‹ De l'ablation simultanée du calcanéum et de l'astragale: postéro-tarsectomie totale, ses résultats éloignésChapitre 39 sur 45 · MN SEM · texte numérisé non relu

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parties molles. Dans les cas de ce genre, où la peau du talon est conservée, M. Kocher préfère à l'opération de Mickulicz, ce mode d'opérer où le pied reste, vis-à-vis de la jambe, dans une position naturelle. Les résultats fonctionnels de cette méthode sont excellents. Le malade se montre plus tard à la clinique, le pied est en très bonne positionet le résultat fonctionnel est très bon.

Au printemps de 1890, la plaie est complètement guérie; on voit une cicatrice en fer à cheval autour du talon; derrière la malléole externe, il y a un point rouge, conséquence du frottement du soulier. Sous la peau du talon, on sent une masse fibreuse, point d’os; le scaphoïde s’est retiré en arrière sous la malléole interne, le cuboïde sous la malléole externe ; le pied est tenu dans une légère position équine, des mouvements actifs de 30 degrés environ sont possibles, surtout dans le sens de la flexion plantaire. La dernière phalunge du gros orteil du côté malade (gauche) est en légère flexion. La flexion dorsale de tous les orteils est un peu réduite; depuisla malléole interne à la pointe du gros orteil du côté gauche, 2r centimètres, du côté droit, 23 centimètres. La circonférence du mollet est de 28 à gauche et de 32 centimètres à droite. Le malade peut marcher sans soulier, mais il est un peu gêné par la flexion plantaire du pied; il. porte en général un soulier de Scarpa; il marche sans canne et fait sans inconvénients tous les travaux de maçon.

OBSERVATION XXI Isler. (Deutsche geitschrift für Chirurgie, 1891.)

W. E. tisseuse, 19 ans; le père mourut de tuberculose. Il y a 4 ans, elle se foula le pied droit en patinant; depuis ce temps, le pied enfla et la patiente a de violentes douleurs dans l'articulation tibio-tarsienne droite.

Elle entre à l'hôpital le 30 octobre 1888. Etat : tuméfaction notable de la région tibio tarsienne droite, surtout sur Îles peuts os. Sensibilité à la pression des deux malléoles. Les

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mouvements de l’articulation sont douloureux, mais ne sont que peu entravés. Pas de fièvre.

12 décembre. — Opération. Les deux malléoles sont réséquées, ablation totale du calcanéum et de l’astragale.

Résultat au 20 octobre 1889. — La forme du pied droit est très bien conservée. On peut constater une nouvelle formation d'os; il existe même une saillie talonnière. Aucune sensibilité à la pression. Le pied est dans un équin léger. Légère claudication. Marche facile non douloureuse. Etat général très bon.

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Distance du milieu du talon à | à droite, 20 centimètres. l'extrémité du gros orteil.... {à

gauche, 23 »

Distance du milieu du talon à | à droite, 16 » l'extrémité du petit orteil,.,. | à gauche, 18 cent. 5.

OBSERvATION XAII Cazin. (Revue d'orthopedie, 1895.)

Jeune homme de 19 ans, qui, en mars 1884, à l’âge de 9 ans, a été opéré par M. Cazin (de Berck), pour ostéite tuberculeuse du culcanéum et de l’astragale. L'opération a consisté en une tarsectomie postérieure totale, c’est-à-dire, en une ablation de l’astragalé et du calcanéum. Une fistule a persisté jusqu’au mois d'avril 1888. Aujourd’hui, toute trace de suppuration a disparu. Au point de vue anatomique, le résultat laisse un peu à désirer; l’articulation tibio-tarsienne possède une laxité anormale; l’avant-pied esttombant, le talon remonte et le pied en totalité glisse en arrière. Ceci tient à la reproduction incomplète de l’astragale; cet os, en effet, n’est représenté que par un petit noyau arrondi dont la forme et le volume sont bien loin de répondre à la forme et au volume de l’astragale normal. Le calcanéum, au contraire, est représenté par un massif osseux, volumineux, se rapprochant beaucoup de l’état physiologique et capable de servir de point d’appui solide au talon pendant la marche.

