‹ De l'abus des nudités de gorgeChapitre 5 sur 12 · DIVISÉ EN DEUX PARTIES · texte numérisé non relu

DIVISÉ EN DEUX PARTIES

d'observer les loin de l'un sans violer celles de l'autre? Et comme le Clirestien ne doit estre animé que de l'Esprit de Jésus-Christ et que le monde suit toujours l'esprit du Démon, il est évident que Ips Clircsliens doivent fuir ce que le monde recherche, blâmer ce qu'il autorise, et avoir de l'aversion pour ce qu'il aime.

Noua voyons par une Funeste eipérience que le monde approuve les muiilcz en la personne îles femmes, imtis pouvons donc Inrdiincnl los désapprouver, ou plutost nous devons les condamner, et nous opposer avec d'autant plus de zèle & cet abus criminel, qu'il esl appuyé par un long usage et qu'il a passé en coûtume.

En effet, ce mal est si grand et si contagieus, qu'il est devenu commun presque a toutes les femmes et à tontes les filles de toutes sortes de conditions, et qu'il a, pour ainsi dire, répandu son venin en toutes sortes de liens.

Ce n'est pas seulement dans les maisons particulières, dans les bals, dans les ruelles, dans

les promenades, que les femmes y paroisaenl la gorge nue, il y en a qui par nno lemérile effroyable Tiennent insulter à Jésus-Christ jusqu'au pied des Autels; et comme si le Démon so vouloit servir d'elles, non seulement pour prophaner la sainteté des Églises, mais pour en violer !'jvmtinmié , elles y viennent blesser

lea yeux des pins innocens et des pins justes, et donner la mort à ceux qui sont encore foibips et dianceians dans la vertu. Les hommes se retirent dans les Temples, comme dnns des ailles où Satan n'ose presque les attaquer, et ail bien souvent il ne peut les vaincre; mais ce qu'il ne peut faire par luy-mesme, il lo fait par les femmes qu'il y conduit, et qui, par la nudité, honteuse de leur gorye, de leurs bras, de leurs épaules, attaquent, blessent et vainquent ceux qui croyoient cslre en scarole , et font ainsi triompher le Démon dans les lieux tnesmea destinez au triomphe de Jésus-Christ.

Les Tribunaux mesme de la Pénitence, qui devroient estre arrosez des larmes de ces femmes mondaines, sont prophanei par leur

nudité, et les Anges, qui assistent avec respect et avec crainte à la sainte Table, frémissent d' indignai ion et d'horreur, voyant qu'elles y vont aïec une posture non seulement immodeste, mais quelquefois impudente et lascive.

Je ne m'étonne pas que le monde applaudisse à ce désordre, puisqu'il en est l'auteur; mais je ne puis concevoir comment les gens de bien demeurent dans le silence, ci souffrent cette abomination sans parler et sans se plaindre comme s'ils estoient sans voix et sans piété. Ne diroit-on pas qu'il y a une défense publique de se scandaliser de ces objets indécens, ou que l'on croit que nostre Dien n'est pas plus clairvoyant que les fausses divinité! des Payons, qui avoient des yeux et ne voyoient pas ccui qui venoientlcs adorer dans leurs Temples? Où en sommes-nous et qu'espérons-nous de nostre sili'iu'i! cl de nosti'i! là! hcli- ! l'uisquo nous connoissons la grandeur du mal, pourquoy ne tâchons nous pus d'y apporter du remède?

S'il csl vray, tomme on n'en sraurait douter, qu'une femme moi! este est également agréabb; à Dieu el aux liommes, Il n'est pas moins certain qu'une femme sans modestie (loi! déplaire aux hommes tomme elle iléplaist à Dieu. Ou, pour parler le langage de l'Ecriture', s'il est vray que c'est grâce sur grâce, qu'une femme modestement vestue, qui donne des marques de sa sainteté par sa pudeur, il est indubitable que c'est crime sur crime, qu'une femme vestue à la mondaine, qui fait douter de son innocence par sa nudité; c'est un crime, parce qn'elle pèche contre la pudeur, c'est un double erime, parce qu'elle fait pécher contre la pureté, et qu'en mesme temps qu'elle se rend coupable, elle travaille avec le Démon à faire des criminels.

