‹ De Hanoï à Pékin: notes sur la ChineChapitre 53 sur 67 · I . Li: pieul = 60 kilogrammes · texte numérisé non relu

I . Li: pieul = 60 kilogrammes

!. La tafll est une monnaie de compte fictive dont la valeur varie avec le change du larguât. Le taôl, qui râlait 7 tr. 50 c, est descendu è 6 fr. j>) c. en 1881 et vaut actuellement un peu • paiements se font avec ues lingots d'argent d'un kilogramme environ et avec la piastre mexicaine. Les lingots sont découpés et les marchands chinois port'-nt avec eux de petites balances pour en peser te» parcelles.

du chanvre, du thé, du riz (4 fr. le tao de 40 livres, prix doublé ou triplé en cas de disettes, moment où il se produit un grand mouvement, d'émigration vers le Koueï-tchéou, où les céréales sont en général meilleur marché), du sel extrait de puits salants, de la rhubarbe, du safran, à» médecines chinoises, de l'indigo, du charbon, des métaux (cuivre de la préfecture de Ning-yuenfou, zinc, étain, mercure, plomb, argent, fer), du soufre, etc. Le seul article d'importation indigène est le coton que l'on réexporte au Koueïtchéou et au Yunnan. L'importation des marchandises indigènes : cotonnades (calicots, percales, jaconas blancs, teints ouimprimés), étoffes de laine, se fait par Ichang, à 1,750 kilomètres de l'embouchure du Yang-tsé-kiaiig, et par Tchongkin 1 , à 650 kilomètres en amont de Ichang. Od peut encore remonter plus hautjjusrju'à An-pien,

1. Tchong-kio est le dé)i6L gênerai îles marchandises importées sous le régime de la passe de transit : toute la province vient s'approvisionner sur son marché, iniiroB les cités de Wanahien et de Peng-ton qui, situées sur le Yang-lsé-ki;ing, sont cependant plus rapprochées de Ichang. La valeur de l'imporlalion des étolïss étrangères est de deuï à trois millions de taâls par an.

avec de petites jonques, c'est-à-dire à 300 kilomètres de Icbang.

En 1890, les Anglais ont obtenu l'ouverture de Tchong-kin.

Les marchandises allant de Shang-haï à Yunnan-fou mettent trois mois :

Shang-haï à Ichang ... 10 jours par vapeurs.

Ichang à Tchong-kin . . 25 jours par jonques.

Tcbong-kin à Àn-pien. . 14 jours par petites jonques.

An-pien à Yunnan-fou. . 30 jours par terre.

Actuellement le commerce avec le Sé-tchouen se fait par le Yang-tsé-kiang, malgré la difficulté de navigation dans les endroits resserrés du fleuve, où le courant a une vitesse de 12 à 14 kilomètres à l'heure. Les communications par terre ont lieu par la route de Ta-pé-lou qui conduit à Pékin, et par la route de Ning-yuen-fou à Tali-fou et à Young-tchang-fou, près de Bhamo. Cette voie est suivie, dit-on, par des marchandises anglaises.

De Tchong-kin, une grande route se dirige vers Ichang dans le Houpé par Koueï-tchéou-fou. Les marchandises de valeur pour lesquelles on

DB HAKOÏ A PéKIH. 10

peut éviter les risques de la navigation des rapides du Yang-tsé-kiang supérieur suivent cet itinéraire.

Les Anglais étudient les moyens d'améliorer la voie fluviale du moyen fleuve Bleu pour faciliter le commerce du Sé-tchouen qui, chaque année, suivant M. Parker, importe par des jonques 700,000 livres sterling de marchandises étrangères. Pour nous, nous devons penser au Songkoï et faire luire le jour où nos produits pourront pénétrer sur le marché de Su-tchéou-fou, dont Laokay n'est qu'à 35 jours.

Shang-haï. — Autorité des consuls. — Les frais de premier établissement consentis par les étrangers. — Les Messageries maritimes. — Nécessité de modifier nos articles d'exportation. — Diminution de nos prix de revient. — Les traités de commerce et l'action officielle. — Action des Anglais et des Allemands. — Historique et conditions du commerce français en Chine. — Les ports ouverts au commerce international.