Au point de vue fonctionnel, le résultat ne laisse rien à

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désirer. Le malade appuie pendant la station et la marche sur toute l'étendue de la plante du pied. Sans doute celle-ci est plus plate et aussi plus courte qu’à l’état normal, mais il n’en résulte aucune gêne. En somme, ce fait peut être cité comme un résultat favorable en faveur de la tarsectomie totale postérieure. Il est à noter que l’opération a été faite dans l’enfance, à l’âge de 9 ans, circonstance importante pour une reproduction osseuse abondante.

OBSERVATION XXIIL Sabatier. (Thèse d’Audry).

Jean Faure, 13 ans, ostéite du calcanéum et de l’astragale. Ablation de ces deux os en juin 1889. En octobre 1889, résultats déja très bons, talon reformé, fongosités disparues, mobilité suffisante. Etat général intact. En juin 1890, pied cicatrisé depuis deux mois, solide, mobile, tout à fait indolent. Marche facile; pied un peu court, état général excellent.

OBSERVATION XXIV Ollier (Thèse de Dupond) (1).

Antoinette P., 36 ans; entrée le 17 décembre 1889. Pas d’antécédents héréditaires. Il y a deux ans : sueurs nocturnes, pas de toux, ni d’hémoptysie. Deux ganglions claviculaires gauches qui suppurèrent trois mois.

Il y a dix-huit mois, sans cause connue, elle ressentit une vive douleur vers la pointe de la malléole externe gauche, puis vers la la malléole interne et le cou-de-pied. La tuméfaction ne survint que peu à peu et la malade pouvait marcher. Il y a un an, douleurs rhumatismales (?) à l’épaule gauche qui disparurent au bout de deux mois. Il y a huit mois, en descendant du trottoir, elle fit un faux pas; le pied gauche fut dévié en dedans, une douleur aiguë apparut en même temps nn ds un Nas

(1) Lyon, 1895.

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qu’une légère tuméfaction au-dessous de la malléole externe.

Depuis, douleurs très vives et impossibilité de marcher. il y a deux mois, trois séances d’ignipuncture.

Actuellement : crépitation dans l'articulation astragalo-calcanéenne. Tuméfaction de toute la région malléolaire interne. Calcanéum gros, donnant la sensation d’un calcanéum écrasé. Point douloureux au niveau de la grosse apophyse. Collection fluctuante de l'articulation astragalo-calcanéenne. Rien aux poumons.

Le 28 décembre 1889, ouverture de la collection purulente; on enlève l’astragale, dont les cartilages sont à peu près intacts. Ablation du calcanéum atteint aussi d'infiltration tuberculeuse par noyaux isolés.

Vers le 24 mai dernier, cinq ans après l’opération, la malade présente un état général très bon, un pied en excel-

lente forme qui lui permet de faire d’assez longues courses, sans fatigue.

OBSERVATION XXV J.-L, Reverdin (Thèse de Patru, Genève, 1802).

Joséphine J., 10 ans, de Bonneville. Antécédents héréditaires inconnus. Rougeole en 1886, suivie à peu de distance de l’apparition d’une tuméfaction douloureuse dans la région tibio-tarsienne gauche, produisant bientôt l’impotence du pied. Séjour d’un an dans un hôpital, pendant lequel l’affection, traitée par le repos et l’immobilisation, reste stationnaire.

- En 1889, la tuméfaction ayant beaucoup augmenté, la fillette est amenée à l'hôpital de Genève, le 4 juillet. Status : enfant délicate, anémique, maigre, Rien de suspect aux poumons. Membre inférieur gauche atrophié et raccourci de 2 centimètres. Pied en varus. La palpation et la marche provoquent une vive douleur. Le calcanéum, les malléoles et lastragale sont sensibles. Mouvements très limités dans les articulations Qu pied. Quelques ganglions dans l’aine droite.

