HISTORIQUE
Depuis Cuvier, Buffon, Daubenton, Milne-Edwards, nous savons que l’appendice cæcal manque chez les mammifères sauf chez l’homme ; quelques singes (orangs, gibbons) et quelques rares exceptions signalées par Cuvier (le lagomys et le wombat). Daubenton et Buffon décrivirent, chez le gibbon, un appendice beaucoup plus long que chez l'homme ; Milne-Edwards, dans ses Leçons, établit que les anthropoïdes seuls, parmi les singes, possédaient un appendice.
Nous verrons plus haut que cet appendice est dû à une transformation du cæcum ; que cette transformation s’est opérée au cours de l'évolution de l'espèce, par suite d’un genre d'alimentation spécial et que, dès lors, il fait partie des caractères actuels de l'espèce humaine.
Nous verrons de même, qu'en vertu de la grande loi de l’hérédité, cette propriété mystérieuse qui constitue
Le l'agent fixateur de la forme chez les êtres issus les uns des autres, l'absence de l’appendice constitue, pour l'individu chez lequel elle est observée, une malformation congénitale.
Les premiers cas qui furent signalés datent de l'époque de Morgagni qui, lui-même, observa cette malformation chez l'homme, malformation d'un intérêt d'autant plus grand à cette époque qu'on s'occupait, alors, beaucoup des usages probables de l'appendice et de son rôle physiologique.
Vers la même époque, d'autres anatomistes signalèrent, chez quelques sujets, l'absence totale du processus vermiforme (Massa, Hunter, Haller, etc.).
Merling, élève de Tiedemann, à Heidelberg, dans son ouvrage sur l'Anatomie pathologique de l'appendice du cæcum, paru en 1836, et qui fut traduit en France dans un journal médical l’Expérience, s'efforça le premier de rassembler tous les cas signalés jusqu'alors.
Plus récemment, Dailey, dans un article paru dans une revue anglaise Surgery, Gynrecology and obstetrics, où il reproduit les cas déjà signalés par Merling, en rassemble un certain nombre d'autres observés par différents auteurs et par lui-même.
Dans notre ouvrage, nous reproduirons tous ces cas, en y ajoutant un cas de Irving Haynes, paru en 1907, dans American Journal of Surgery, et le cas publié récemment par M. le professeur Frœlich, dans la Revue médicale de l'Est.
Nous verrons plus loin que si certains de ces cas sont douteux et susceptibles de recevoir une autre explication, quelques-uns, bien observés, ne permet-