MALADIES AIGUES
C’est là une indication un peu anciennement posée, et que les auteurs actuels s’accordent à repousser dans la grande majorité des cas. De tout temps, en effet, on a vu des femmes accoucher spontanément avant le terme, dans le cours d’un état aigu, sans retirer aucun bénéfice de cette délivrance précoce, et sans qu’on pût, par conséquent, considérer celle-ci comme un événement favorable.
Les anciens basaient leur opinion sur cette croyance, qu’une maladie aiguë était fâcheusement influencée par l’existence d’une grossesse concomitante, et que dès lors, il y avait indication d'interrompre celle-ci au profit de la première.
L'influence fâcheuse exercée par certaines maladies aiguës sur l’évolution de la grossesse est aujourd’hui bien établie M. Queirel (1) (de Marseille), a démontré récemment que la grossesse aggrave le pronostic du choléra; l'affection est meurtrière pour le fœtus dans le sein de sa mère, et détermine fréquemment l'avortement; au voisinage du terme, on peut avoir encore quelques enfants vivants, qui succombent souvent au choléra dès les premiers jours de l’existence. Les conclusions de l’auteur ne signalent aucune application de ces données cliniques à l’accouchement prématuré provoqué.
(1) Queirel. Académie de médecine, 19 octobre 1886, in Semaine médicale, 1886,p. 416.
AR éd
Mais, si dans une maladie aiguë l'intervention se trouve indiquée, si, à un moment donné, l'existence du fœtus se trouve immédiatement compromise, l'accouchement provoqué sera une opération trop lente, et l’accouchement forcé trouvera plutôt son application. Si le fœtus n’est pas directement menacé, il faut se garder d'intervenir, et combattre même la tendance de la nature à un travail prématuré.