SITES
l'appendice cæcal tantôt manquer complètement, tantôt n'exister qu'à l’état rudimentaire ou former plus souvent encore un simple tubercule.
Autenrieth (dans 7ritschler, Diss. inaug. med. chir. sistens observationes in hernias præcipue intestini cæci. TUBINGUE. 1806) cite un cas dans lequel le cæcum, n'offrant aucun vestige d'appendice, remplissait le sac d’une hernie inguinale et un second cas analogue, observé chez une femme hydropique, où une hernie inguinale droite contenait le cæcum, lequel était d’un volume médiocre et ne présentait pas trace d’appendice.
Meckel (1812, in his Handbuch der Path. Anat., Vol. I, p. 599). en disséquant le cadavre d'une femme, ce qui fut fait avec soin, trouva le cæcum ainsi que les parties adjacentes dans l'état normal et ne présentant aucune adhérence ; mais il n'y avait point d’appendice cæcal.
Puchelt (HEIdDELBERG. Alinische annalen, vol. 17, p. 53%), dans ses recherches sur les abcès de la fossse iliaque, rapporte le cas d'un jeune étudiant mort de cette maladie, dont le corps présenta à l’autopsie les particularités suivantes : Le péritoine était parfailement sain, mais la partie postérieure du colon ascendant, vers son milieu, était adhérente aux muscles. En rompant cette adhérence on mit à découvert l'entrée d’un abcès de la grosseur d'un œuf d'oie. A partir de cette ouverture, le trajet fistuleux se dirigeant en dehors vers la marge de la crête iliaque, venait s'ouvrir extérieurement en une fistule stercorale ; l'os ilion était carié: les muscles iliaque interne et psoas étaient ramollis, suppurés, noirâtres. À peine existait-il vestige de l’appendice vermiforme.
L'auteur qui traduisit l'ouvrage de Merling dans le journal médical l'Expérience, ajoute : « On peut joindre à ces faits cités par Merling le cas communiqué par Fursteneau à l'Académie des Curieux de la nature (Acta acad. nat. curios, t. IX, p. 16) et celui publié par le docteur Gaube dans le Magasin de Rust (Rusr. Magasin für die gesammte Heikunde, t. XIX, p. 361) ».
re SUR
2° Observations rassemblées par Dailey dans Surgery, gynecology and obstetrics
John Fergusson (1891, Am. J. Med. Sc., v. 101, p. 61) observa dans 200 dissections, où son attention était portée spécialement du côté de l’appendice, un seul cas où l’on pût dire que l’appendice était complètement absent.
J.-C. Oliver (14891, Cin. Lanc. Clin., vol. 27, p. 203) à l'autopsie d’un enfant mort d’une obstruction intestinale, ne trouva pas d’appendice cæcal. 11 n’y avait cependant aucun signe de péritonite ni aucune corde fibreuse rattachant les intestins.
J.-D. Bryant (1893. /V. Y. med. Journ., vol. LXIX, n° 14. p. 508) rapporte le cas d’une jeune fille opérée, chez laquelle on ne trouva aucun appendice. Ce cas parait douteux, le rapport étant peu concluant.
Zuckerkande aurait eu un cas authentique de cette anomalie, mais dans son article (äber die Oblit. der darmfortsatz bei Mensch) il conclut à l’oblitération et non à l’absence de l’appendice.
Roberts (1896. Ann. Surg., vol. XXITD cite un cas dans lequel le cæcum n'offrant aucun vestige d’appendice, remplissait le sac d'une hernie inguinale droite. Il dit qu’on pouvait examiner librement le point de jonction des trois bandes musculaires.
J.-M. Swan (1898. 7rans. Phila. Path. Soc., \ol. 18, p. 38) nous présente un exemple bien observé sur le corps d’un homme de 40 ans. Il avait pris soin d'éliminer toute maladie antérieure, toute anomalie de position et toute intervention chirurgicale.
Deaver (dans la 3° édition de son livre sur l’appendice, 1905), note un cas de Robinson Byron, dans lequel non seulement lappendice, mais encore le cæœcum, étaient absents. C'est une observation d’autopsie. Il cite aussi Dorance comme ayant eu un cas de ce genre.
G. Picquard (Bull. soc. Anatom. de Paris, vol. 68, p. 602), présente un exemple. d'absence complète d’appendice. Le cæcum
RE er
était de dimensions normales et l’on ne remarquait aucune trace de maladie ou d'opération.
Fawcett et Blatchford (1900, Journ. Anat. and Phys., vol. 34, pp. 20-25) examinèrent 350 cadavres et trouvèrent un cas d’absence totale de l’appendice. Il n’y avait aucune trace d’inflammation.
Huntingdon (Anat. of peritoneum and abdomen, p. 249), décrit deux cas d’absence totale de l’appendice appartenant au musée de l'Université de Colombie.
