‹ De l'accaparementChapitre 5 sur 29 · LE PLUS GRAND TRUST EUROPEEN · texte numérisé non relu

LE PLUS GRAND TRUST EUROPEEN

Un écrivain spirituel a dit :

« L'Américain du Nord est en réalité du Midi ». En eflet ses trusts formidables qu'il jette à la face du vieux monde pour Fébaubir ont été imités sans bruit sans 6Z^/f par l'Europe et il existe aujourd'hui, sinon un trust, du moins un syndicat de vente qui laisse loin derrière lui la plupart des concentrations iadustrielles américaines.

Je veux^parler du syndicat des houilles de la Westphalie.

Celui qui, il y a quinze ans seulement aurait affirmé que le jour n'était pas loin en Europe où, dans un bassin houiller immense, presque toutes les sociétés houillères se syndiqueraient et réuniraient

dans une même main plus de cinquante millions de tonnes de houille à écouler annuellement, aurait certainement soulevé l'incrédulité universelle. '

Tout arrive en économie politique.

La poussée vers la concentration industrielle est si puissante à notre époque, que le fait s'est réalisé de la façon la plus naturelle. Il s'est réalisé, alors que toutes les tentatives similaires échouaient de l'autre côté de T Atlantique dans la patrie des. accaparements industriels.

L'histoire vaut la peine d'être contée.

A l'entrée de l'hiver de 1896-97 le prix de la tonne d'anthracite (le charbon domestique des Etats-Unis) bondit et se trouva en quelques jours majoré de cinq francs par tonne.

Une hausse d'un dollar en une semaine est un fait inconnu en Europe. On apprit qu'il y avait eu un trust formé et que sans vergogne, pressant sur les prix, il rançonnait en grande hâte le consommateur.

Déjà une tentative avait eu lieu en 1872 et avait échoué par suite de la mauvaise foi des contractants lesquels violèrent la convention dès la première année.

En 1878, nouveau timst^ nouvelle chute pour la même cause. De même en 1885. Cette fois en 1896 M. Mac Léod, président du chemin de fer du Reading avait usé d'un stratagème nouveau. Pour défier les poursuites légales dont Ifes trusts de l'anthracite avaient été parfois menacés, il imagina une base nouvelle pour édifier son opération. 11 crut la voir dans

un trust liant ensemble tous les transporteurs d'anthracite — chemins de fer et canaux — de manière à en former un syndicat d'acheteurs auquel les compagnies minières vendraient le charbon à forfait. De la sorte, dit M. Paul de Rouziers les transporteurs groupés, pouvaient éviter les surproductions en ralentissant leurs achats et les producteurs vendant à forfait à un prix arrêté d'avance étaient débarrassés du terrible souci des continuelles variations.

Maintenir fixe le prix d'achat et le prix de vente avec un gros écart, n'est-ce pas l'idéal?

La puissance financière du Reading Railroad de M.Mac Léod fut insuffisante et l'opérateur fut écrasé, mis en liquidation dix-huit mois après.

En réalité, il avait toujours semblé a tout esprit sensé qu'il était impossible de monopoliser un produit aussi encombrant, aussi bon marché, aussi répandu que la houille. Agir sur les masses immenses que représentent des millions de tonnes, sur une matière de première nécessité qui va chez tout le monde et dont l'élévation de prix subit peut mécontenter tous les citoyens à la fois en provoquant un pouvement d'hostilitépopulaire, — tout cela semblait indiquer que l'accaparement d'une denrée de bas prix. et de première nécessité était devenu dans les temps modernes une impossibililé matérielle. La

thèse d'Edmond Théry semblait donc devoir être vraie pour la houille, mais nous allons voir,chose curieuse, intervenir dans ce problème nouveau deux facteurs moraux qui vont rendre cette grande opération possible, et ces deux facteurs sont : la bonne foi et la discipline commerciales.

Ce qui avait rendu les trusts américains impossibles, c'était la duplicité des trustées violant leur parole et parjurant leur signature. C'était l'absence démette haute autorité morale qu'acquiert nécessairement celui qui,dans une association honnête, représente l'intérêt général et impose aux individualités, au nom du contrat librement consenti, sa volonté souveraine.