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6 juillet : opération. — Extirpation de l’astragale et du calcanéum. Excision des fongosités. Cautérisation au Paquelin. Suture des péroniers latéraux. Tamponnement à la gaze iodoformée.

Octobre. — Les os paraissent complètement réformés. Il ne reste qu'une fistule dans laquelle on injecte du naphtol camphré. Par l’etfet de ce traitement et de bains soufrés, la cicatrisation de la fistule, par laquelle on n’a jamais pu atteindre l'os, progresse activement.

Avril 1890. — L’opérée commence à marcher. Elle porte une attelle externe pour redresser le pied qui a de la tendance à se mettre en varus.

4 juin 1891. — L'enfant est dans un asile d’orphelins. La santé est excellente; elle est vive et mène l’existence active, laborieuse de ses compagnes. Le résultat orthopédique est, malheureusement, loin d’être brillant. En effet, le pied s’est peu à peu étendu en équinisme et a fini, grâce au manque de soins et de surveillance, par s’ankyloser presque complètement dans cette attitude vicieuse, en sorte que la malade n’appuie à terre que les orteils. Pris à part, le pied a conservé une excellente forme, le talon s’est même remarquablement reproduit. ;

Grâce à l’équinisme, le pied n’offre pas une base de sustentation solide : aussi une béquille est-elle nécessaire. À cette condition, la fillette peut marcher sans fatigue et prendre part aux jeux de ses camarades.

Le pied n’est le siège d'aucune douleur et n’a jamais présenté de nouvelles fistules depuis l'opération.

Mars 1892. — La jeune J. marche maintenant sans canne dans la maison et avec une canne-béquille pour les grandes promenades. Le jour où nous allons la voir, un dimanche, nous la trouvons dansant avec ses camarades d’orphelinat, sans le moindre appui, et avec un parfait entrain. Les mouvements passifs sont possibles quoique limités dans le cou-de-pied. Il est probable que l’on pourrait, en surélevant la semelle et le talon, en pratiquant du massage, rectifier peu à peu la posi-

tion vicieuse due à l’usage, malgré le raccourcissement d’une chaussure ordinaire.

Novembre 1899. — M. le professeur J.-L. Reverdin a bien voulu, sur notre demande, prendre sur cette malade quelques renseignements complémentaires, et nous communiquer la lettre suivante du D' Guy, de Bonneville, datée du 24 novembre 1899 : « La jeune J... marche avec une canne ; claudication légère. La marche n’est pas douloureuse, elle peut faire des promenades de deux heures et ne ressent alors qu'un peu de raideur le lendemain. Son pied est dans l'attitude d’un varus équin. L’an dernier elle à eu un peu de gonflement au niveau du cou-de-pied, symptôme que le massage a fait disparaître, La malade a une chaussure à talon élevé et ajoute dans l’intérieur de la bottine des morceaux de feutre qu’elle place sous le talon. » M. le professeur Reverdin fait la remarque que le traitement consécutif a été, à son avis, insuffisant et que, malgré ses conseils, on lui a fait porter une mauvaise chaussure.

OBsERvATION XXVI J.-L. Reverdin. (Thèse de Patru.)

Jean F..., 10 ans, écolier à Bonneville. Pas d’antécédents héréditaires, ni personnels. La maladie actuelle a débuté en décembre 1888, sans cause connue, par une douleur sourde du côté interne du talon droit Il se met bientôt à boiter et voit se former à ce niveau un abcès froid qui s'ouvre spontanément en mars 1889, donnant naissance à une fistule. Il est envoyé le mois suivant à lhôpital de Genève.

À ce moment, on constate que le talon droit est tuméfié, de consistance pâteuse ; le calcanéum est augmenté de volume. La fistule débouche à 3 centimètres au-dessous et en arrière de la malléole interne et conduit sur la petite apophyse du calcanéum qui est dénudée, mais non mobile. Elle laisse échapper du pus séreux. La marche, la pression au-dessous des deux malléoles réveillent une forte douleur ; les mou-ements sont

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