A MES CONCITOYENS
La question des octrois , si palpitante d'intérêt, s'agitant partout, je fus appelé « comme beaucoup d'au 1res, à prendre part à de nombreuses et ctialeureuses discussions ; mais dans ces tournois d'éloquence improvisée ce qui me frappa le plus, fut ma complète ignorance.
J'étais séduit par l'idée philanthropique de la suppression des octrois, et cependant j'obéissais à un sentiment de retenue que me dictait ma raison.
Les octrois ont été supprimés en Belgique , pourquoi ne les supprimerions-nous pas en France?
Cet impôt frappe les aliments du pauvre , qu'il disparaisse !
Voilà ce que je disais ; voilà ce que je voulais écrire.
Et cependant ma conviction n'était pas entière ; et ellp n'était pas entière parce que je parlais de cette question sans l'avoir approfondie , sans la connaître même.
Ce qui est pardonnable à ceux dont tous les moments sont comptés ne l'est guère aux oisifs , et, sentant tout le poids de ce juste reproche intérieur, je me suis misa étudier, par l'histoire des chiffres ; à étudier consciencieusement etavectouleTindépendance qu'aucun ne pourra jamais me conteçler.
C'est le résultat de ces éludes que je soumets à vos appréciations ; mon but sera rempli sMl vous conduit à vous entretenir désormais de la question des octrois avec éonnaissance de cause.