OBSERVATION X V
Péritonite tuberculeuse à forme pelvienne. — Salpingoovarile tuberculeuse double. — Laparotomie vaginale et ablation des annexes. (Condamin.)
V., B.., vingt-huit ans, couturière, demeurant à Lyon, 6, rue Confort, entrée le 9 février 1895, salle Sainte-Marie, n° 14.
Mère morte probablement tuberculeuse, père bien portant. Jeunesse délicate, dyspnée et sueurs nocturnes. Ces phénomènes s’amendent au moment de la menstruation.
Mariée il y a sept ans, à eu un enfant l’année suivante ; depuis ce temps-là, la malade souffre de l'estomac, hypochlorhydrie, vomissements fréquents. Depuis quelque temps, la malade va mieux, l'appétit est meilleur, mais la digestion toujours difficile.
Il y a six mois, la malade remarque que son ventre augmente de volume, elle attribue ce phénomène à un effort antérieur pour soulever un fardeau. Peu de souffrance malgré l'augmentation progressive de l'abdomen. La marche seule est un peu douloureuse.
Au mois de janvier 1895, la marche présente des signes non douteux de péritonite tuberculeuse, le toucher révèle un commencement de salpyngite des deux côtés. La laparotomie
est décidée, mais on la recule jusqu’à guérison de la pleurésie. -
Diarrhée abondante.
12 février 1895, — La malade entre à la Charité, la pleurésie est à peu près guérie, mais l’état général est plus mau-
vais qu'au moment de l’examen antérieur. La diarrhée a complètement disparu. Le ventre est un peu plus volumineux que normalement et la malade souffre beaucoup dans la région hypogastrique.
Au toucher vaginal on perçoit en arrière et de chaque côté de l'utérus des masses molles, douloureuses, empâtées qui refoulent l'utérus en avant. Le cathétérisme vésical nous apprend que la vessie est largement étalée de chaque côté.
14 février 1895. — Malgré un mauvais état général et une oppression très marquée la malade est endormie. Ponction et débridement du cul-de-sac postérieur.
On libère les trompes et les deux ovaires qui sont gros et remplis de petits abcès tuberculeux. Après avoir placé une pince à forcipressure sur leur pédicule on les excise.
Les deux trompes sont ensuite enlevées par morcellement ; nous les voyons couvertes de follicules tuberculeux. Pendant la décortication on ouvrit une poche qui laissa couler une certaine quantité de liquide séreux et qui vida la cavité péritonéale de l’ascite qu’elle contenait. |
Une éponge imbibée de pétrovaseline assure l’hémostase et maintient le trajet largement béant.
21 mars. — On laisse toujours dans la plaie des mèches de gaze iodoformée pour modifier les surfaces tuberculeuses.
La malade rentre chez elle améliorée, la douleur est moins vive et l’ascite a disparu.
21 mai. — La malade est revue. Son état général est meilleur, elle peut marcher sans être courbée en deux. L’émaciation a en partie disparu. Par le toucher on sent encore quelques masses dans les culs-de-sac où l’on maintient toujours de la gaze iodoformée. ;
La malade souffre encore un peu à la pression soit spontanément soit à la pression, mais beaucoup moins. Il n’y a plus d'ascite, la malade va partir à la campagne.
LR tee