Le ministre d'Italie est actuellement M. Pansa
2. Le chargé d'affaires de Belgique est actuellement M. Loumyers. Nous avons eu le plaisir, en juin 1891, de faire une traversée, sur le Salazie des Messageries maritimes, avec co diplomate distingué, précédemment à Berne.
3. L'Autriche-Hongrie a pour ministre, en 1891, M. de Biogeleben, accrédité en môme temps près des cours du Japou et du Siam.
tions venaient d'autres personnalités, sir Eobert Hart et le révérend Scott, bishop des missionnaires anglais, évêque qui porte élégamment la culotte et les bas de soie.
Sir Robert Hart mérite une mention spéciale.
Il est directeur des douanes chinoises et en même temps, par son expérience des affaires du Céleste- Empire, le vrai ministre d'Angleterre à Pékin. « Il sait, disait un de ses adversaires politiques, concilier ses devoirs à regard de la Chine avec le loyalisme anglais et avec les besoins du commerce britannique 1 . » Il a entre ses mains le budget chinois, et sa puissante organisation lui
1. « Il (sir Robert Hart) est ici (à Pékin), dit le correspondant du Temps, comme' une sorte de ministre . britannique occulte agissant à côté du représentant officiel de la reine. H s'efforce toujours d'aiguiller dans le sens le plus favorable aux intérêts anglais la politique du Tsong-li-yamen. Son intervention lors de nos dernières difficultés avec la Chine est connue, et c'est à lui, à ses conseils malheureusement trop écoutés de nos correspondants d'alors, que nous devons la conclusion d'un traité qui, sans lui, eût pu être infiniment plus avantageux pour nous. » Le correspondant du Temps ajoute que, pendant que la France le récompensait de ses bons offices par le grand cordon de la Légion d'honneur, l'Angleterre le nomma, immédiatement après (le 23 juin 1885, le traité de Tien-tsin fut signé le 9) son ministre à Pékin, et que la seule raison de la non-acceptation de sir Robert Hart fut le désir exprimé par lui et auquel
permet, à l'aide de quelques secrétaires choisis et de toute nationalité, de diriger le développement économique de cet immense empire. Le collège, la poste, etc., relèvent de son administration.
Homme du monde parfait, il a un salon très recherché. Comme c'était la reine qu'on fêtait ce soir-là, il avait abandonné son brillant costume des douanes impériales et était en habit noir, tout entier au loyalisme qu'il devait montrer pour sa souveraine.
La société diplomatique de Pékin n'a pas, en été, de nombreuses distractions. Un bal est donc toujours pour elle une bonne fortune. En hiver, ils sont quotidiens, et, dans la journée, on patine sur l'emplacement ou, l'été, on joue au lawn-tennis. Les jeunes gens et quelques dames montent à cheval : on organise même des courses. Puis il y a la chaise, les longues excursions en Mongolie et en Mandchourie, le séjour aux temples, les déplacements au Japon, à Tché-fou, les retours
la Chine refusa d'accéder, que son frère, M. James Hart, le remplaçât dans ses fonctions d'inspecteur général des douanes maritimes chinoises.
DB HANOI A PBKIN.
périodiques en Europe. Cette fête du jubilé de la reine d'Angleterre fut splendide.
Nos fêtes du 14 juillet sont également célébrées en Chine avec beaucoup d'éclat, et nous ne terminerons pas ce chapitre sans noter avec plaisir que, bien qu'elles tombent à l'époque où les ministres vont en villégiature, la plupart se font un devoir d'y assister. Les ministres d'Allemagne et d'Italie, ainsi que sir Robert Hart, n'y manquent jamais.
La politique chinoise. — Le Tsong-li-yamen. — La force d'inertie. — L'exclusivisme. — La France et la Chine. — Conclusion.
Nous connaissons maintenant le corps diplomatique européen. Essayons de nous rendre compte des relations politiques qu'on peut avoir avec le pouvoir central.
