IV
en 1898^ pour tous les besoins de son existence^ le tra^ \ vail dynamique suivant :
Travail patronal 1.611 millions de journées
Travail ouvrier 2.692 —
Travail animal. 4.552 —
Travail vapeur 39.860 —
Total 48 . 715 millions de journées
Et ce tableau récapitulatif ne comprend ni le travail des bœufs employés aux travaux de labour ou aux transports^ ni la force hydraulique captée par Vindus^ trie^ni la force aérienne utilisée par la marine à voiles
et les "moulins à vent,
La France comptant 38.560.000 habitants en 1898, les journées d'existence de la population française {h07nmesy femmes et enfants) ont atteint ^ pour Vannée entière^ 38.500.000X365=14.074 millions de jour^ nées.
Chacune de ces journées d'existence absorberait donc 3.46 journées de travail dynamique.^ ainsi décompo^
sées :
Travail patronal 0.12 journées
Travail ouvrier 0.19 —
Travail animal 0.32, —
Travail vapeur 2.83 —
Total égal... 3.46 journées
En 1850^ la population de la France était de 35 mil- ' ll07%s 690.000 habitants ; elle avait à sa disposition à peu près le même nombre de bêtes de trait et de som^me qu'en 1899 ^ viais elle n'utilisait encore que 6.832 machines à vapeur, engendrant une force totale de 186.000 chevaux-vaj^eur.
En supposant^ ce qui est vraisemblable, quelapro^ portion d'ouvriers^ employés ou serviteurs et de pa-
irons Jitt,x>oiir la population de 1850, la même quepouj*^ la population de ^1898^ le travail dynamique de Itp France aurait fourni en- 1850 :
Travail patronal 1 . 403 millions de journées
Travail ouvrier 2.479 —
Travail animal 4.552 —
Travail vapeur 1 . 094 —
Total 9.608 millions de journées
Les 35,^90,000 habitants de la Finance représentant 13.027 millions de journées d'existence honimeSy.. fem9nes et enfants^ chacune de ces journées absorbait le travail dynamique de 0.81 journée de t^^avail^ ainsP décomposée :
Travail patronal 0.13 journée
Travail ouvrier 0.21 —
Travail animal 0.33 —
Travail vapeur 0.09 —
Total égal... 0.81 journée
071 peut résumer ces calculs sous la forme suivante: L'ensemble du travail dynamique nécessaire à Vexis^ tence annuelle de la population française étant égal à 100,, chacun des éléments de travail aurait représenté x,
E il 1850 En 1898
Travail patronal...... 16.1 3.3
Travail ouvrier 25.9 5.4
Travail animal 46.9 9.4
Travail vapeur 11 . 1 81.8
Totaux égaux . . . 100.0 100 .
Ces chiffres démontrent que la population française^ de 1898, ayant à sa disposition quatre fois plus de travail dynamique qu'en 1850,, doit ^également produire' et conso7nmer un ensemble de choses au moins quatre-
tfois plus considérable. Mais ils établissent aussi d'une ^"snanière indéniable que le travail musculaire humain — le travail de Tesclave, comme on V appelle dans certain milieu — ne joue plus qu'un rôle insiqnifîant dans motre organism^e économ^ique moderne. .
Cest la vapeur qui fournit déjà les quatre cinquiè- ^mes dé Veftort dynamique exigé parles bénins toujours croissants de la collectivité française; c'est V outillage perfectionné qu'elle met en œuvre qui a décuplé la puissance de notre production économ^ique et créé ^ainsi les nouvelles richesses dont tout le inonde pro-
fite et il suffit de jeter un simple coup d'œilsurle
^assé pour comprendre que le machinisme — qui a déjà '^i profondément transformé et amélioré les conditions -de la Die humaine^ bien qu'il ne date que de quelques -^innées — doit nécessai^^ement suj^primer la lutte des classes dans r avenir .
En 1850, la France ne possédait que 6.832 machines 'à vapeur de toutes sortes., dont la force totale n'excé- -daitpas 186.000 chevaux-vapeur > La population fran- -^aise était de 35.690.000 habitants; cette population -vivait à son service 5 chevaux-vapeur par 1.000 habitants.
En admettant 2)our chaque machine un travail ^nopen annuel de 280 journées : à raison d'une équi- -^alence de force de 21 hommes de peine par cheval- 4)apeur., le machinisme aurait 7nis à la disposition de -chaque Français^ en 1850^ 29 journées de travail dyna- ^nique pour l'année entière.
Connaissant., chaque année., le chiffre de la popula- . 4ion française^ le nombre des machines à vapeur en service sur le territoire français et leur puissance to^
taie en chevaux-vapeur^ on peut — en pty^cédunt" comme pour Vannée 1850 — dresser le tableau suivant :
Travail-yapeur mis chaque année au service de la population française
Années
Population
Nombre de
Chevauxvapeur par
JouméeS'»-
hoinmes
par ajuiée-
française
Machines
Chevaux-
^t par
vapeur
habitants
habilant
Pour les années antérieUfjresM 1875^ le nombre total' des chevaux-vapeur n'est qiCapproobiraa,txf^ parce que • V Administration des mines, chargée de la surveillance • des appareils à vapeur, comptait le^ locomotives à une • puissance uniforme de.Wf) chevaux-vapeur; mais à^ vartir de 1875, la statistique a été "inodifîée, et on doit ' tenir pour exacts les chiffres de i88p,etdes années sui- vantes»
Etitre 1880 et i>S98, c'est-à-dire dans une 2)ériode de * diXftmit anné^tti^oliùment comparables entre elles,. la jmissance du travail-vapeur a doublé d'importance, et on j^eut dire qW idépendamment de la main-d'œu- • vre humaine et de 1 1 force animale, chaque citoyen français a aujourd'hii: à son service trois esclaves de fer, dont les frais de nounnture et d'entretien ne dé- passent pas fr. 05 par jour.
Oh pourrait, il est vrai, soutenir que cette réparti^
dion est purement théorique et qu'en réalité les esclaves de fer ne travaillent qu'au profit de la minorilé capldaliste qui les possède. Ce serait une affirmation risquée, car il suffit de constater rénorme développement -du bien-être public^ survenu depuis un. demi-siècle^ pour acquérir la certitude que Vinfluence bienfaisante <lu travdil-vapeur s'est exercée au profit de toutes les 'touches sociales,
' On consomme beaucoup plus de pain de froment, de viande fraîche^ de boissons, de sucre^ de denrées coloniales^ etc.^ qu'en 1850; on s'habille mieux, les loge-ments sont plus sains^ l'hygiène est mieux observée^ on zoyage^ on se distrait davantage. Les salaires sont beaucoup plus élevés^ l'épargne publique augmente -d'année en année et les statistiques les plus rigou- /reuses établissent que la fortune acquise se transforme progressivement en valeurs mobilières^ que ces valeurs .sem^orcellent à l'infini et qu'elles ont déjà pénétré en masse dans les classes laborieuses.
Que tout ne soit point parfait dans notre société mo^ ^ilerne, qu'il y reste encore un grand nombre de misères ^à.. soulager et de réformes à accomplir : c'est certain! Mais contester les progrès réalisés^ "inéconnaître les .résultats obtenus : c'est nier systématiquement l'évi" •dence lies faits.
Recevez^ mon cher Laur^ mes meilleures cordiftlités^
Edmond TriÊtiSr.