L'Apùtrc S. Paul 5 avoit prévcii tous ces

maux, el, pour y ri: m (ji! ici', il oulomia que les 1 Ec:l., 2fi. Cralia sr|n:r jiratiiirri millier îiinrii cl |>n- 1 1. Tira., c. 8. Similiter el mulierei in babitu ornato,

femmes ne pnrnssr-nt (htss I^s Eglises qu'avec des habits modestes , omees de pudeur et de di;*fli'(!>, non |).'!s iVnr !■[ île [lierres ]>i-t' c-1 ■ »u s : telles qun iloivi'iil iHn' des [Vînmes tllii rlii'inir^ r dont les vestemens mesmo font reeonuoUIre la pieté, et dont le port et la démarche sont une preuve ou du moins un indice de la sainteté de leurs actions. Sans doute Ses loinmes devraient s'étudier à suivre exactement ce conseil de l'Apâtro, et les hommes devraient faire leurs efforts pour le faire observer, puisqu'il n'est pas moins utile aux uns qu'aux autres. Cependant les femmes le violent sans scrupule , et les hommes le voient violer sans émotion,

Tachons du moins d'imiter le zélé de S. Jeun Cil risos tome ', et, si nous ne pouvons empescher ce dérèglement, efforçons-nous avec luy de faire connoiïtic h ces femmes, quelle est

ctinibiis, aul mira, aul niurgimlis v.'l yratc prrtiosji : icd quod dccpl mulieras, promillenloi pielatein par opéra

' CsiivsnsT., in top. 3, l. ad Tir».

la grandeur de leur faute quand elles viennent dans l'Eglise avec des liabils indci'ens, et, si je l'ose dire, comme à dcmi-nuus. Venez-trous dans la Maison de Dieu comme au bal , leur dit ce grand homme? Vencï-vous dans le Sanctuaire pour y faire des conquêtes et pour y satisfaire voire sensualité? ¥ venez-vous pour attaquer Dieu ou les homme» 1 ? Et ne songezvous pas que vous y serez portées dans un cercueil pour y servir de pâlurn au» vers? El ceries, cette pompe, celle mollesse, celln nudité iifl'cdi'Tj, ont-elles du rapport a l'état de sappliantcs cl de criminelles î Conviennent-elles il des persnnncs qui doii'cnl di'tnandrr misrricorde, et sont-ca là de bonnes dispositions pour pleurer ses péchez et pour en obtenir le pardon?

Revenez donc de vostre aveuglement, 6 femmes mondaines! rsrliiws du siècle, idolâtres do lu vanilé! Souvenez-vous que Satan

1 Li première édition ajoute ici : • Ne vraci-voui dans r-f. lir-.i Suitii , |i"Mr y rldi'r vii-liv crir|js? f'niU-;] y dresser l'nslro lilV » Crlle plirjM- a e'-Lii siipiinajOL' sinis doute parle Censeur royal.

est le prince du monde, et qne vous devenez ses subjeles à mesure que trôna vous conformez aux maximes que le monde vous propose, et que vous suivez les abus qu'il a introduits 1 Hé quoy! la seule magnificence de vos habits et la seule superfluité de vos ornemens ont fait gémir tous les Saints qui en ont clé les témoins! Que diroienl-ils maintenant s'ils voyaient que tonte cette pompe n'aboutit pas seulement à flater votre vanité ci votre orgueil, mais encore à favoriser l'impureté, et à inspirer à ceux qui vous regardent des désirs illicites et des pensées sensuelles: Faut-il faire tant de dépenses pour couvrir son corps, et cependant le laisser à demy-uu? N'est-ce pas l'offrir en quelque sorte aux hommes du siècle, que de l'exposer ainsi à leurs y eus et à leur concupiscence?

En effet, ne doivent elles pas appréhender qu'on leur reproche d'aimer trop le monde et de souhaiter avec trop d'ardeur d'en estre aimées; que ne fVnil-cIlca pnml pour luy plaire? Elles consument les biens de la fortune et perdent les biens de la grâce ; et quand par leur

pompe et par leur immodestie ' elles sollicitent les libertins à les regarder, ne peut-on pas dire,

qu'elles iti'vif'iuitiiL sniililiililca il celle IV'iunii:

dont parle Ezéchicl 1 , qui taclioil par ses soins et par ses richesses d'acquérir l'amitié de ceus qui la regardoient, et, s'il m'est permis de me servir de ces termes pour exprimer la pensée de ce Prophète, qui achetoit sa prostitution, an lieu que les antres 1a vendent.

