CINQUIÈME PARTIE. 11* SECTION. CHAP. II
que lentement , comme tous les grands changemens qui se font dans la nature. L’usage de la vente des captifs s’est prolongé dans les villes voisines de la Méditerranée, comme un reste de l’ancienne barbarie, et ce n’est pas le seul que l’on puisse signaler dans notre Europe occidentale. Ainsi, le pillage des bâtimens naufragés par les habitans du littoral est demeuré habitude, après avoir été, dans le moyen âge, un véritable droit sous le nom de laganum . Cette habitude , qui n’épargnait guère plus la vie du naufragé que son bien, a longtemps résisté à toutes les défenses légales : elle s’est maintenue dans le nord de l’Ecosse et sur les côtes de Bretagne , presque jusqu’au commencement de notre siècle. Ainsi, le droit d’aubaine sur le bien de l’étranger a été longtemps conservé , de prince à prince, de baron à baron, par l’imperfection des communications , et par les préjugés des peuples, les uns contre les autres. Ainsi, le droit de rançon , autorisé par la guerre, était exercé de Français à Français, avec une grande âpreté, du temps de la ligue. Sully lui - même, dans ses mémoires, compte les bénéfices qu’il a faits sur ses prisonniers. Si je voulais tracer l’histoire complète de notre civilisation moderne, il me faudrait reproduire l’histoire de ces usages barbares, et le dernier que j’ai cité, le droit de rançon, touche de bien près au droit d’esclavage. Mais je dois me borner au sujet que je me suis proposé, et j’espère en avoir suffisamment décrit les phases principales.
TABLE DES MATIÈRES
Considérations préliminaires, plan de l’ouvrage. i
Considérations sur l’origine de l’esclavage. 4