‹ De l'abolition de l'esclavage ancien en OccidentChapitre 31 sur 91 · DEUXIÈME PARTIE. II* SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. II* SECTION

sont conservés toujours et ont grandement fructifié. L’espèce de dépendance mutuelle qu’elle établissait entre le chef et son compagnon s’est étendue par la suite au maître et au serviteur , et sous ce point de vue, elle a certainement contribué à l’extinction de l’esclavage domestique.

Ce que Tacite dit des affranchis supérieurs aux hommes libres, chez les nations germaines gouvernées par des rois, nous montre le commencement des leudes, des antrustions, et doit s’appliquer évidemment aux individus qui avaient été esclaves de ces mêmes rois et en avaient reçu l’affranchissement. Les rois trouvaient naturellement en eux des hommes dévoués, et se les attachaient par des faveurs particulières. Le pouvoir extraordinaire attribué par l’historien latin à ces affranchis ne peut s’expliquer autrement.

Quant aux marques distinctives et extérieures de l’esclave en Germanie, nous voyons dans Tacite (i), que chez les Suèves, l’homme libre se distinguait de l’esclave par le privilège de relever ses cheveux, et de les attacher avec un nœud sur sa tête. Cette coutume se retrouvait chez d’autres peuplades germaines; mais ellenetait adoptée que par les jeunes gens, tandis que chez les Suèves, tout homme libre s’y conformait pendant sa vie entière. Martial et Juvénal parlent de cette même coutume, et l’attribuent, l’un aux Sicambres, l’autre aux Germains en géné-

(i) Tacite, de Germaniâ, cap. 38.

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