Songez, songez, que dans vostre Baptême vous avez renoncé aux Rompes et aux vanitez du monde, et faites réflexion que, par vos ornemens inutiles et vos nuditez honteuses, vous pratiquez ce que le monde enseigne de plus dangereux et de pins impie. Hélas ! ne le croyez point, c'est un trompeur qui ne tâche qu'il ious séduire, et qui ne peut jamais vous rendre heureuses ny contentes quelque promesse qu'il vous fasse. Vous ne devez point faire alliance avec luy puisqu'il est vostre ennemy et le rival

' La première cdilkra met nudité.

'' ]i:n:i].,f. l(i.Oi:iiiilii;r T]:nvlndbi!ï ilnnlur nsrrcr.-lrs : lu oolcui duiiih mi'rmks lundis uiiutiiribus toit, Cit.

de vostre Dien. Et si vous estes assez foihlns ef anez malheureuses pour consentir k ce qu'il demande de tous, contre vous-mesmes, si voua

nu pouvez VOUS résoudre à qui tlfi' c itlicrf mciit vostreluxe, et à couvrir vostre nudité; faites du moins quelque différence entre la Maison du Seigneur, qui cal consacrée par la célébration île nos Mystères, et celles qui sont prophanées par Se, libertinage du siiicte ; entre les liens destinez à la prière et à la pénitence, et les lieux propres an divertissement et à la joye. Pourquoi voulez -vous étendre l'Empire du Prince du monde au-delà des bornes qu'il s'est luy-mosme prescrite»? H ne prétend avoir do jurisdiction que sur les lieux prophanes, et par voire immodestie vous le faites régner mesme dans les lieus saints. Apprenez que vostra nudité devient une espèce de sacrilège dans les Eglises, si elle n'est ailleurs qu'un simple péché, et n'oublie* pas qu'elle attire sur vous un double châtiment, puisqu'elle y méprise et outrage ouvertement le Seigneur en même temps qu'elle scandalise ou séduit les hommes.

Qui ne seait que Dieu est jaloux du respect qu'on doit avoir pour ses Temples, et que le

2l':Ii' diî su maison donl il est coiuihi 1 ili'vofi'r , ilil le Prophète ', ne luy permet pas de laisser Bans punition ceux qui la prophanent. De quelle sévérité n'usa-t-il point contre ceux qui faisoient un trafic légitime dans le Temple île Jérusalem, et qui vendoient des animaux pour estre employci aux Sacrifices ? Et quel châtiment ne doivent pas attendre ces femmes mondaines, lesquelles bien loin de contribuer au Sacrifice, et de favoriser le séle de ceux qui viennent offrir leurs vœux à Dieu, comme faisoient les marchands que Jésus-Christ chassa du Temple, deshonorent le plus auguste de tous les Sacrifices, et détournent ou corrompent l'intention de ceux qui y assistent et quelquefois de ceux-là mesmes qui le célèbrent; lesquelles étalent toute leur beauté dans les Églises d'une manière si criminelle , qu'elles font une espèce de commerce d'impureté entre elles et ceux qui les regardent ; lesquelles enfin plus coupables que les vendeurs ' Ptal. 68. Zolua doraus tus comedifmo.

du Temple qui ne vouloient que gagner de l';n';|cnl sans faire- tort an culte ilu Seigneur, ne songent qu'à gagner des eœurs pour les ravir à Dieu.

