‹ De l'abolition de l'esclavage ancien en OccidentChapitre 80 sur 91 · CINQUIEME PARTIE. • - II' SECTION. C.HAP. I · texte numérisé non relu

CINQUIEME PARTIE. • - II' SECTION. C.HAP. I

sigoths, l’esclave admis à être témoin dans certains cas, à défaut d’hommes libres; nous avons vu le client (buecellarius ) pouvant à sa volonté changer de maître, en résignant la terre qu’il cultivait. En outre, comme les Goths avaient accepté le christianisme, plus facilement qu’aucun autre peuple barbare, la communauté de religion entre les vainqueurs et les vaincus influa plus rapidement qu’ailleurs pour l’adoucissement des mœurs. Ainsi, le Breviarium A nia ni, première compilation de lois donnée par Alaric II à l’Espagne conquise, prohibait les mariages entre Goths et Romains, et maintenait une distinction légale entre les deux races. Dans le Forum judicum , la distinction des races a disparu, et les mariages sont permis de l’une à l’autre. La nation est classée en individus libres et esclaves qui ne peuvent s’allier entre eux : les hérétiques seuls sont rejetés tout-à-fait en dehors. Déjà en 6i5, Sisebut avait violemment persécuté les Juifs. En 633, un concile de Tolède, plus modéré que Sisebut, ordonna d’instruire leurs enfans dans la bonne doctrine (i). En 683, un autre concile, le treizième de Tolède, défendit aux maîtres de tolérer que leurs esclaves restassent idolâtres. Le mélange des deux races, victorieuse et conquise, se voit bien par les noms des évêques, qui ont signé les procèsverbaux des derniers conciles. La moitié se compose de noms gothiques, (a)

(i) Concile de 633, Canon 57 . Ce canon défend de forcer les Juifs à se faire chrétiens. — Aguirre. Collect. des concil. Esp.

(a) Histoire d’Espagne, tora. 1 , pag. 344, par Rosseeuw Saint- Hilaire.

FIN DE L’ESCLAVAGE EN ESPAGNE. 4û I .

Dans le Forum judicum ou code Visigoth, les esclaves sont partagés en idonei ou boni et en viles.

Les premiers étaient les esclaves domestiques qui étaient assez bien traités; les seconds étaient les esclaves de la campagne. Comme dans la législation romaine depuis l’édit de Constantin, l’esclave ne pouvait être tué ou violé impunément : du reste, il était sans recours légal contre les mauvais traitemens du maître. Les dispositions des deux ordonnances de Constance et d’Honorius, (i) qui défendent de séparer le colon de la terre qu’il cultive, n’ont point été inscrites par les conquérans dans leur code. Ils adoptèrent celles qui défendaient aux Juifs et aux païens d’avoir des esclaves chrétiens.

Les affranchis étaient maintenus dans un état secondaire, par des réglemens imités et en grande * partie extraits du code Théodosien. Ainsi ils devaient perdre la liberté en cas d’ingratitude envers leurs anciens maîtres, devenus leurs patrons (a'). Ils étaient astreints à divers services envers eux, et devaient toujours les accompagner à la guerre, comme le leude accompagnait son chef. Ces obligations subsistaient du fils de l’affranchi au fils du patron, et ne pouvaient être supprimées que par un acte légal, lequel consistait ordinairement dans la donation de l’affranchi à une église ou à un saint (3). Mais les évêques ne pouvaient donner la dispense, de leur pro-

(1) Code Th. aux titres Sine censù, et de Annonâ.

(a) For. Jud., liv. v, lit. 7, I. 9 et suivantes.

( 3 ) For. Jud. liv. v, lit. 7, 1 . 18, loi de Recesvind.

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