Les Contens, III
être et ses jeux faisaient pressentir sa gloire future. Écoutez le père de Tun d'eux :
Quelquefois il se veut armer, Tant il a desja de vaillance; D'une broche il vous fait sa lance, Puis son espée est la culier; Après il prend pour son bouclier Le couvercle d'une marmite.
Et, à celle fin qu'il imite Entièrement un vrai soudard Qui est armé de toute part, Au lieu d'un morion à creste.
11 met la marmite en sa teste.
[Les Desyuisez, II, 1.)
Ce sont là jeux inoiTensifs; mais gare à qui irrite le futur Hercule! « Quand j'estois en maillot, dit le Capitaine des Tromperies, j'arrachay un œuil à ma nourrisse, parce qu'elle me vouloit menasser *. » « Je n'avois pas quinze ans que je fis ce que je te vas dire. Estant en un cabaret où il n'y avoit pas beaucoup à manger, se trouva un fendant qui coup à coup prenoit tout ce qui estoit de bon au plat. Moi, qui suis tousjours plus prest à quereller qu'un Allemand à boire, voyant qu'une autre fois ce gourmand y remettoit la main, chacq! avec mon cousteau je la luy attachay sur le champ au plat, et, mettant l'autre main à la dague, je l'envisage d'un regard courroussé et le tiens tousjours ainsi attaché jusques à ce que j'en disné. Le malheureux trembloit, l'hoste trembloit, les serviteurs trembloient. Que veux-tu? je les espouvantay de telle sorte qu'il ne se trouva personne qui, à la sortie, eust la hardiese de me demander un liard -. »