Que je plains celles qui paraissent vaines el coquettes dans les lieus saints, où elles ne devraient faire voir que de la contrition et de l'humilité 1 ; mais aussi que je crains pour ceux qui ne fuyent pas leur rencontre, ou qui, détournant leurs yeuï de dessus l'Autel où repose le vray Dieu, les jettent sur ces idoles superbement et iui modestement icstuës. 11 y a toujours du péril aconsiilérerattentivementunebcllegorgr nui; et il y a non. seulement un grand danger, mais une espèce de crime de la regarder avec attention dans l'Église, et en même temps que l'on offre le saint Sacrifice de nos Autels. Car, Jésus- Christ estant alors réellement et véritablement

1 Çc.Ua phrase. est liittïnile rlnus la jimti irro éditien : t (lue ji! plains colles [[ni affectent (le aire voir ce qu'elles ont de beau cl do charmant ilaos les licui Saints, où elles ne devraient tiire parn^li-e ly.l? dr. la contrition et de l'humilité. >

1 Dans la première édition , le mot sué', qui a sa voleur ici, n'eiistc pas.

■S» !s ce>

présent, il me semble qu'on lny fait injure de luy çréférer une femme,, on du moins de partager nostre attention et peul-eslre nos vœux entre luy et elle, et de demeurer comme en suspens à qui nous donnerons nos désirs et nos pensées. ,

Hélas! encore un coup, si nous ne pouvons pas erapescher ces nudité*, ne négligeons pas au moins de montrer que nous ies désaprouvons en évitant de les regarder. SI la gloire de Jésus-Christ nous y oblige, nostre devoir et nostre infères! nous y engage. La veuë d'un beau sein n'est pas moins dangereuse pour nous que celle d'un Basilic, et c'est alors que nous pouvons dire avec l'Ecriture ', que le Démon se sert des fenestres de nostre corps pour faire entrer la mort asec le péché dans nostre ame. S'il est vray, comme dit le Prophète Jérémie, que nos yeux ravissent quelquefois nostre :inic, c'est sans doute lorsqu'ils s'arrestent sur un

1 Jnuw., c. 9. flsccndil mors per fcncslras noitro. — Tir. S. Oculus iiiriLi ]ir;i.'(kitiis (■:;! animaio mesm. — Jon, 31. Pcpigi fœdus cura oculis mcii, ut ne cogiturcm ij'iiik'i;: lit' vLrijLui-, t-ri-iri [uuk'iu I ; ; . Ii -. ■ i - ■■ t hi ni;; Unis.

charmant objet 1 cl qu'ils attachent en quelque sorte nostre esprit et nostre cœur, en y portant avw leurs iv^iilIh dus ;i[lVrlii>us ci mis dt-sirs. Et je croy que le Patriarche Job a voulu nous apprendre cette vérité, lorsqu'il déclare qu'il avoit fait un pacte avec ses yeux, afin Je ne penser point à la h eau té des femmes'. Car ce ne sont pas les yeux qui pensent et qui désirent, mais c'est le cœur ou l'esprit ; Fourquoy, dit-il donc, que, pour éloigner de son esprit et de son cœur l'idée et l'amour illOgitimc des lï itmu s , il a fait une contention avec ses yeux plutosl qu'avec son esprit et avec son cœur, si ce n'est pour nous faire connoistre qu'il est aisé de ne songer pas aux femmes quand on ne les regarde point, mais qu'il est presque impossible qu'elles ne remplissent nostre esprit et nostre cœur, si nous no faisons un pacte avec nos yeux de ne pas les regarder.

Et il est d'autant plus nécessaire de détourner nos regards de dessus ces femmes dont la gorge et les épaules sont découvertes, que

1 • Sur une fouuna mondaine , 1 dît la prcmïi'rn ùiiiLiujt. 1 i Filles ■ dans lu première édition.

selon la pensée du mesme Patriarclie, il est difficile de concevoir quelle place Dieu peut trouver dans une smc que les yens ont trahie, et dans laquelle ils ont fait entrer ces images impures qui occupent et qui troublent touips ses puissances, Souvenons-nousde cette maxime du grand S. Grégoire 1 qu'il y a de l'imprudence à regarder ce qu'il ne nous est pas permis de souhaiter, et si nous voulons conserver la tranquillité de nostre esprit et l'Innocence de nostre cœur, ne regardons jamais volontairement ces nudité/ en quelque lieu que nous soyons, mais surtout dans l'Eglise.