Eh bien ! c'est à force de bonne foi et de bonne volonté, après maints échecs, que le syndicat des houilles de la Westphalie a réussi à mener à bien l'opération commerciale la plus gigantesque des temps modernes, opération qui porte sur un chiffre d'afluires qui atteindra sous peu un milliard de francs annuellement.

Etudions cela en prenant pour guide un remarquable travail de MM. E. Gruner et E. Fuster (1) et voyons par quels efforts de volonté et de persévérance on est arrivé au but en Allemagne.

(1) Aperçu historique sur les syndicats de vente du combustible dans le bassin rhénan Wesphahen.

C'est en 1879 qu'a lieu le premier essai sérieux d'entente commerciale entre les exploitants rhénans Westphaliens. A cette époque, dans cet immense bassin, avec lequel seule l'Angleterre peut rivaliser, la surproduction et la baisse du prix de la houille rendent rindustrie houillère impossible. On s'entend d'abord pour limiter la production. Mais les organisateurs veulent grouper 90 0/0 de la production totale, c'est bien difficile. On ne signe que pour une année. On renouvelle quatre fois le contrat, mais rinfluence sur les prix de vente n'est pas appréciable et en 1884 l'entente cesse.

Al^rs, la situation empire encore et en 1885 on s'accorde pour réduire de 5 0/0 la production de 1884. On réunit 92 0/0 de la production! Cent sept exploitations adhèrent. On commence à fixer une pénalité sévère de deux marks par tonne pour le cas de surprcMuction d'un contractant. Cette convention dure dix-huit mois.

Néanmoins, l'effet delà discipline et de l'abnégation de certains des contractants n'est encore pas satisfaisant. Il y a toujours, comme en Amérique quelques fraudeurs et, au lieu d'une diminution de production de 5 0/0 on a une augmentation annuelle

de 2 0/0! On recherche avec une bonne volonté inouie de nouvelles bases et on résout de se lier pour cinq ans. Malheureusement ce projet ne réunit que 72 0/0 de la production et il échoue encore.

On désespère. La caisse des mines (Berggewerkschaftkasse), institution semi-officielle, intervient (preuve que le gouvernement n'a jamais vu d'un mauvais œil les essais de concentration industrielle qui se produisent sans aucun mystère du reste au vu et au su de tous). Le texte des statuts que fait voter laCaisse des Mines et qui stipulent une amende de 15 0/0 de la valeur de la houille pour celui qui se rend coupable de violer ses engagements, est homologué par le ministère lui-même le 1^"* mars 1887.

L'Etat on le voit — chose des plus curieuses — contribue par son intervention indirecte à la formation finale du Syndicat des houilles de la Westphalie. Il aurait mauvaise grâce aujourd'hui à ne pas s'en souvenir.

A partir du 1®' avril 1887, les décisions de l'Assem-^ blée générale relatives à la réglementation de la production sont applicables pour toute la Westphalie. Mais la production de 1887 est au contraire en augmentation sensible sur 1886! L'échec officiel paraît complet.

Il ne faut plus songer à des conventions de limitation de production et dès le mois de juillet 1886 le Comité des houillères de Westphalie étudie un projet

de Syndicat commercial en vue de la vente en com mun de la totalité de lap^^oduction.

On le voit, peu à peu les mystérieuses poussées qn dans le domaine économique conduisent les hommes à telles ou telles fins, agissent lentement.

G'estdurestetoujoursle même «processus». Gomme point de départ, apparaît une nécessité économique inéluctable (diminuer la production de la houille dans le cas présent) une question de vie ou de mort. C'est une sorte de loi de salut public économique qui s*ébauche ! Puis, les hommes s'agitent autour de cette nécessité économique, ils procèdent à des es-' sais, ils tentent d'abord une association basée sur la bonne foi exclusive, sur la parole d'honneur du contractant. Gela n'est pas suffisant (hélas !), l'œuvre échoue, mais alors la situation économique restant la même, inexorable, l'homme cherche encore et il conçoit ridée de chercher auprès de l'Etat, une sauvegarde, un frein, une discipline, que la simple volonté humaine est impuissante à maintenir. On échoue encore. Enfin, peu à peu, pour ainsi dire automatiquement, on arrive à une conception basée non plus sur l'honneur, non plus sur la crainte de l'Etat mais a sur l'intérêt de chacun coïncidant avec l'intérêt de tous, et nous allons voir cette conception réussir, par la simple juxtaposition d'une nécessité économique et d'une idée de justice et d'égalité.