Shang-haï est la place la plus importante de la Chine septentrionale et reçoit les produits de l'Europe, soit directement, soit par l'intermédiaire de Singapore et de Hong-Kong, et les marchandises du Japon ou des Etats-Unis, ces dernières expédiées par San -Francisco. Malheureusement la France n'occupe pas sur le marché de cette ville la place que devraient lui assurer

sa puissance politique et les sacrifices faits par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis la signature du traité de Wampoa, en 1844. Plusieurs sociétés françaises, en particulier le Comptoir d 'escompte de Paris, ont préféré s'installer hors de la concession régie par nos consuls, parce qu'elles se trouvaient plus libres sur la partie anglaise de Shang-haï. Tous les voyageurs dans l'Extrême-Orient ont constaté cette situation fâcheuse et ont déploré un tel état de choses. Recherchant les causes de notre infériorité, ils ont cru la trouver dans les pouvoirs quasi - dictatoriaux conférés par notre législation aux consuls généraux. Ces pouvoirs paraissaient nécessaires autrefois. Personne n'aurait osé les contester. En France, en Angleterre, en Hollande, dans les villes hanséatiques, seules places faisant alors le commerce international de l'Allemagne, en Espagne et en Portugal, le commerce intérieur lui-même était soumis à une étroite réglementation. Le régime des corporations était tout-puissant. Colbert, avec cette intuition des progrès modernes qui a caractérisé son régime économique, avait, sur certains points,

réagi à l'intérieur contre la puissance exclusive des privilégiés, en particulier quand il fonda les Gobelins et la manufacture de Beauvais. Mais, à l'extérieur, il pensait nécessaire de créer de grandes compagnies protégées par l'Etat, et sur lesquelles l'Etat aurait un pouvoir dictatorial. Il appartenait à Turgot, pendant son ministère de vingt-deux mois, d'essayer de faire prévaloir la maxime de ses amis, les physiocrates Quesnay, Dupont de Nemours et de l'Anglais Adam Smith: « Laissez faire, laissez passer. y> Mais on ne s'apercevait pas que la protection industrielle soutient le producteur ce comme la corde soutient le pendu ». Turgot fut renversé par la coalition des intéressés. On chansonna jusqu'aux diligences qu'il avait créées entre Bordeaux et Paris, lesquelles réduisaient de 14 à 5 jours le voyage entre ces deux villes. Une épigramme se terminait ainsi :

Puisse ta poste absurde aller un si grand train Qu'elle te mène à tous les diables !

Louis XVI céda, malgré la tristesse qu'il exprimait, disant : « Il n'y a que moi et M. Turgot

qui aimions le peuple. » Il fallut attendre l'Assemblée nationale constituante pour la proclamation définitive de la liberté du travail.

Bientôt arriva la promulgation do la liberté des esclaves dans nos colonies, « Cet arrêt de la justice, exécuté avec violence (Cochin) » sans les ménagements que le Brésil, instruit par l'expérience de la France et des htats-Unis, a pris pour accomplir cette réforme salutaire, amena une réaction contre le régime libéral, qui ne fut pas sans influence sur les errements suivis par l'administration de la marine et des affaires étrangères dans les comptoirs des Échelles du Levant et de l'Extrême-Orient. Dans les meilleures intentions du monde, nos ministres crurent à la nécessité d'imposer à nos nationaux la surveillance incessante de nos agents consulaires. L'expérience a prouvé, aujourd'hui, que rien ne vaut un régime libéral. La seule tâche du pouvoir central doit se borner à assurer l'ordre sur les concessions accordées à notre commerce eu Chine, dans les pays protégés et dans nos colonies ellesmêmes. Nous voyons avec regret la politique contraire appliquée dans l'Extrême-Orient.

Mais le mal n'est pas imputable à l'Etat seule- . ment. Il faut reconnaître que nos compatriotes n'ont pas toujours l'ait, dans les contrées étrangères et dans une large mesure, les sacrifices de premier établi sscruent consentis par nos rivaux anglais, américains ou allemands. Ceux d'entre eux qui n'ont pas eu peur de l'inconnu et ont aventuré des capitaux importants, les Messitqcrics impériales, devenues plus tard les Ménageries maritimes, ont récupéré au centuple les sacrifices qu'ils ont faits, et soutiennent avec honneur la réputation de notre pavillon dans les places ouvertes, en Chine, au commerce international. Les bateaux des Messageries maritimes sont plus fréquentés que les bâtiments similaires des compagnies étrangères; ils font le trajet de l'Europe dans un temps moindre et avec plus de confort : des gouverneurs de colonies anglaises leur ont souvent accordé la préférence.

Une cause de l'infériorité du commerce français dans l'Extrême-Orient tient au mode de fabrication des produits importés, et a été signalée dès les premières années de l'ouverture des ports du Céleste-Empire aux factoreries européennes.

