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De l'accaparement

J'ai suivie dans TEcho des Mines, la publication de" vos très intéressantes études sur « VAccapare^nent » ei' je vous félicite bien sincèrement des argwnents nau— veauoo que voies avez su mettre en relief pour expli-quer le phénomène de la « Concentration industrielle » qui est l'un des phénomènes économiques les plus^^ curieux de notre époque.

Vous Vavez dit : la tendance vers la concentratUn^ industrielle qui se manifeste dans tous les pays dumonde ^ n'est que la continuation du 7nouve7nent de concentration qu'a provoqué la machine à vapeut^ d'abord et ce qu'on a appelé le machinisme ensuite

« Bu jour où une machine à vapeur de 500 chevauar a été reconnue plus économique que dix machines à vapeur de cinquante chevaux chacune^ l'usine centralisée a pris naissance^ supprimant peu à peu les dixusines éléînentaires.

« Ce que j'appellerai « le mouvement vers le prix de revient minimum^ de l'objet fabriqué » a été créé par le machinisme; ce mouvement ne s'arrêtera pas là. »

Tout cela est parfaitement exact.

De tous les grands pays producteurs la France est

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'Certainement celui où la ia Concentration industrielle » •<i fait le moins de progrès : mais les statistiques que Je -viens d'établir démontrent qu'elle est entrée dans le miouvement depuis quelques années et il me suffira de reproduire ici quelques extraits de mon étude en cours de publication (La France économique et financière) jpm^r indiquer les résultats obtenus depuis seitlement un -demi-siècle,

Diaprés të recensement professionnel de 1891 (nous .ne connaissons pas encore celui de 1896), il y avait en France, à cette époque, 7M71.400 emplotjeicy^s ou patrons, 7A04.900ouvrie7\s, 899.100 employés, 1,609.400 ^serviteurs et 1 .5 14,100 personnes de professions inconsiues. Les familles — vieillards, femmes ou enfants — ^4e ces 18.798.900 citoyens ou citoyennes, comptaient 49.544.300 membres, portant ainsi la population exis- 4ante française au clàffre officiel de 38.343.200 habitants.

Les ouvriers, employés ou serviteurs sont au nombre <jte 9.613.400; celui des patrons ou employeurs, est de 7.671.400, ce qui donne, e7i 7noyenne, 125 ouvrions, •employés ou serviteitrs par 100 patrons ou employeurs.

Ce premier fait nous apprend déjà que la projyriélé 4xgricole, industrielle et comme7^ciale,est extrêmement -divisée en France et que le patronat y est facilement 'accessible à tous les ouvriers.

En supposant que les ouvriers travaillent 280 jourmées dans Vannée et que les patrons travaillent un 'quart de moins que leurs ouvriers (ce qui n'est pas bien ^certain, car dans beaucoup de cas la vie du patron se •confond avec celle de ses ouvHers et le travail personnel du patron employeur est souveut de plus longue

4%irée que celui des ouvriers qu'il emploie) : laproduo ilon nationale absorberait 1,6 11 millions de journées de travail ouvrier.

La population française n'ayant pas sensiblement augmenté depuis 1891, nous pouvons supposer que ces chiffres sont également applicables à Vannée 1898 :

Voilà pour le travail m^usculaire humain.

Nous savons^ par la statistique du Ministère de V Agriculture que la France possède environ 2.800,000 chevaux,, 217.000 mulets et 869.000 ânes : Les trois quarts de ces animaux travaillent pour V agriculture,^ V industrie ou le commerce y c'est-à-dire pour les besoins généraux de la collectivité.

A 280 journées de travail par amiée,^ leur puissance onusculaire^ convertie en travail ^nusculaire humain {cheval de trait z=i7 hommes ^ mulet 1=. 5 hommes; âne=z3 hommes),donnerait 4.552 millions de jour-nées.

Enfin,, la statistique du Ministère des Travaux publics nous indique qu'il y avait en France^ en 1898,, 91.979 machines à vapeur de toutes sortes travaillant pour les besoins de l'existence ou l'agrément de la collectivité,, et dont la puissance totale atteignait 6.779.000 chevaux-vapeur.

On admet,, à l'Administration des mines,, qu'un cheval-vapeùr représente^ comme puissance de travail : S chevaux de trait, ou 21 hommes de peine. En com^ptant aussi pour les machines 280 journées de travail par année,, et en convertissant leur force totale en journée de travail musculaire humain, on aurait comme équivalence :

6.779.000X21X280=39.860 millions de journées. . . Le sorte que la collectivité française aurait utilisé

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