Il y a là un point de vue philosophique à méditer. Nous ne faisons que l'indiquer.

Le système des comptoirs va naître de la sorte en Europe.

Pendant que les comités d'études discutent en Westphalie,des ententes partielles se concluent entre les producteurs de certaines catégories de combustibles. Ces ententes sont plus faciles puisqu'elles sont constituées entre un nombre moindre démines. Le Syndicat des cokes fonctionne déjà fort bien (nous donnerons en annexe ses statuts) et après quelques vicissitudes il forme une association puissante qui donne l'exemple de la force et de la discipline.

Un syndicat pour la vente des charbons pour briqueteries et fours à chaux se forme également.

Un syndicat pour la vente des charbons fins et menus criblés a aussi du succès.

Enfin, en 1890 on commence à voir fonctionner des syndicats régionaux de vente des houilles. Le Syndicat de Dortmund se distingue parmi tous les autres, parce que les mines de cette région toutes associées pour les houilles grasses et les cokes, ont déjà ressenti les bienfaits syndicataires. C'est de Dort mund que part en effet le mouvement définitif; c'est cette association qui sert de type à toutes les autres

et l'un de ses deux directeurs, M. Unckel, sera plus tard le directeur du syndicat général des ventes.

Le syndicat de Dortmund groupe déjà une ptroduction annuelle de 3 millions de tonnes. Puis un syndicat de Bochum, un syndicat d'Essen, un syndicat de Steele Mulheim, un syndicat de briquettes fortifient chaque jour l'idée. Les petites cristallisations partielles vont bientôt se rejoindre et se souder en un cristal géant.

L'idée du syndicat général de vente des houilles est dès lors assurée, une fédération est proposée et acceptée en principe. Le moment est solennel.

Mais laissons parler MM. Gruner et Fuster.

La Commission nommée par la Fédération, soumit son projet, le 30 juillet 1892, à TAssemblée générale, M. Km- DORF, qui prenait nettement la tète de ce mouvement, expliqua qu'il s'agissait de statuer sur le principe de la constitution d'un syndicat général de vente, société par actions, complètement indépendante de toutes sociétés minières et qui achèterait, dans des conditions à déterminer, la totalité de la production, pour la vendre au mieux des intérêts de tous, à l'abri de toute concurrence dans le district même, et en tenant compte des conditions commerciales, partout où la concurrence se faisait sentir. Sur cette question de principe, l'accord fut unanime.

Mais lorsque le président expliqua que l'une des conditions essentielles de cet accord était la répartition de la production totale entre tous les associés, c'est-à-dire, la fixation à chacun d'un chiffre de participation qu'il ne pourrait pas dépasser, les difficultés surgirent. On demanda surtout comment il serait tenu compte de la capacité de production des nouveaux puits, au fur et à mesure de

rachèvement des travaux préparatoires. Cette question, assez délicate pour faire hésiter les organisateurs de tout syndicat minier, ne pouvait naturellement être résolue séance tenante; l'Assemblée néanmoins, repoussa en bloc le projet Kirdorf, sans même vouloir le mettre à Tétude.

M. Kirdorf ne se tint pas pour battu. Il reprit la question des puits neufs.

En peu de jours on avait constaté qu'il n'y avait pas moins de 30 puits nouveaux réclamant leur part éventuelle à la production, et ces 30 puits devaient être des puits armés pour une production intensive ; il était impossible de songer à forcer ainsi de six ou sept millions de tonnes la production prévue. Toutefois l'examen de l'augmentation de la consommation, rapproché de l'augmentation de la production, à permis d'admettre que, sans risquer d'être débordé par une surproduction impossible à placer, on pouvait garantir, à tout puits nouveau, une place au syndicat, pour un tonnage maximum de 400 tonnes par jour. Cela revient, tout compte fait, à donner le droit aux exploitants d'augmenter leur production dans une proportion moindre que la consommation.