Il est un axiome dont la vérité ne saurait être mise en doute un seul instant par quiconque a vécu en Chine ou a tant soit peu pratiqué les Chinois, c'est que, dans ce pays, tout, du petit au grand, se fait ou se passe à l'inverse de l'Europe. Qu'il s'agisse de mœurs ou de coutumes, d'histoire ou de politique, de morale, de linguis-
tique, ce qui est blanc chez nous est noir en Chine et réciproquement. En Europe, il ne serait pas poli de recevoir un visiteur le chapeau sur la tête ; en Chine, si quelqu'un vient vous voir, il faut se hâter de se couvrir ; nous écrivons en lignes horizontales et de gauche à droite, les Chinois écrivent leurs caractères en lignes verticales et de haut en bas ; dans nos idiomes, on place toujours le prénom avant le nom de famille, en chinois, le prénom doit invariablement suivre le nom patronymique. Enfin, pour abréger ce parallèle que Ton pourrait étendre davantage, dans tous les pays du monde civilisé ou qui se prétendent tels, les représentants d'une puissance étrangère accrédités auprès d'un souverain sont reçus par ce chef d'État et lui remettent leurs lettres de créance. Il en est ainsi en Europe, en Amérique et en Asie même, où les ambassadeurs voient les empereurs, les rois, les présidents de République, le sultan, le schah, le mikado. En Chine, il va de soi nécessairement que le contraire a lieu. Jamais un ministre étranger n'est admis à voir le Fils du Ciel dont la face de dragon — c'est ainsi qu'on appelle son gracieux visage —
ne saurait être souillée par les regards profanes des barbares. Pour les vrais Chinois, nous ne sommes que des barbares : les Grecs et les Komains considéraient d'ailleurs comme tels tous les étrangers.
En 1873, lors de la majorité de l'empereur Tong-tché, prédécesseur du souverain actuel, et Dieu sait après combien de démarches, de pourparlers et de tournois diplomatiques, les ministres résidant à Pékin ont pu être reçus par un souverain chinois, sans être astreints à la cérémonie humiliante du ko-téou que sont obligés d'exécuter, de par les inexorables rites, les envoyés des souverains vassaux de la Chine, autrement dit les porteurs de tributs.
D'ailleurs, pour les Chinois, leur empereur n'est pas un homme : le ta-houang-ti, le grand empereur auguste, comme ils le dénomment, est plus qu'un être humain revêtu, non de la pourpre, mais de la soie jaune impériale. C'est une idée abstraite, un symbole de la souveraineté absolue du pinceau de laquelle dépend l'existence de quatre cent millions d'individus. Peu importe quel est l'homme qui personnifie cette
idée, jeune ou vieux, intelligent ou stupic
, actif
ou nonchalant, en tutelle ou régnant par luimême. On ne le voit d'ailleurs pas, et les peintres, encore moins les photographes, ne sont pas autorisés à reproduire son image céleste. Il est inconnu de tous et vit au fond de son palais. Mais cet être est le ki-houang-ti, et lorsque le la-houan<j-U a parlé, il n'y a plus qu'à s'incliner. Il faut avoir vu le respect avec lequel les Chinois prononcent cette expression magique, et celui qui les étreint quand ils aperçoivent le sceau impérial sur un décret ou sur un document émané du palais, respect mêlé de crainte et d'adoration, pour se faire une idée de la puissance de l'empereur de la Chine '■
Le souverain actuel, l'empereur Kouang-Siu (le reverdissement de la gloire !), se trouve pour ainsi dire encore en tutelle, l'impératrice régente étant encore sa conseillère, — on sait ce que ce mot peut signifier en politique. — Il est
1. Nous avons vu, à la fin du chapitre X, consacré ,i l.i coin impériale, que dans les provinces éloignées de Pékin cette puissance de l'empereur de la Chine tend singulièrement à diminuer. Mais, on apparence du moins, elle subsiste tout entière.
peut-être destiné à disparaître tout à coup un beau jour, comme son prédécesseur Tong-tché dont la mort n'a pas cessé d'être fort mystérieuse. Mais il importera peu au pays. Un autre enfant sera choisi pour porter le titre deta-homng-ti, et le changement de souverain n'aura aucune influence sur la politique extérieure de la Chine, qui, comme on le verra tout à l'heure, est basée sur des principes immuables et presque antédiluviens, légués par les anciens sages et diplomates chinois.
