et dire à mes lecteurs.
Je dois un témoignage de gratitude à MM. les officiers qui ont favorisé mon voyage. M. le lieutenant de dragons Thiébaud Keck, qui a tracé mon itinéraire avec une. parfaite connaissance du pays, M. Canova, chef du contrôle de Tôzeur, et M. le commandant Rébillet, m'ont fourni beaucoup de notes et de documents inédits, dont j'ai enrichi mon travail.
Je m'étendrai peu sur le nord de la Tunisie et les villes du littoral. Je donnerai plus de développement à la partie qui concerne les oasis, la région du chott Djérid, le pays des dattes, les montagnes des Malmata,
18 DE CARTHAGE Al SAHAHA
où vivent les Troglodytes, et celles des Douïret, où sont cantonnés les derniers descendants des Berbères, aux yeux bleus, à la chevelure blonde, marqués au front d'une croix en tatouage.
J'ai entendu souvent répéter : « Il ne reste rien à faire en Tunisie. » Je réponds : « L'œuvre de la France est à peine commencée. La civilisation européenne ne forme encore qu'une sorte de frange sur le rivage. La masse du pays n'est pas entamée. Plaines à défricher, terrains immenses à féconder, routes à établir, torrents à endiguer, écoles à créer, villes à bâtir: voilà l'œuvre qui attend le colon de demain. »
A Tunis même, les progrès accomplis sont immenses. J'ai partout entendu l'éloge de notre résident général, M. Massicault, et de son administration intelligente et féconde.
La sécurité des personnes et des propriétés est complète. Nos officiers, à qui nous devons ce résultat, l'ont obtenu par leur esprit de justice plus que par la terreur du sabre. L'Arabe les craint et les estime, au point d'en appeler de lui-même à leur jugement dans ses démêlés et ses querelles intimes.
Quant à la conquête des âmes, l'heure n'en est pas venue. Où sont les messagers de la paix céleste et les apôtres du salut? Le sud et le centre n'ont point vu jusqu'à ce moment la trace de leurs pas, ni surpris le mystère de leurs paroles. Ils sont plus loin de l'Évangile que le Soudan et le lac Tchad.
Feriana, Gafsa, Nefta, Tôzeur, El Hamma, El Oudiane, etc., sont des villes populeuses, et pourtant sans prêtre catholique. L'œuvre du cardinal Lavigerie, si éclatante qu'elle soit, est donc loin d'être complète.
Mais si le culte sacré n'est pas encore partout régulièrement organisé, j'aurai le bonheur de rencontrer souvent des vestiges du christianisme des aïeux et des preuves manifestes de l'ancienne prospérité de cette région. Mon travail sera de la sorte une apologie indirecte, mais sincère, de la civilisation évangélique, et méritera peut-être de Jésus-Christ un regard de bénédiction. Ce sera ma récompense.
Mosquée et minaret de Bécemkia, à Tunis.
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