Jacob Michaux (1902. Va. Med. Seminouthly, vol. 7, p. 242) cite deux exemples qu’il observa chez deux jeunes femmes opérées par lui. Dans un cas, il semble avoir établi d'une façon indiscutable l'absence congénitale de l’appendice. Le second cas est loin d’être au-dessus de toute critique.
J.-M. Dillard (1903. Va. Med. Seminouthly, vol. 8, p. 418) rapporte le cas d’une femme de 30 ans, opérée pour un déplacement des annexes, et chez laquelle il ne put trouver d’appendice. D’après son rapport, cette absence de l’appendice paraît évidente. Cet auteur ajoute même : « Il ne s'agissait pas ici d’un cas d'appendice rétropéritonéal ou caché, mais bien d’une absence véritable ».
Herman Schridde nous présente le cas d’un enfant mort de tuberculose. A l’autopsie, on trouva un cæcum plus long que de coutume et présentant 6 haustra (bosselures). Malgré des recherches approfondies et minutieuses, on ne trouva aucune trace d’appendice.
Marshall et Edwards rapportent un cas d'agénésie de l'appendice observé chez un homme mort du choléra.
A l’autopsie on ne put constater aucun signe de péritonite, ni aucune autre anomalie congénitale. L'appendice était absent, mais au microscope on trouva, à l'endroit d'implantation de cet organe, une invagination superficielle de la muqueuse du cæcum qui s’éenfonçait entre les fibres des muscles circulaires de cet
intestin. Cette invagination représentait sans doute un appendice rudimentaire.
Daiïley mentionne encore les cas de Tarenetsky (Mémorres Acad. d. sc. de Saint-Pétersbourg) et de Lafforgue (Journ. Internat. d’Anatomie, 1893) cités dans plusieurs bibliographies, mais il dit que les originaux ne peuvent être trouvés dans les bibliothèques de Washington et de Chicago.
A tous ces exemples, Dailey ajoute un cas observé par lui-même et parfaitement décrit. Nous présentons les propres termes de son rapport :
« En faisant une autopsie à la Morgue (25 janvier 1940), je trouvai un cæcum sans appendice. Il s'agissait d’un homme de couleur, âgé de 40 ans, qui avait trouvé la mort dans un accident. Pensant qu'il pouvait s'agir d’une absence apparente de l’appendice, une dissection soignée fut faite. Or, les trois bandes musculaires longitudinales se réunissaient à la face interne et postérieure du cæcum à trois centimètres environ au-dessous de la valvule ilio-cæcale. Le cæcum lui-même était de conformation normale. La séreuse fut complètement enlevée du cæcum et du colon ascendant, pour voir si un appendice vermiforme dégénéré ne se trouvait pas logé entre l'intestin et le péritoine. L'intérieur du cæcum fut, de même, exploré avec un grand soin, mais on ne trouva pas la moindre trace d’un orifice d'appendice. Le péritoine était parfaitement lisse et glissant, non seulement dans la région iliaque mais encore dans tout l’abdomen. Il n’y avait ni adhérence; ni anomalie d'aucune sorte. Un examen minutieux de tout l'abdomen et du thorax fut entrepris dans le but de découvrir d’autres anomalies congénitales, mais on ne trouva rien. On ne constata non plus aucune trace d'intervention chirurgicale.
H.-C. Bryant et A. Bailey Williams étaient présents à l’au-
topsie.
ue 7 Qu
Il nous reste à citer le cas de Irving Haynes que nous trouvâmes traduit dans la Gazette des hôpitaux et le cas observé par M. le professeur Frælich.
3° Le cas de Irving Haynes fut publié dans American Journal of Surgery (année 1907). Il fut traduit, par Gardner, dans la Gazette des hôpitaux (année 1907). Son titre est : « Absence congénitale de l’appendice et péritonite pelvienne chez un garçon. »
Un garçon de 14 ans, après avoir pratiqué à l’excès le sport du traineau sur une colline à pente rapide. avec un butoir en bas qui lançait le traineau et ses occupants à trois ou quatre mètres en l'air avant de les faire retomber (les occupants du traineau reposant à plat ventre dessus), est pris de crampes abdominales violentes, fièvre, mauvais état général. Flexion des deux cuisses. Signes de péritonite. Pas de vomissements. A l’incision, on ne trouve pas d’appendice. A la place de cet organe, il y a une petite masse graisseuse analogue à une masse épiploïque, large d'environ deux centimètres et demi, sans aucune structure intestinale, mais pourvue d’un petit mésentère spécial avec une petite artère.
La convergence des bandes du cæcum, la proximité de la valvule iléo-cæcale, la présence du repli vasculaire de Trèves, ne laissaient aucune place pour le doute. Auprès de ce vestige de l’appendice, il y avait une zone de la paroi cæcale rouge, d'à peu près un pouce de diamètre. On le mit hors d'état de nuire en l’enfouissant. En cherchant plus vers la ligne médiane, on trouva tous les intestins agglutinés et, en les séparant, on arriva sur une cavité d’où il s’évacua une centaine de grammes de pus épais et très fétide. Drainage. Guérison. Cette pelvipéritonite était absolument indépendante de la fosse iliaque droite. Haynes l’attribue au passage des microbes à travers les parois intestinales froissées par l’abus du traineau.
