‹ De l'abolition de l'esclavage ancien en OccidentChapitre 33 sur 91 · DEUXIÈME PARTIE. — II* SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — II* SECTION

tions éparses dans Justin (l. 44» c. a, 5) et d’autres auteurs nous apprennent que l’esclavage personnel existait en Espagne, avant l’invasion romaine. Mais on ne découvre aucun détail sur le mode d’organisation de cet esclavage.

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FROCKtS ET INFLUENCE DU CHRISTIANISME , FENDANT LIE TEOIS SIECLES DE l’eNFIKE PAÏEN.

Depuis les premiers temps de l’empire, le christianisme avait commencé à propager sa morale pure au milieu de la corruption païenne. Tour-à-tour toléré et persécuté par les empereurs, il avait étendu ses ramifications dans toutes les parties du monde romain. Bientôt il allait monter sur le trône et subjuguer les maîtres de l’univers , et cette étonnante victoire ne fut que le résultat de l’influence progressive qu’il avait exercée sur les mœurs et les idées de ce monde ancien , si profondément attaché à ses préjugés. Je vais chercher comment cette influence progressive se rattache au grand fait de l’abolition de l’esclavage, comment la révolution déjà préparée reçut du christianisme une impulsion plus active, et pour cela je dois étudier rapidement les principes de sa doctrine primitive, la manière dont elle fut comprise par les hommes , les modifications qu’elle put recevoir, en se mêlant à leurs préjugés. Ceci me conduira à quelques développemens; mais la grande part du christianisme dans l’extinction de l’escla-

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vage a été fortement réduite , et même niée totalement par des auteurs récens, qui ont tiré de quelques faits de détail des conclusions beaucoup trop generales, et ont fermé en même temps leurs yeux à des faits d’une généralité évidente. Ils me semblent tout-à-fait injustes, et il est facile de leur répondre.

La doctrine chrétienne appelait les hommes, non plus par la force et la crainte, comme toutes les législations anciennes, mais par la seule conviction. Parlant au cœur plus qu’à l’esprit, elle invitait les hommes à l’union et à la concorde, au mépris des richesses et des plaisirs sensuels, regardés comme les félicités suprêmes par l’immense majorité de la société d’alors. Elle flétrissait les débauches ignobles dans lesquelles cette société était plongée. Elle rappelait à tous les hommes la sainteté du mariage , les obligations mutuelles de la famille ,1a nécessité de la soumission au maître, et de la résignation aux souffrances, en leur annonçant une récompense future, non plus vaguement réservée aux hommes qui se seraient distingués pour la patrie, mais promise à quiconque serait juste et vertueux, quelle que fût sa capacité intellectuelle, quel que fût son rang social; et ainsi elle proclamait ouvertement le principe le plus sublime auquel ait pu s’élever l’esprit humain, l’égalité de tous les hommes devant Dieu. Dieu ne connaît pas les distinctions sociales, Deus non novit perso nain. Il n’y a point de distinction devant le Seigneur, non est acceptio personarum apud Dominion, disait saint Paul, appelant les Gentils à la

conversion (i). Ce dogme, qui nivelait tous les rangs et toutes les races dans le régime spirituel, avait été, nous l’avons vu, pressenti par les esprits les plus élevés du paganisme; mais maintenant il était proclamé à haute voix; il était payé de la vie des apôtres, au lieu de rester caché dans les livres de quelques philosophes, comme une sorte de rêverie sans consistance. Chose singulière! cesnouveaux etardens prédicateurs sortaient du peuple juif, celui de tous les peuples qui était le plus entier dans son individualité, le plus éloigné de se mêler par des alliances, ou même par de simples relations avec les autres peuples de la terre.

Le dogme de l’égalité de tous les hommes devant Dieu est présenté par les premiers apôtres comme l’expression générale de la capacité de tous les hommes à devenir chrétiens, à embrasser la foi nouvelle, profession tonte contraire aux idées des Juils, qui réservaient strictement la parole de leur dieu aux descendans de Jacob ; mais lorsque la voix de l’apôtre a retenti dans une contrée et a proclamé la foi nouvelle, ceux qui repoussent cette foi, et s’obstinent dans leurs erreurs, sont rejetés en dehors des élus, et à jnste titre abandonnés de Dieu. Cette condamnation spirituelle pèse d’abord sur les Juifs, qui ont méconnu la voix du régénérateur, et ont fermé les yeux au spectacle de ses souffrances et de ses miracles. La destruction de la ville indigne et le rejet des Juifs sont annoncés dès l’évangile même.

(i) Ép n et m aux Romains.

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