‹ De l'ablation directe des annexes par la voie vaginaleChapitre 6 sur 31 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Nous nous proposons dans cet historique de rapporter quelles sont les opinions des différents chirurgiens sur l’ablation des annexes saines ou pathologiques par la voie vaginale.

En 1859 Atlée, d’après Bonnecaze, après avoir ouvert une collection du cul-de-sac postérieur par la voie vaginale, fut conduit à enlever l’ovaire envahi par un kyste dermoïde suppuré. Le succes couronna sa tentative. C’est là, croyons-nous, le premier cas d’ovariotomie vaginale.

Eu1869, Battey enlève par la même voie un kyste de lovaire de la grosseur d’une orange, mais ce n’était là qu’un fait accidentel et ce n’est que plus tard que ce chirurgien choisit de parti délibéré la voie vaginale comme voie d'intervention.

Gaillard Thomas ? en 1870, après s’être exercé sur le cadavre, entreprend cette opération pour une tumeur du volume d’une grosse pomme mobile dans le repli de Douglas. Après une paramétrite de quelques jours, la malade guérit. Une autre tentative du même chirurgien fut moins heureuse. Le rectum fut blessé et la malade succomba trois jours après.

Gilmore ? en 1873 enleva heureusement une tumeur de la trompe ayant le volume d’une orange. Le pédicule fut lié et suturé par trois fils avec la paroi vaginale.

Davis * en 1876 enleva par le vagin et avec succès une tumeur pesant 9 livres. On avait dû rompre avec la main quelques adhérences.

Dans un cas de Clifton Wing“ le diagnostic hésitait entre une hématocèle et une tumeur ovarienne. La tumeur qui s’insérait par un large pédicule fut énucléée du ligament large et la guérison fut prompte. Goodell® enleva après ponction une poche contenant 4 litres de pus.

Jusqu'à présent nous avons vu des cas isolés d’intervention sur l’utérus et ses annexes, À cette époque Battey fit connaître l’opération qui porte son nom. Pour lui, il faut intervenir de la façon la plus large possible : enlever les deux ovaires quand un seul est malade, faire la castration dans les troubles nerveux, enlever même l’utérus si l’inflammation est arrivée jusqu’à lui.

1 Gaillard Thomas, Americ. Journ.of medec., avril 1870. 2 Gilmore, New-Orleans med. and surg. Journ., 1873.

3 Davis, Boston med. and surg. Journal, 2 nov. 1876.

4 Clifton Wing, Americ. Gynek. Society, 1877.

5 Goodell, Die Krankheiten Ovarien.

ELEC

Nous trouvons en effet un rapport où l’auteur cite neuf cas d’ablation d’ovaire simple ou double. Les secondes lui ont toujours donné un résultat immédiat; quant aux premières, le chirurgien a été obligé de faire une seconde opération pour enlever l’ovaire restant qui,après quelques semaines, devenait la source de nouvelles douleurs.

Nous trouvons encore dans le journal de gynécologie Battey ‘. « Je rapporte un cas où j’ai enlevé les ovaires en pleine activité fonctionnelle, à une jeune femme dont la santé était menacée par un molimen excessif, Le résultat a été : une disparition des phénomènes nerveux et une guérison des inflammations du bassin : abcès et hématocèle. J’ai obtenu non seulement une suppression des métrorragies, mais encore des pertes menstruelles. Ces dernières ont été remplacées par de véritables hémorragies utérines survenant à des intervalles de trois à six mois et durant de deux à cinq semaines. »

Voici d’ailleurs le résumé que Battey fait lui-même de la question à la fin de l’article précédent : « Si grande est la sainteté attachée aux fonctions de l’ovaire, aussi bien au point de vue de la santé qu’au point de vue de la reproduction, que j'estime ne devoir livrer aucun de ces organes au bistouri du chirurgien, tant que tous les autres moyens n'auront pas êté reconnus inutiles. Néanmoins, je dois avouer que, dans aucun des cas où je n’ai enlevé qu’un ovaire, le résultat a été satisfaisant. Lorsque je considère les difficultés d’une seconde opération et la tendance qu’éprouve le deuxième ovaire à tomber en pro-

4 Battey, Trans. of. Amer. Gynec. Society, 1876.

ASE lapsus, je crois avantageux de faire d'emblée une opération plus complète. »

Nous venons de donner l’opinion nettement formulée d’un maitre, et l'opération de Batiey a trouvé des défenseurs, bien que la plupart de ses partisans se montrent moins entiers que lui et semblent enclins à plus de modération.

Si nous laissons de côté ce qu’il peut y avoir d’exagéré dans l’opération du grand chirurgien américain, une chose reste acquise, c’est que l'intervention par la voie vaginale a maintenant force de loi et a donné entre les mains de son pronateur d'excellents résultats.

Acceptée par les uns, repoussée par les autres, la plupart des chirurgiens sont arrivés à lui reconnaître cer tains avantages et avouent qu’elle peut rendre des services tout en conservant la laparotomie.

Cette dernière méthode à d’ailleurs des défenseurs qui veulent exclure absolument l’intervention par la voie vaginale.

Lawson Tait { enlevait au moyen de la laparotomie les annexes incapables de remplir leur rôle physiologique, et il prétend même que, « lorsque les annexes d’un seul côté sont atteints, l’opération pour donner à la malade un bénéfice durable et complet, doit être bilatérale ».

Sims ?, après avoir énuméré un certain nombre de cas où une intervention active s'impose au chirurgien, dit que: « dans certains cas bien rares, une ponction vaginale peut suffire, mais la plupart du temps on doit recourir à l’ablation, et alors la lsparotomie s'impose. »

4 Lawson Tait, Americ, journ. of Obstet,, 1887. ? Sims, British med. journal, 1887.

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