Cette dernière s'était accrue, pendant les 20 dernières années, en moyenne de 3.50 p. 0/0 par an; la production ne croîtrait donc que de 2 p. 0/0 ; on tenait ainsi compte de cette considération, admise également par les exploitants de Westphalie, que la consommation ne doit pas continuer à progresser, dans l'avenir, dans les mêmes proportions que dans les dernières années.

Au début de l'année 1893, le projet semblait encore avoir peu de chances d'aboutir, parce que le bassin avait produit en 1892, année prise pour base, 37,295,130 tonnes dont 32,592 produites par les petites exploitations de moins de 10.000 tonnes, et 3,552,051 tonnes produites par les mines appartenant à des usines et 155,513 produites dans le district d'Osnabrûck qui ne fait pas commercialement partia

du bassin; restaient 33,554,874 tonnes à grouper dans un seul syndicat. Or 5 mines réclamaient un chiffre de participation plus élevé que celui fixé par le projet; elles produisaient 408,513 tonnes. 12 mines produisant 2,844,121 tonnes, émettaient d'autres prétentions inadmissibles. 10 mines produisant 587,513 tonnes refusaient de participer à Topération. Enfin 7 mines appartenant à des armateurs et produisant 2,219.812 tonnes restaient naturellement en dehors de la combinaison. Ces 4 groupes de mécontents ou dedissidents produisaient donc ensemble 6,059,959 tonnes, soit 17,3 p. 0/0 de' la production qu'on cherchait à grouper. Il ne fallait pas penser à constituer un syndicat viable sans le concours d'une partie au moins de ces dissidents, et l'on put croire jusqu'au dernier moment que l'assemblée générale convoquée pour la fin de janvier enterrerait définitivement le projet.

Pourtant en quelques jours la situation se modifia totalement, et le 28 janvier, 92 p. 0/0 de la production totale se rallièrent sans réserve au projet.

Une seule modification importante fut apportée au plan définitif : la durée du syndicat était fixée à 5 ans au lieu de dix.

Le 16 février, l'assemblée générale constitutive put être tenue, et, dans les délais fixés, c'est-à-dire le 20 à mid^; la dernière mine hésitante avait adhéré. Le syndicat était enfin constitué. A partir du 1" mars 1893, et pour une durée minima de 5 ans, la vente de cette immense production était confiée aux directeurs du syndicat, dont les bureaux fnrent aussitôt établis à Essen.

Nous publierons le texte du- contrat en annexe, onny verra que par une fiction nécessaire, le contrat est passé entre une sociétépar actions et les exploitants, qui se trouvent en même temps composer la totalité des actionnaires, car ce syndicat ne se contente pas, comme les anciennes oonveùtions de contrôler la production ; il achète les chs^Vf

bons aux mines et les revend aux consommateurs, il est Funique agent commercial de la région.

Dès le commencement de 1895, la direction du syndicat et le comité consultatif toujours présidé par M. Kirdorf, ont réclamé l'a prolongation du syndicat; cette prolongation et quelques modifications au texte primitif du contrat furent approuvées par actes notariés des 31 juillet, 20 septembre 1895. Le syndicat fonctionnera donc jusqu'à la fin de 1905 et Taccord pourra alors être renouvelé pour dix nouvelles années par tacite reconduction.

C'est ainsi qu'est né le plus grand syndicat nonseulement d'Europe, mais du monde, croyons-nous.

Résumons-nous :

Ainsi, depuis 1879 jusqu'en 1893 cette idée d'un syndicat puissant, du farmeux Hheinisch-Westfalisehes Kohlen-syndicat est en gestation.

Il a fallu quatorze années à l'esprit humain pour trouver la formule de cette convention type.

Et depuis sept ans le syndicat fonctionne, grandit et développe dans des proportions inouïes la production houillère allemande. Qu'on en juge:

En 1879, quand l'idée d'un groupement naît par suite de la surproduction, le bassin westphalien rhénan produit 22 millions 1/2 de tonnes de houille ; en 4893, année où le syndicat est définitivement formé.

il en produit 38 millions et aujourd'hui il en produit plus de 50 raillions !

