‹ De l'ablation simultanée du calcanéum et de l'astragale: postéro-tarsectomie totale, ses résultats éloignésChapitre 31 sur 45 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Fourneaux Jordan. Transaction clin. Society London.

Une jeune fille de 14 ans, Maria G..., fut confiée à mes soins à l’hôpital royal, avec toute apparence de carie de los calcanéum. Par une première opération avec la gouge, je crus avoir enlevé toutes les parties malades; mais les fistules ne guérirent pas. Une seconde opération à la gouge, plus étendue, ne fut pas suivie d’un meilleur résultat. Je craignis, comme d’autres chirurgiens l'avaient craint, que chaque opération à la gouge n’amenût plus d’ostéite et une carie plus étendue. Chaque opération était soigneusement suivie d’un repos absolu, prolongé, avec immobilité et élévation. Comme la partie : cariée semblait s'étendre dans la direction d’en haut et qu’une nouvelle fistule paraissait devoir bientôt s'établir aussi sur l’astragale, je me décidai à extirper le calcanéum et l’astragale.

L'astragale et le calcanéum furent enlevés. Les progrès furent satisfaisants sur tous les points ; il. n’y eut ni choc, ni réaction quelconque, de sorte qu’en dix semaines la plaie et les fistules étaient guéries et les mouvements actifs du pied ne causaient aucune souffrance. |

Une curieuse circonstance attira alors l’attention : on trouva que, non seulement le pied s'était graduellement raccourci, mais que les os tarsiens du premier rang ayant été enlevés,

ceux du second rang avaient en quelque sorte pris leur place, Les os scaphoïde et cuboïde étaient en partie sous les malléoles, le tibia et le péroné étaient ainsi tenus à quelque distance du sol quand le pied était posé à terre. Comment cela était-il arrivé? Probablement par l’action des muscles placés au-devant et aux côtés de la cheville. Dans cette action le tendon d’Achille ne pouvait avoir aucune part. Je craignais que le pied ne fléchit et ne prit une position vicieuse lorsqu'il supporterait le poids du corps, causant ainsi des désagréments. Cette crainte ne fut pas réalisée.

Il y a maintenant douze mois que l’opération a été faite et le pied ne peut être déplacé, ni par le poids du corps, ni par la main du chirurgien. Un appareil de contention est encore porté durant la marche. Le pied opéré est d’un pouce et demi plus court que l’autre: mesuré du bout de la malléole au bout du gros orteil, le pied sain a sept pouces et le malade cinq et demi. La jambe du côté opéré est plus courte d’un pouce et quart, mesurée du bord inférieur de la rotule au centre du talon.

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