Si les Chrestiens doivent se faire connoistre par leur modestie , suivant la doctrine de l'Apôtre", c'est pvmripuleiiii'Til lors qu'ils sont dans la Maison de Dieu, où ils ne se rendent que parce qu'ils sont Cltrestiens ; c'est la qu'Us doivent faire un pacte avec leurs yeux, non seulement de ne point regarder les femmes,

' fîiifin'n. inliicri 1:011 ilci.it qnod non licol cciucii|)i.ïC0TV. 1 Ad Phii., 4. Mudcstia restra nota ait omnibus bominiliul. Duiuiims propr. cit.

mais de ne rien regarder, et de mesme que celuy qui court dans la lice nu détourne point sa veuc d'un cùlé ny d'autre , mais a ses yeux toujours attachez au but où il tend; celuy qui prie dans l'Eglise (car on n'y doit venir que pour prier, comme on n'entre dans la liée que pour courir), celuy, dis-je, qui prie dans l'Eglise doit estre si fort attentif à ce qu'il fait , qu'il doit s'abstenir do regarder les objets qui l'environnent, de crainte que son cœur ne suivo ses regards , et que son esprit ne s'éloigne insensiblement de celuy qu'il prie.

Noua nous trompons nous mesmes si noua croyons n'estre pas obligez de régler nos regards par une circonspection sage et modeste, et nous trompons les autres, si nous disons qu'on peut indilïi'i'finnifiil i.'t innocemment rc- <pn!er foutes choses. David pcrli.i |iour avoir été trop libre en ses regards, et un seul regard suffit pour le faire tomber dans le péché. Ce Prince estoit saint, Betsabèe sur qui il jelta les yeux par hasard estoit innocente, mais elle estoit nue; David la regarda en cet estât, et il

n'en fallut pas davantage pour (aire perdre la sainteté à David et l'innocence îi Betsabée. Qui psi cet orgueilleux qui refusera de s'instruire par un si grand exemple, et qui après cet

l'abord d'une femme laquelle fait paroistre tout ce qu'elle croit avoir de plus engageant et de plus beau? Qui est celuy qui se croira en seureté dans le mesme péril où David s'est perdu; et qui ne craindra pas de succomber par les mesoies armes dont il a esté vaincu?

xviir.

Le grand S. Basile * apprend à tous les Fidelles en instruisant un de ses Disciples, avec quel soin ils doivent détourner leurs yeux de dessus une feutrue qui afli.'df de paroistre belle'. « Donnei-vous de garde, dit-il, an-

i Première édition : . Laquelle fait voir il nu tout ce qu'elle a île plus beau et de plus charmant, i

5 BlsILII Ep. Cîirc mnminis mollis falsus indreri pulrlriludines cl perniliusas ; quia delurpatur anima si earùm

nuimii' drlcrUIur, rte, Caveùi ergn , pli, specics per quos plurimos ternis periisse, etc.

3 Lo première édition ajoute : > Par la nudité do ses bras, de sa gorge et (le ses épaules, i

Isnt qu'il vous sera possible, de considérer ces fausses et pernicieuses lioauléz; Jésus-Clirist ne se plaist qu'a la Lie auto île l'Ame et méprise celle du corps, cl tous ne devez estimer que les choses qui plaisent à Jésus-Christ. Sçachei que cette beauté que l'on nous présente , si vous la regardez avec attention, salira votre âme et la rendra difforme ; ne croyez pas au rapport quo vous en font les veux, mais croyez ce que tous en disent la raison et la foy, et appréhendez de vous perdre par où plusieurs personnes plus sages que vous se sont perdues.

Que les hommes donc tâchent de profiter de ces avis, et que les femmes sracbent que ces instructions cl ces conseils que l'on donne aui hommes sont pour elles de véritables reproebes et de sévircs reprélicnsions; qu'elles srachont que si les hommes se mettent au hazard d'offenser Dieu en les regardant, elles l'offensent en effet en se présentant aui hommes d'une manière qui peut et qui doit vraysemblablement les tenter ou les scandaliser. En vérité.