Nos manufactures, habituées à produire certains modèles demandés dans la métropole ou sur le marché occidental, ont envoyé ces modèles à Singapore ou à Hong-Kong, à Saigon ou it Hanoï, à Canton ou à Shang-haï, sans considérer que les Chinois, les Annamites ou les Cambodgiens ont des goûts différents des nôtres et qu'il convient au marchand de se plier aux exigences de la clientèle, et non à la clientèle de se faire aux vues du producteur. Un exemple d'intelligence commerciale à suivre nous est donné par la Suisse. Les fabricants d'horlogerie de Genève ont fait des boîtes à musique, très recherchées dans l'Empire du Milieu, parce qu'elles ontun cachet tout chinois et que les airs qu'elles font entendre ont été empruntés aux mélodies populaires favorites sur les bords du Yang-tsékiang et du Peï-ho '.

I. Nous signalons ;ivi;e plaisir à nos compatriotes l'exemple donné pur les manufacturiers li'Blhour, qui subventionnant lareement un jcumi homme distingué, diplômé de i'Écnle des hautes études commerciales, M. Vehrlin, avec qui nous avons voyagé en Chine. Il porlait, en I8SS, pour lu deuxième fois en Asie, les échantillons do nos ilraps et étudiait sur place les conditions dans lesquelles ses commettants pouvaient produire leurs articles en Chine.

Les produits français envoyés dans l'Extrême- Orient se distinguent aussi souvent par le fini du travail. Cette qualité, très précieuse en Europe, a moins d'importance dans la Fleur du Milieu. Nos rivaux font moins bien, le cachet artistique des marchandises est moins soigné, à notre sens; mais qu'importe notre goût aux fils de Han ? Nos compatriotes achètent pour se créer un musée chinois ou japonais dans leur salon. lue semblable pensée ne se fait pas jour dans l'esprit des mandarins. Les Anglais et les Allemands font des produits au goût des Célestes, moins chers et d'un placement plus facile que les nôtres.

11 ne faut pas se dissimuler enfin, que la coni urn-iice européenne étrangère a fait des progrès et donne aujourd'hui, à meilleur compte ou à égalité de prix, des marchandises comme les de Paris, fonrnies autrefois uniquement pu l'industrie française. De semblables marchandises forment une grande partie des chargements partant de Hambourg pour la Chine.

En dépit de toutes ces difficultés et des avances prises par le commerce étranger, notre pays peut

encore lutter. Le pris de revient de nos produits manufacturés, quelque élevé qu'il soit, par suite des exigences de nos ouvriers, des grèves et des coalitions, n'est pas sensiblement supérieur nu prix de production des marchandises similaires de l'étranger. Nous pouvons encore envoyer dans l'Extrême-Orient des articles bien conditionnés, au même taux que les Anglais ou les Allemands. Les fabriques de ces uatious ont débarqué, à plusieurs reprises, pour acquérir une clientèle, des produits de qualité inférieure. Cet exemple n'est pas à imiter. La commandechinoisepeutêtre surprise une première fois et achetée; mais elle est trop habile pour se laisser leurrer souvent et elle délaisse rapidement les marques de pacotille. Certains industriels de Manchester en ont fait l'expérience à leurs dépens.

Les différents États européens ont pu imposer à la Chine l'ouverture des ports et des traités de commerce. Mais ils ne sauraient acquérir un avantage dans les tarifs des douanes, sur les rivaux, même par uu traité intervenu après une guerre heureuse, parce que les traités conclus avec les autres puissances contiennent la clause

du traitement de la uation la plus favorisée et que cc:s puissances réclameraient aussitôt les mêmes bénéfices. Quand, à la suite de l'expédition du Tonkin, l'article 7 de la convention Cogordan spécifia que, lorsque la Chine aurait t décidé de construire des voies ferrées, il était entendu qu'elle s'adresserait à l'industrie française et que le gouvernement de la République lui donnerait toutes les facilites pour se procurer en France tout le personnel dont elle aurait besoin », on fut obligé d'ajouter à cet article 7 : « Il est entendu que cette clause ne peut être considérée comme constituant un privilège exclusif en faveur de la France, c Tout le monde attrait réclamé'.

Le seul avantage que puisse acquérir une nation, est celui que ses ambassadeurs ou ses consuls peuvent lui assurer en favorisant, en

s'occupe actuellement (1891) du chemin de fer de Mande bourie. Les soumissions pour la fourniture des matérmui se Tout à Tien-tain. Mais les autorités impérii

ivre les errements ordinaires en fait d'adjudications. ^ icret morne le chiffre de lu commande, de façon ■■ lustriels n'ont aucunu Ijuso sérieuse poui ; positions.