Il nous semble, à tort ou à raison, que les chefs d'État européens n'auraient pas dû recevoir officiellement, ainsi qu'ils l'ont fait, les ambassadeurs du Fils du Ciel, alors que les leurs ont eu tant de peine à pénétrer dans le palais impérial de Pékin. Les nations européennes ayant traité avec la Chine sur le pied de la plus parfaite égalité, — c'est l'expression diplomatique, — il devrait y avoir réciprocité. Nous choyons les ministres chinois et leur suite en robe longue, nous les invitons à nos fêtes, nos gouvernants les traitent avec courtoisie, tandis que nos ministres sont exclus, sauf des cas très exceptionnels, du palais de Pékin, n'assistent à aucune cérémonie officielle
chinoise et paraissent être ainsi des intrus dont lii présence dans la capitale est à peine tolérée.
Se ltasant sur le précédent créé en 1873, — on sait qu'à cette époque, les ministres étrangers lurent admis à contempler la « face de dragon » de l'empereur T'ong-tcbé, — le corps diplomatique essaya, à l'occasion de la prise des rênes du pouvoir par le jeune empereur, d'obtenir une audience analogue, mais sans succès. Les journaux de Chine nous ont fait connaître que tout récemment, par un coup de théâtre inattendu, l'empereur a annoncé qu'il daignerait dorénavant recevoir les représentants des puissances étrangères une fois l'an, dans le courant du premier mois de l'année, et qu'à l'issue de cette réception, ceux-ci seraient invités à un festin donné par le Tsong-li-yamen, auquel, bien entendu , Sa Majesté n'assisterait pas.
Mais les Chinois sont nés malins. Le décret impérial déclare que l'audience aura lieu dans un petit édifice situé en dehors de l'enceinte du palais impérial et où l'empereur ne va jamais. C'est dans ce petit palais isolé qu'a eu lieu la réception de 1873. Les ministres étrangers seront
donc traités encore plus mal que les envoyés des pays tributaires, tels que les Coréens, les Thibétains et les Birmans, qui, eux au moins, sont admis dans le palais impérial. C'est comme si le Président de la Képublique, au lieu de recevoir un ambassadeur étranger dans le grand salon officiel de l'Elysée, allait l'attendre dans la loge du portier du palais ! ! L'empereur sauve sa face aux yeux de ses sujets. Il veut continuer à faire croire que les souverains dont il reçoit les représentants ne sont point ses égaux, il tient à les faire passer pour ses inférieurs, pour ses vassaux ! La politique étrangère en Chine est une politique d'effacement, de laisser-faire : on cède de tous les côtés, on se plie à toutes les humiliations et cela dans le but d'obtenir pour soi des avantages commerciaux trop souvent illusoires. L'entente ne règne pas toujours dans le camp
1. La question d'audience, qui s'est posée lors de la réception collective du 5 mars 1891, se pose de nouveau au moment où MM. Lemaire, ministre de France ; Gassini, ministre de Russie, et de Biegeleben, ministre d'Autriche-Hongrie,. vont, à la fin de l'année 1891, être reçus. Le dilemme est le suivant : audience au tal-ho-sien, c'est-à-dire dans l'intérieur du palais, ou pas d'audience. C'est la seule manièro d'éviter toute équivoque.
des diplomates; chacun cherche trop, selon mie expression vulgaire, « àtirerlacouverture à soi ».
Nos représentants à Pékin traitent les questions avec une sorte de conseil des relations extérieures dit Tsong-li-yameti; les représentants chinois ne devraient être reçus que dans nos ministères des affaires étrangères. Les ministres étrangers n'ont de rapports officiels qu'avec le Tsong-H-yamen, composé de onze membres, ignorants des choses d'Europe, de la politique générale, de la géographie même du monde 1 . Il serait inutile de leur demander des détails sur les pays étrangers : cristallisés dans leur orgueil national, imbus de préjugés classiques puisés dans les anciens auteurs, enveloppés de leur suffisance, ils ne songent qu'à une chose, garder intact le prestige du ta-kmantj-ti et du pays.
