‹ De l'Absence Congénitale de l'Appendice Cæcal: Apport d'un Cas NouveauChapitre 16 sur 22 · TYPE D’ANOMALIE · texte numérisé non relu

TYPE D’ANOMALIE

Prenant anomalie dans son terme général devant s'appliquer à toutes les espèces de déviations organiques, Isidore Jeoffroy Saint-Hilaire en donna la définition suivante : « L’anomalie est une déviation du type spécifique ou, en d'autres termes, toute particularité organique que présente un individu comparé à la grande majorité des individus de son espèce, de son âge et de son sexe ».

Or, nous savons depuis Cuvier, Buffon, Daubenton, Edwards Milne, que l’appendice, à part quelques exceptions (orangs, gibbons), est un organe propre à l'homme. Il fait partie des caractères spécifiques de l'espèce humaine et son absence constitue une anomalie.

D'autre part, le même auteur, envisageant les anomalies d’après leur degré de déviation du type spécifique, a divisé celles-ci en deux groupes spéciaux :

1° Les anomalies simples ;

2 Les anomalies graves, auxquelles il accorde le qualificatif de monstruosités.

Comme on ne savait pas très bien où devaient finir les premières et commencer les secondes, I. Jeoffroy Saint-Hilaire a essayé de préciser les limites qui séparent les deux sortes d'anomalie en donnant une définition de l’anomalie grave ou monstruosité. Il a alors défini la monstruosité de la façon suivante : « La monstruosité est une anomalie très grave, rendant difficile ou impossible l’accomplissement d’une ou plusieurs fonctions, où produisant chez ceux qui en sont affectés une conformation vicieuse apparente à l'extérieur très différente de celle que présente ordinairement leur espèce ».

L'absence de l'appendice, on le voit par cette définition, ne peut rentrer dans le deuxième groupe d’anomalies. C'est une anomalie simple.

De quel type est cette anomalie? Les anomalies différent entre elles suivant les causes qui ont présidé à leur formation.

1° L'anomalie peut être due, dans certains cas, à une exagération de la tendance qu'ont tous les êtres vivants à différer plus ou moins de la forme ancestrale et à s'individualiser à l'excès par l'apparition d’un caractère nouveau. C’est ainsi que se modifient les espèces et se créent les races. Cette tendance peut être favorisée par le concours de circonstances particulières provenant du milieu où vit le sujet ;

2° D'autres fois, par la mise en jeu de causes plus spéciales, le type spécifique peut être plus gravement

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atteint et aboutir aux formes très déviées qui constituent les anomalies graves et les monstruosités véritables ; |

3° Enfin, il est aussi d’autres déviations du type spécifique qui sont étudiées en tératologie dans le groupe des anomalies simples. Ce sont les faits d’atavisme, le retour aux types primitifs qui s’observe parfois sur certains représentants des espèces actuelles.

Il arrive quelquefois, en effet, que l’évolution d’un organe ne se poursuit pas chez un individu isolé jusqu’au point qu’elle atteint d'ordinaire dans l'espèce à laquelle il appartenait. L'organe subit un arrêt de développement ; il reste à un stade ancestral. Ce cas tératologique joue alors le rôle d’un type de passage, en nous fournissant une des phases intermédiaires de la transformation subie par l'organe. Ainsi, un cas de pentadactylie chez un animal ayant ordinairement moins de cinq doigts, le développement d’un métacarpien et l'apparition d’un doigt supplémentaire chez le cheval, la présence d’un rudiment caudal prolongeant le coccyx chez l’homme, etc. doivent être considérés comme un simple retour à l’état ancestral. Ce sont là des anomalies d’un ordre absolument spécial, que nous ne devons pas confondre avec les déviations organiques franches ; elles sont simplement le résultat d'un retour vers un type ayant vécu autrefois, et non le produit d’une irrégularité.

Ce sont ce qu'on est convenu d’appeler des faits de réversion, des anomalies réversives, anomalies pour les individus vivant actuellement.

L'absence de l’appendice n'étant ni une anomalie

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