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dehors de leur action officielle, la conclusion de marchés entre le pouvoir central ou un vice-roi des grandes provinces, d'une part, et des maisons de commerce relevant de leur pavillon, d'autre part. Il faut avouer que, dans cet ordre d'idées, les agents de la Grande-Bretagne, de l'Empire allemand ou des Etats-Unis se montrent plus entreprenants que ceux de la République française ; ces derniers ne restent souvent pas assez longtemps à poste fixe dans leurs résidences pour être prévenus en temps utile des besoins locaux ; ils sont peut-être plus préoccupés de leur action politique que de leur influence commerciale.

Enfin, ayons le courage de le dire, ils craignent d'injustes accusations de péculat, d'agiotage, de pots-de-vin, auxquelles n'ont pas échappé, de la part de concurrents évincés, les meilleurs de nos représentants consulaires. Nous tournons dans un cercle vicieux: nous demandons, avec juste raison, à nos fonctionnaires de nous protéger, et quand ils le font, nous leur savons mauvais gré de leurs agissements. On comprenait, au temps où les consulats ont été créés, quand la concurrence était moins active, que le représentant de

la France fût surtout magistrat et agent diplomatique. Mais les conditions de la lutte commerciale ont changé du tout au tout ; le Foreign Office et la grande chancellerie de Berlin comprennent différemment aujourd'hui leurs intérêts.

Quiconque est un peu versé dans les affaires de l'Extrême-Orient sait, par exemple, que les Anglais ont poursuivi de leurs attaques l'ambassadeur Li-fong-pao, coupable, à leurs yeux, d'avoir fait des achats considérables en Allemagne pour le compte du gouvernement de Pékin, pendant le conflit franco-chinois. Il semble que toute commande faite ailleurs qu'en Angleterre ou dans les possessions britanniques soit un crime de lèse-majesté au tribunal des sujets de Sa Gracieuse Majesté la reine Victoria, et c'est là un crime qu'ils ne pardonnent jamais. Les agents diplomatiques de la Grande-Bretagne, qui se montrèrent toujours favorables au tracé de voies ferrées dans le Céleste-Empire, aussi longtemps qu'ils crurent en obtenir le monopole pour leurs nationaux, changèrent d'avis quand ils se virent menacés par des syndicats français ou allemands.

Nous ne protestons pas, nous constatons des

Les Allemands, de leur côté, luttent ouvertement contre le monopole exclusif qne veulent se donner les fils de la vieille Albion, et sont soutenus dans leurs efforts par les représentants de leur gouvernement. Ils ont fait entrer un grand nombre de leurs nationaux au service des Célestes. M. de Bismarck a compris que le nouvel empire germanique devait avoir, lui aussi, une politique coloniale. Il sait que les émigrants teutons aux États-Unis sont rapidement perdus pour leur patrie d'origine, dont ils fuient le service militaire, et deviennent citoyens de la libre Amérique, non sans avoir importé dans ce pays le goût des produits fabriques entre le Iîbin et la Vistule, ce qui est déjà tout avantage pour le commerce allemand. Le chancelier de l'Empire, reconnaissant son impuissance contre l'émigration, a voulu la détourner en partie. Il a pensé à établir ses compatriotes dans certaines contrées de l'Afrique orientale pour avoir des établissements et en faire, non des colonies dépeuplement, — ce que ne permet pas le climat —

mais défi stations do commerce et d'exploitation. Il a pensé aussi àl'Océanie et a conclu des traités îi ce sujet avec la Grande-Bretagne. 11 avait

i ant jeté ses vues sur les Carolines. Tout le peuple espagnol s'est élevé contre cette usurpation et a donné au monde le magnifique exemple dune vieille nation, fière de ses droits antiques et de son ancienne gloire, résolue à ne jamais permettre aux héritiers des Césars allemands de toucher à une seule de ses possessions, il. de Bismarck a reculé. Il a caché sa retraite sous la médiation du Souverain Pontife et est allé ainsi à Canossa, après avoir eu, lut aussi, sa lutte infructueuse du sacerdoce et de l'Empire. Cet exemple de virilité des vieux Castillans, nous le saluons. C'est un exemple pour nous, et nous en profiterons.