lorsque l'Ecclêsias tique ' nous avertit de ne point regarder une femme qui veut plaire a tout le monde, de peur que nous ne tombions dans ses piégea, ne peut-on pas dire qu'il accuse et qu'il blasme les femmes qui exposent nus yeux de tout le monde ca qu'elles ont de beau et de propre a se faire aimer, qu'il les blasme de blesser la pudeur et l'bonnesteté qui leur sont naturelles, qu'il les accuse de dresser des piégea à notre innocence en perdant la leur. Car c'est avec raison que le Prophète Ézéchiel* nous a appris que le sein découvert d'une femme étoit un lit, et un lit oii l'impureté reposoit et devenait féconde, en corrompant celle qui le découvre et celuj qni le regarde.

fi n'y a point de fille ni de femme qni ne sçacho que la nudité d'Èvo, dont il est fait mention dans l'Ecriture ', fut une suite et une

' Ecdi., e, 9. Xa rr'pidns roulicrcm mullitolam , ne forle incidaa lu bijiioos illiua.

3 Cb. 13, i. 17. Cubilo muniMniiD, etc.

3 Lu prenuiro édition va parla pas de ectio mention faite par l'Écrilure.

marque de son crime; elle se vit nue parce

qu'elle avoil |iiVlir, cL e lie coun i r L qu'elle pcelié quand elle se vit nue. Pourquoy vculcntellea juger d'elles-mesmes autrement que de leur mère commune, et que n'infèrent-elles de leur îiuiiHt', ce qu Viles foiichurnl de I;i ■iW-iuw : qu'elle est une marque de la dépravation de leur ame? Que ne concluent-elles qu'elles déplaisent à Dieu, puisqu'elles paraissent nues; et qu'elles ne se soucient pas de déplaire à Dieu piiisijuVllos se pliiisrnt en leur rimlili'. Eu tel;i beaucoup plus coupables qu'Eve , toute criminelle qu'elle estoit, qui eut lionlc de sa nudité et qui ne différa pas à la couvrir.

Peuvent-elles ignorer que c'est d'elles principalement que parle l'Apôtre ', quand il condamne les personnes qui découvrent une partie de leurs corps pour servir à l'impureté et à l'iniquité? Elles sei vcn! à l'impureté, parce que , de quelque prétexte qu'elles se couvrent et de quelque excuse qu'elles se flattent, le

1 Ad Hfim., <>. K.ïi.ibni ■!:!■. T.!c:nljrii ve^ra =ervirs munditiœ et iniquitati, etc.

motif et le dessein qui leur fait aimer la nudité n'osf jamais pur; elles ne pruvcnl pas le faire pour plaire ii Dieu ; il faut donc nécessairement que ce soit pour plaire au monde ; elles ne peuvent pas le faire par modestie ny par un principe île piété : il faut donc (pie ce soit par nu défaut de pudeur ou par un esprit de vanité et souvent d'impureté. Elles servent encore à l'iniquité, selon la pensée de l'Apôtre, puis qu'elles excitent les mouvements déréglez de la concupiscence, et qu'elles deviennent les instrumens du démon pour faire succomber les hommes au péché.

Saint Jérôme ' reprochoit à Jovinien, qu'il avoit dans son parti des Amaiones, lesquelles, le sein découvert et le bras retroussé jusqu'au coude, excitoient les hommes au libertinage pour les rendre ses sectateurs. Ne pouvonsnous pas dire avec autant de justice, que les femmes don! les liras, la gorge ol les épaules piroisscnl ;'i drcuiivci f , soûl W inïbbli's Aum-

1 Lib.l.advers.Jociti. Hobct In caslris Amaionas, viroi od libidincm provocantes mamma ciscrtn cl brocliio nudo.

zones du Démon, qui confiaient autan! pour luy que pour elles-mcsnies, cl ne vainquent presque jamais que pour luy; qui employent la liiMiilr. do leur corps k pervertir les âmes et îl les îissujeliir.'iS.ll.'Lii, et, en un mot, qui, après s'eslre rangées du party du Prince du monde, travaillent à suborner ceux qui suivent le party de Jésus-Christ.

