II DEDICACE
à citer, et à côté desquels vous avez écrit le vôtre.
Est-il besoin de rappeler vos titres ? La France entière et l'étranger savent que vous êtes un noble poète et un philantrope émérite, que votre philosophie est celle du Beau et du Bien, que toujours vous avez exalté l'un par la parole et par la plume, tantôt à la tribune du Parlement ou à celle des grandes assemblées populaires, tantôt par le journal, la brochure ou le livre; et que toujours aussi vous avez pratiqué l'autre, car, chez vous, l'exemple et l'action suivent le précepte.
Je ne puis oublier non plus que vous m'avez sagement guidé dans la carrière des lettres, que vous avez stimulé mes efforts, que vous m'avez crié : Bon courage ! dans les moments de lutte.
J'ai le cœur fait pour la reconnaissance et l'admiration : c'est donc sous l'empire de ce double sentiment que je vous dédie ce volume d'histoire littéraire, où j'évoque les grands souvenirs de Chateaubriand et de Lamartine, de Madame de Staël et d'Alfred de Musset; où
A STEPHEN LIEGEARD III
je tente de faire revivre les beaux jours de Méréville, de Coppet, de Weimar
En cette Dédicace de l'amitié, je veux évoquer par surcroît, et saluer avec vous les coteaux fameux de Chambertin et de Vougeot, qui nous ont vus naître dans notre Côte-d'Or. Quelle gratitude ne méritent-ils pas ? Pierre Dupont l'a dit en chantant :
La vigne est un arbre divin, Respectons cette vieille mère!
Je m'attendris comme un enfant, quand parfois, perdu dans Paris, je songe à ma colline natale qui touche à la vôtre, au clocher de mon village, aux peupliers de la rivière, aux croix rustiques des sentiers, à nos Clos renommés, bref à toute cette terre généreuse qui, parmi ses fils, présente avec orgueil Saint Bernard et le Téméraire, Madame de Sévigné et Bossuet, Rameau et Bufïon, Crébillon et
Gaspard Monge, Rude et Lacordaire
C'est dans les souvenirs d'une pareille race qu'il est bon de se retremper l'âme, de s'enthou-