La politique du gouvernement chinois à l'égard des puissances étrangères repose sur des principes transmis de génération en génération par les hommes d'Etat du Céleste- Empire. C'est identiquement la même, l'histoire est là pour noue ser-
H[uis du Tstug i.'kiit il
vir de témoin irrécusable, que celle dont il a fait usage depuis un temps immémorial, vis-à-vis des petits pays qui l'environnaient comme autant de satellites, la Mongolie, le Turkestan, la Birmanie, le Siam, l'Annam, la Corée; elle consistait alors à semer la division parmi ces États remuants, qui comptaient sur l'éloignement pour pouvoir secouer le joug suzerain du Fils du Ciel, et à profiter de leurs discordes et de leurs rivalités intestines. C'est le divide ut imperes des Romains, que les Chinois, naturellement profonds diplomates et astucieux politiques, avaient inventé, comme ils ont fait de toutes les choses, longtemps avant eux.
Cette politique du Céleste-Empire a été formulée par un historien de la dynastie actuelle, Ouéi-yuan, qui occupa de hautes fonctions à la cour de Pékin : « J'ai vu qu'à plusieurs reprises les dynasties précédentes s'étaient servies avec succès des peuples méridionaux contre leurs voisins*. Que l'on sache donc profiter des discordes de nos ennemis, et l'on n'aura pas besoin d'employer toutes les forces de l'empire pour les réduire, d Elle a réussi contre les États voisins,
elle réussit encore aujourd'hui contre les puissances européennes : « Attaquer les barbares à l'aide des barbares, y fan kong fan », tel est le principe fondamental delà diplomatie impériale, qui y ajoute ses roueries, son astuce, sa chinoiserie et quelquefois sa mauvaise foi, qui excite les étrangers les uns contre les autres, qui jouit souvent de leurs rivalités et sait en profiter habilement.
Cette constatation a été très bien mise en lumière, en ce qui concerne les Européens, à propos des événements de 1891, dans un bulletin du journal le Temps du 21 août. Voici ce que dit notre grande feuille française :
« Les Célestes se sont toujours plu à jouer au plus fin avec les barbares étrangers. Ils ont su pendant longtemps exploiter leurs rivalités, les opposer les uns aux autres, les annuler mutuellement. C'est là un procédé auquel ils ne renoncent pas volontiers, et ils sont fort étonnés de voir qu'à l'heure actuelle le sentiment de la solidarité l'emporte chez les représentants des puissances sur les petites et mesquines jalousies internationales.
« A en croire le Daily News, cette surprise se serait naïvement exprimée. Le cabinet de Pékin se serait plaint au cabinet de Berlin de l'attitude du ministre d'Allemagne, M- de Brandt, qui se serait joint aux ministres de France et a Angleterre dans leurs démarches. Il aurait fait observer qu'aucun sujet allemand n'ayant souffert en mai dans les émeutes, et les missions de Chine ne touchant pas directement T Allemagne, il n'y avait point de motif à cette communauté d'action.
« La protestation est curieuse. La Chine y trahit le secret de sa récente assurance. Elle croyait pouvoir compter sur des divergences.
« Par bonheur, les puissances ont compris la leçon de ces dernières années. Elles ont constaté par une expérience fâcheuse que rien ne coûte plus cher à l'Occident que de continuer, dans l'Extrême-Orient, les luttes et les compétitions auxquelles il peut sans inconvénient majeur se livrer sur son propre terrain. Quand ce serait là l'unique résultat de la diplomatie un peu égoïste et à courte vue de certains cabinets, lors du séjour en Europe du trop fameux marquis de Tseng, il ne serait pas à dédaigner.