Depuis l'origine ifs ententes on a donc plus que doublé la production annuelle. En 1896 la production a été augmentée déplus de 9 p. 0/0 d'un seul coup.

Nous pouvons donner le chiffre de la production officielle du syndicat qui vient d'être fixée comme suit pour Tannée 1900 et pour les années précédentes :

Tonnes

Toute l'histoire du syndicat est là!

Le progrès de 1900 sur Tannée écoulée est donc de 3,227,525 T. ou de 6-39 p. c, et si Ton se reporte à la fondation du syndicat, au 1®' inars 1893, on voit que la production officielle était fixée à cette époque à 33,575,976 T., de sorte que le progrès n'est pas de moins de 20,158,108 T. ou de 60,04 p. c. depuis cette date jusqu'au 1^' janvier 1900,

Qu'on jette enfin un coupd'œil sur le tableau suivant des mines associées, on connaîtra leurnombre, leur importance et dans quelle proportion a grandi le chiffre de la répartition officielle depuis 1897. L'Amérique n'a rien qui approche de ce formidable groupement.

"'.'T'WF^

Tonnes Tonnes Tonnes Tonnes

Alstaden. 350.000

Alténdoif 240.000

Apierbecker AcUuU Ve-

' reia 263.558

Areiibergsche Actien -

Gesellschaft .... 1.450.000

BaakorMulJe. . . . 210.000

Ver. Bickcfeld Tiefbau. 155.000

Blankenbur. .... 135.000 Bbclmmer Bergwerks -

Act.-Ges. "... 315.900

BomifiérbankerTietbau. 175.000 Bonifacius (^Gesebkir -

chen —

Borussia 194.760

Caroline 130.000

Garoiinengluek . . . 300.000

Centrum 875.524

Charlotte 120.000

Goncordia 953.097

GonsoUdatiun . . . . 1.500.578

Constantin der Grosse . . 764.504

Cou ri (Harpen) ... —

Crone 204.000

Dahlbuscli 970.005

Danlhauser Tiefbau . . 150.000

Dannunbaum . . ... 847.741

Deutsehland . . * . . 130.500

Dorsteld 600.000

Bibcrg . 300.000

Eintracht Tiefbau . . 500.000

Ewald 762.988

Freie Voc^ei und Un-

verhofft ..... 180.000

Fiiedrich der Grosse . 588.977

Froliliche Mor^ensonne. 431.264 G^lsenk. m. Bonifacius

u. Westhausen. . . 5.389.213

General 158.806

General Blumentbal. . 796.500

Glûckswiukclburg . . 100 000

Gottessegen .... 180.000

,Graf Bismarck ... 1 279.688

Graf Moltke (Nordstern) — Graf Schwerin et Loth-

ringen 888.400

Hagenbeck (Mûihem .

Bergw.-V.) .... —

Hamburhund ) y^j, )

Waliasch. . ^ ^^^^ ^

Hannibal 377.102

: jigliTi l-*'iiJA il »5

Harpcner Bergb.-Act. -

Ges. etCourl . . .

Heinrich . . . ^.. .

Hélène und Amalie . ' .

Hercules

Herzkamp. Muldo (Stock

u. Schrerenb.) . . .

Hibernia

Ver. Hoff. n. Secr. Aak

(Knipp verk.; ... .

Holland (Nordstern) . .

Humb«ldt(Mûlh . Bergw-

Johann Deimelsberg .

Julius Philipp ....

Kaiser Friedrich. . .

Kolner Bergwerks-Ve-

rein ......

Kônig Ludwig . . .

Konig Wilholm . . .

Konigin Elisabeth . .

Konigsborn ....

Louise Tiefb. / Ver- \

m.Bruchstr. \ kaufs- \

Ludwig, . . \ verein /

Ludwig

Magdeburger Bergw. -

Friedrich Ernestine. .

Graf Beus

Mathias Stinnes . . .

Victoria Mathias. . .

Ver. Stock et Scherenb.

m. Herk Mule . . .

Ver Trappe ....

Tremonia . . . , .

Unser Fritz ....

Victor

Victoria

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