OBSERVATION XXVII
Phocas. (Archives provinciales de Chirurgie, 1893.)
J'ai enlevé chez un enfant, âgé de 11 ans et demi, les deux os du tarse postérieur (astragale et calcanéum) ; les deux os étaient soudés entre eux, et je n’eus qu’à les enlever d’une seule pièce. La mortaise tibio-péronière était si malade qu'il me fallut exciser 4 centimètres du tibia et du péroné. Pour cela l’incision externe a dû être agrandie par une incision de décharge verticale le long de la face interne du tibia.
A la suite de cette énorme résection, il restait une brèche tellement considérable, que je me suis demandé s’il ne fallait pas faire une suture osseuse et établir l’équinisme. Je me suis contenté de rapprocher un peu les parties et d’appliquer un appareil après avoir fait quelques points de suture.
Les suites opératoires ont été très simples. Il n’y a jamais eu de fièvre, bien que la plaie eût suppuré à cause du périoste malade qu’elle contenait. L'opération date actuellement de dix mois et le pied est déjà en assez bon état pour permettre la marche avec une bortine résistante. Il existe encore un peu de mobilité dans l'articulation, mobilité qui finira par disparaître. ,
L'enfant habite Busigny et le médecin m'a donné tout récemment encore les meilleurs renseignements. Voici les renseignements qui me furent donnés par M. le D' Havey, médecin traitant. Le pied pose par terre par toute la plante; l'articulation tibio-tarsienne est reformée et il existe des mouvements de flexion et d'extension, sans mouvements de latéralité ; les malléoles se sont reformées.
‘ Le pied opéré mesure 13 centimètres de longueur, le pied “sain 14.
Longueur du membre inférieur sain 31 centimètres. » » » opéré 29 centimètres.
La cicatrice est déprimée et profonde ; elle est parfaitement
fermée. Le D' Havey a eu l’extrème obligeance de m'adresser
en même temps les photographies du malade. On y voit les malléoles reformées, le pied posant par terre, le malade debout.
Le résultat ne laisse rien à désirer.