4° Le cas de M. le professeur Frœlich parut dans le numéro du
CAES
{°° septembre 1910 de la /?evue médicale de l'Est, sous le titre : «Absence du cæcum et de l’appendice chez une fillette qui aurait eu deux crises d’appendicite ». Nous reproduisons cette observation :
M. Frœælich présente une fillette de 9 ans qui fut adressée dans son service parce que, six semaines auparavant, elle aurait eu une atteinte grave d'appendicite avec fièvre, vomissements et points de Mac Burney. Il y a quinze jours, elle aurait eu une deuxième atteinte non moins grave.
A son entrée, on ne constate plus rien dans la fosse iliaque droite, l’état général est bon, sauf la température vespérale qui tous les soirs est de 57°2,
Le diagnostic d’appendicite avait été porté par un médecin distingué et un chirurgien consultant, tout à fait compétent, l'opération à froid fut décidée.
Le ventre ouvert, nulle trace d’inflammation ni dans le péritoine, ni du côté des intestins, ni du côté du grand épiploon.
Le gros intestin fut amené à l'extérieur et on constate qu'il n'existe ni CæCum, ni appendice. Le gros intestin est très mobile et se continue directement avec l'intestin grêle. Ce dernier est placé à la terminaison du gros intestin, au point où l’on devrait rencontrer l’appendice. Les bandelettes côliques se dirigent vers l'intestin grêle. Celui-ci est plus étroit et comme elfilé sur une longueur de quatre centimètres environ à son point d'union avec le gros intestin. Nulle trace d’inflammation. Nous étions en présence d'une malformation congénitale. Quant à l'affection qui a donné lieu à l'erreur de diagnostic, nous ne pouvons faire que des hypothèses. L'enfant aurait eu un volvulus, une invagination passagère ou même une obstruction intestinale.
Lt desc
Discussion des cas
L'absence congénitale de l'appendice aurait donc été constatée une trentaine de fois environ.
Devons-nous accepter tous ces cas comme véritables et conclure, sans discussion, à leur authenticité absolue, ou bien ne devons-nous pas avoir, pour certains d’entre eux, une certaine défiance ?
Si nous considérons, d'une part, les nombreuses causes d'erreur qui peuvent tromper l'observateur le mieux averti, et, d'autre part, certains rapports plus que succincts, nous devons convenir que les auteurs de ces rapports ne nous apportent pas des preuves suffisantes d’une authenticité évidente.
Parmi tous ces cas, quels sont ceux que l’on doit considérer comme ayant, au point de vue de l’authenticité, une valeur absolue ?
Considérant tous les cas rassemblés par Merling, Dailey estime que le seul cas vraiment authentique est celui de Meckel. Ce cas fut, en effet, constaté au cours d'une autopsie, ce qui permettait une dissection minutieuse, et aucune trace de maladie ne fut relevée par l'auteur.
Massa, Morgagni, Haller ne nous donnent aucune description de leurs cas et se contentent de les mentionner. D'où impossibilité de se prononcer sur leur valeur.
Hunter et Auteurieth nous présentent des cas observés au cours d'opérations chirurgicales. De plus, leurs descriptions insuffisantes ne nous permettent aucune
PT
conclusion. Sans les rejeter complètement, nous devons penser que ces soi-disant absences de l’appendice ont très bien pu n'être que des cas d’absence apparente.
Quant au cas de Puchelt, il est manifestement faux, car l'organe était. détruit par une abondante suppuration.
Les observations recueillies par Dailey sont beaucoup plus satisfaisantes ; elles ont ce grand avantage d’avoir été observées par des auteurs contemporains et sont, en général, plus détaillées. D'après Dailey, un grand nombre de ces cas sont au-dessus de toute critique. Il donne comme cas d’une authenticité évidente les cas des auteurs dont les noms suivent : Oliver, Swan, Fawcett et Blatckford, Picquard, Michaux (cas n° 1), Byron Robinson, Huntingdon (2 cas), Schridde, Marshall et Edwards.
On voit ainsi qu’à part le cas de Jacob Por qui est un cas chirurgical, Dailey n'accorde une authenticité réelle qu'aux cas qui furent constatés au cours d’autopsie. Parmi tous les cas chirurgicaux, il ne fait exception que pour ce cas de Michaux. Cet auteur, pour Daïley, aurait établi d'une façon remarquable et sur des preuves solides l'absence congénitale de l'appendice.
Quoique le rapport de Bryant soit, paraît-il, « peu concluant », et bien que le deuxième cas de Jacob Michaux soit loin d'être « au dessus de toute critique », les autres cas de Dillard et de Roberts paraissent cependant vraisemblables ; mais Dailey, nous l'avons déjà vu, déclare que les cas recueillis sur les tables d’opération doivent être considérés comme suspects et n'être