Je souhaiterois que tontes les Biles et tontes les retnmes fussent bien persuadées de ce qu'a dit S. Chrv.-fjslOEne ' ci qui rt (''té justifié putplusieurs histoires auientiques : qu'une im;i;jr et une slatue nue est le siège du Diable; elles

cimrlun'nieul île lii que par leurs nullité* elles ileïienueul , non seiilemcnl lis siéjçe, mais le trône de Satan, que non seulement il impose sur leur goi'jjR et sur leurs épilules «posées aux yeux des hommes, mais qu'il y rogne, qu'il y domino, qu'il y triomphe; elles connoistroient que leur corps à ilopiy-rmd n'attire pas moins sur elles les Démons que les yeux des ' CnnvsotT., in Pialm. 113. Figura nude Dœraon

hommes; et comme il y ;i i l'ordinaire plusieurs hommes qai regardent leur sein , leurs épaules , cl leurs liras nmh, qu'il y a aussi plusieurs Démons sur chacune de ces pnilies dont ils prennent possession, et dont, pour ainsi parler, ils font leur retraitte cl leur fort. Peut-estre qu'estant eouiïimciies qu'elles sont eiii-ironnc.es, assiégées el couvertes de plusieurs de ces monstres à mesure qu'elles paraissent en public plus on moins nues, peul-estre, dis-je, que cette idée leur feroit avoir une juste crainte, et une sainie iHinciir de leur nudité.

S'il est vray ce que nous enseigne S. Jean dans son Apocalypse 1 , que ces personnes-là sont heureuses qui prennent garde à la manière dont elles s'habillent, et qui ajustent leurs vétemens de telle sorte qu'elles ne paraissent jamais nues pour ne pas découvrir leur effronterie par leur nudité; ne pouvonsnous pas dire , par la raison des contraires , que

ces IWiiitirs souL mallu'iin'uses qui ni', s'haliil-

1 Apoe., t. llj. ISi'i.ij» fjiri i "I flIjlcilLi vralilllL'llU

son, ]![■ niull» ninliiiliil, i I lêlonill !lir|iLlnc! jrii-jil 1411s.

ïent el ne s'ajustent que pour paraître à demy nuëa, et qui par leur nudité affectée découvrent malgré elles leur peu de retenue et de modestie, et font voir les défauts cachez do leur lime par la graue cl la beauté de leurs corps? Car qui est cclny qui a jamais bien présumé de la vertu d'une femme par la nudité de sa gorge, et qui sont ces Cbrcstiens el ces

l'ai ens i usines i[iu crllii nmliLii n'ait (Vit ilouliT de l'innocence de ses mœurs ou du moins de la sincérité de son intention?

Personne n'ignore qu'avant l'avènement de Jésus-Christ 1 , les plus libertines des femmes Juifvc3, cl mrsnirs k-a k.mmc-, idolâtres se setvoient de Toiles pour se couvrir la teste, les bras et les épaules, toutes les fois qu'elles sortoient en public, et l'on sçait qu'un illustre

do pudeur et do modestie, que des femmes

» CoamîL., ineap. li, 1. ad Corintk.

1 C. Sulpit. apttd Voler. Max.

débauchées ci idolâtres ! Celles-là ne vouloient paroistre en public que voilées, afin qu'on ne pust pas mesme douter de leur vertu; celles-cy veulent paroislre la gorjje nue, sans se sooeier de risquer leur verlu, et de donner un juste sojet de croire qu'elles méprisent les maximes de leur Religion. Les unes et les autres sravent que c'est pour elles une marque de pureté, que de couvrir leur sein. Les femmes idolâtres le cachent, les femmes Chrestiennes le découvrent ; que peut-on inférer de la, si ce «'es! qu'en cette rencontre, les femmes idolâtres paroissent Chrestiennes, et les femmes Chrestiennes idolâtres? Que peut-on conclure , si ce n'est ce que Tertulien en a conclu ', qu'au Jugement dernier les femmes payennes s'élèveront contre ces femmes Chrestiennes, pour les accuser et les convaincre d'immodestie, ponr demander leur condamnation, et peut-estre pour l'obtenir?

1 Lib. de celand- vinj. Juilic.ibnrit vn= At\ili[,i! frniinS! clhni™, qus non rauut, Mit fucinn ijLioqup ita iBUtm leguill, lit tllio orillrj MIkt.lI'J tiMif.;:ihi: jiilt (ti I 11] llioUI ffUÎ

luccin, ijuaja lotini beiem pnutïlncrc.

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