‹ De l'Accouchement Prématuré ProvoquéChapitre 30 sur 31 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° L'accouchement prématuré provoqué diffère de l’accouchement forcé par la nature des procédés mis en usage pour le réaliser, et de l’avortement provoqué par la viabilité du fœtus.

& L’indication de cette manœuvre, introduite en France grâce aux efforts de l’Ecole de Strasbourg, existe surtout dans les cas de rétrécissement du bassin. Mais d’autres états pathologiques de la mère ou du fœtus, de la mère principalement, peuvent aussi lui donner naissance.

3° Les principaux procédés à l’aide desquels on peut réaliser l'accouchement prématuré provoqué, en dehors des moyens médicaux peu efficaces et des moyens sympathiques dangereux, sont les suivants : tamponnement vaginal, douches utérines, perforation des membranes, dilatation du col, décollement des membranes. Dans les cas qui ne présentent pas d’indications spéciales, le décollement des membranes par la sonde de Krause déterminera toujours une excitation suffisante de l'utérus pour mettre en jeu le travail, et sera la méthode d'élection. On pourra souvent combiner avec cette manœuvre quelqu'un des autres procédés, à titre de moyen adjuvant.

4 Les suites de couches, chez la mère, ne diffèrent pas de ce qu’elles sont à l’état normal. Les soins consécutifs

jouent, au point de vue de l’enfant, un rôle prépondérant. La couveuse de M. Tarnier est appelée à rendre, et a déjà rendu d'immenses services à l'hygiène obstétricale.

5e Considéré au point de vue médico-légal, l’accouchemen # prématuré provoqué n’est pas autre chose qu’un avortement, mais cette manœuvre ne sera jamais justiciable de la pénalité prescrite à l’article 317, si le médecin, agissant d’après des indications précises, a partagé sa responsabilité avec plusieurs confrères. L

Vu et permis d'imprimer :

Montpellier, le 14.Juin 1887. Vu et approuvé : Le Recteur de l'Académie, Montpellier, le 14 Juin 1887. correspondant de l'Institut, Le Doyen,

CHANCEL. CASTAN.

Page 1