350 DE IIAXCII A PÉKIX.
a Un homme qui connaît admirablement Chine, où il a résidé pendant des années comme envoyé d'un État du premier rang, formulait ces jours-ci, dans une revue anglaise, le principe fondamental de la politique européenne dans ces lointains parages. II le résumait en ces mots : solidarité, projets concertés, action commune. C'est en faisant front ainsi à la Chine que le monde civilisé parviendra à garantir la sécurité de ressortissants.
a II découlo un autre avantage de cette communauté d'action. Une puissance isolée peut être tentée de s'engager dans la voie d'une politique aventureuse. Elle peut croire de son intérêt de fomenter des désordres, de favoriser la substitution d'une dynastie à une autre, de prêter les mains à l'établissement de la nouvelle féodalité des mandarins de premier rang.
« Toutes les puissances ensemble ne sauraient pratiquer qu'une politique éminemment conservatrice. Les différents intérêts, les visées diverses se font contrepoids. Il eu résulte un équilibre stable.
« Quand l'Europe agit comme Europe, avec la
ses
im-
conscience de son unité et le respect des droits mutuels des parties intégrantes de ce grand tout, elle n'a pas seulement une force irrésistible parce que les canons des escadres française, anglaise, russe, etc., réduiraient aisément au silence les batteries des Célestes * ; elle est aussi contrainte de suivre une ligne de conduite dont la sagesse et la modération méritent tous les succès qu'elle remporte.
« Voilà pourquoi aujourd'hui, l'alpha et l'oméga de la politique occidentale en Chine, c'est le concert loyal des puissances. »
À cela il faut ajouter la grande force des Chinois, la force d'inertie, contre laquelle on est d'autant moins armé qu'elle est moins tangible et moins sensible. Lasser la patience des Européens qu'il sait toujours pressés de rechercher la solution d'une difficulté, tel est le mot d'ordre
1. Il se trouvait, en octobre 1891, dans les ports chinois 46 vaisseaux de guerre des puissances étrangères avec 324 canons. L'Angleterre avait 20 vaisseaux avec 139 canons, la France 8 avec 53 canons, les États-Unis 6 avec 46 canons, la Russie 4 avec 40 canons.
L'Espagne et l'Allemagne en avaient chacune 2 avec 22 canons, l'Italie 1 avec 12 canons et le Portugal 3 vaisseaux avec 8 canons.
du gouvernement central à tous ses agents prc viiiciiiux. Cédant à une pression quelconque ou contraint par la force, le seul argument auquel les Orientaux n'ont jamais pu trouver de réplique, le gouvernement impérial accordera bien par un traité, sur ie papier, certains avantages ou certaines stipulations, mais il fera souvent ce qu'il a fait au lendemain de la guerre de 1860, durant laquelle il fut écrasé par l'expédition franco -an glaise, il enverra dans les provinces des instructions invitant toutes las autorités, grandes et petites, à entraver par tous les moyens possibles la mise à exécution des traités.
Non seulement les Chinois désirent l'isolement politique, mais, par leurs procédés fiscaux, sous la forme de U-kin ou taxe intérieure, ils peuvent très aisément rendre illusoires les traités de commerce, car le li-kiu varie suivant chaque province, et les mandarins ne se font pas faute de l'augmenter au point qu'il devient souvent une véritable prohibition.
Lorsque le commerce arrive, en utilisant les grands cours d'eau comme le Yang-tsé-kiang, à en amoindrir les effets, alors, comme on l'a vu,
en 1891, àl-chang, sur le moyen fleuve Bleu, éclatent des troubles, des incendies, des assassinats qu'on ne manque pas d'attribuer à d'autres causes, mais qui répondent au désir des mandarins et des lettrés de décourager les Européens.
C'est pour cette raison qu'on ne compte en Chine que six mille Européens environ 1 , parmi lesquels il faut comprendre les nombreux employés des douanes impériales.
Les Chinois ne comprennent pas d'ailleurs le droit des gens comme les nations européennes. Ainsi, en 1884, une proclamation des autorités supérieures invitait les Célestes du Tonkin, de Saigon, de Singapour et de Penang à détruire les navires français et à empoisonner nos nationaux. Sir Harry Parkes, ministre d'Angleterre 2 , protesta énergiquement auprès du Tsong - li yamen qui nia, mais manifesta, dit ce diplomate, une inquiétude qu'il n'aurait pas laissé voir si, pour son propre compte, il n'avait su que mon assertion était fondée.