Mais c'est surtout dans l'Extrême-Orient que les Allemands travaillent à se créer une situation prépondérante. Ils ont remplacé, sur une partitdo la flotte chinoise et de la flotte siamoise qui transporte les bois de construction des bords du Menant, les capitaines anglais qui en avaient le commandement ; ils se sont montrés plus accom-

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raodants que leurs devanciers sur le cKapitre des appointements et ils ont fait preuve de qualités nautiques aussi sérieuses que celles des ÀDglais.

Les Allemands sont-ils satisfaits de ces succès? Nous en doutons. Il y aurait pour eux, si la fortune des armes nous était encore contraire sur les Vosges et le Rhin, l'Indo-Chine françalaflj don* un amiral, membre de la famille impériale, aurait bien voulu, en 187 f , se faire céder la possession, même quand notre colonie ne comprenait encore que les six provinces méridionales conquises par Cliarner, Page, Bonard et de la Graiidière, et le protectorat du Cambodge.

Le régime du commerce fraudais en Chine est réglé par plusieurs instruments diplomatiques, qui s'appliquent : les uns aux ports ouverts au commerce étranger sur l'Océan Pacifique (traité de Wampoa et tarif des droits), les autres sur les frontières du Yunnan, du Kouang-si et du Kouang-toung, limitrophes de nos possessions du Tonkin et reconnues par la Commission de délimitation dans ses deux campagnes de 1886 ( dans sa campagne de 1887.

Nous examinerons successivement les conditions du commerce maritime et celles du commerce continental.

Par le traité de Ren-tein, signé le 27juin 1858 par le baron Gros et Kouéi-liang, révisé et signé 'eau à Pékin par le baron Gros et le prince Kong, le 25 octobre 1860, les nationaux de la France et du Céleste-Empire doivent jouir, dans les Etats respectifs des deux puissances contractantes, d'une pleine et entière protection pour leurs personnes et leurs propriétés. Des ambassadeurs peuvent être établis à Pékin et à Paris, des agents consulaires dans les ports ouverts. Ces porta sont les suivants : Canton, Shang-haï, Nîug-po, Anioy et Fou-tchéou, ouverts depuis 1843; Niou-cbouan, Teng-tchéou , Swatow, Taiwan et Kioung-tcliéou, ouverts eu 1860, et nenl' antres ports ouverts depuis cette époque. Les Français peuvent louer des maisons et des magasins pour y déposer leurs marchandises, affermer des terrains et y bâtir des habitations, des entrepôts, des églises, des hôpitaux, des hospices, des écoles et des cimetières, dans des concessions pour quatre- vingt-dix-neuf années, fixées

d'un commun accord par nos consuls et les autorité» locales. Le régime de la douane est déterminé, de même que les formalités de l'embarquement et du débarquement des marchandises, l'autorité des consuls français sur leurs nationaux et leurs relations avec les fonctionnaires impériaux.

L'administration des douanes chinoises, créée avec des fonctionnaires européens dans le but de garantir à la France et à l'Angleterre le paiement des indemnités de guerre qui leur étaient dues, est aujourd'hui la principale ressource financière du Céleste- Empire. Les traités portaient qu'un tiers du personnel devait être composé d'Anglais, un tiers de Français et que le troisième tiers pouvait appartenir aux autres nationalités. Mais le directeur général, sîr Robert iïart, étant Anglais, nos compatriotes sont loin d'occuper toutes les places que leur réservaient les traités.

Le mouvement de la navigation dans les dixueuf ports ouverts a été, en 1887, de plus de £3 millions de tonneaux. Sur ce chiffre :

Le pavillon auglais figure pour 14,171,810 tonneani

— allemand — 1,400,083

— japonais — 306,000

Le pavillon français figure pour 180,890 tonneaux.

— danois — 92,064 —

— hollandais — 68,236 —

— américain — 66,529 —

— russe — 51,335 —

Le reste est absorbé par les pavillons chinois et non dénommés.

L'Angleterre fait en Chine, avec son opium et ses cotonnades, environ la moitié du commerce du Céleste-Empire qui se chiffrait, en 1888, par 1,186,466,000 fr., dont 627,605,000 fr. pour l'exportation, et 558,861,000 fr. pour l'importation .

La France importe peu en Chine, mais en exporte pour 135 millions environ, dont 115 millions de soie.

Nous n'occupons, abstraction faite du Japon *, puissance asiatique, que le 4 e rang.

Nous trouvons en effet, avant nous, en 1888 :

L'Angleterre, avec 297 maisons de commerce et 3,682 nationaux ;

L'Allemagne, avec 71 maisons de commerce et 607 nationaux ;

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