B0O 3 . KO
Le premier de ces borates se prépare en faisant fondre un équivalent de potasse et un équivalent d’acide borique. On peut le faire cristalliser en reprenant la masse par l’eau et la faisant évaporer. Les cristaux sont de petites aiguilles.
Ce sel est déliquescent, facilement fusible en un verre trèsliquide, qui ne tarde pas à se ternir en attirant l’humidité et l’acide carbonique de l’air. 11 fait alors effervescence avec les acides.
littorale de potasse. — Ce sel peut se préparer, soit en faisant fondre un équivalent de potasse avec deux équivalents d’acide borique, soit en faisant réagir l’acide borique sur du carbonate de potasse. Il peut cristalliser en prisme rectangulaire; il contient alors huit équivalents d’eau, et il correspond au borax cubique. 11 peut aussi cristalliser en prisme régulier à six pans. II ne contient plus alors que cinq équivalents d’eau, et correspond au borax rhomboédrique. Ce borate est très-soluble dans l’eau, facilement fusible en un beau verre, moins altérable que le précédent.
J’ai essayé d’employer ce sel pour fairedes essais au chalumeau, et j’ai trouvé qu’il donnait les mêmes réactions que le borax ; seulement sa fusibilité est plus grande. Il attaque plus facilement les matières minérales et forme des perles très-limpides, mais qui s’altèrent plus facilement que celles du borax.
M. Laurent a signalé l’existence de deux autres borates acides auxquels il a donné pour formule
3BoO’, KO, 8HO,
6BoO s , KO, ÎOHO.
Je ne sais pas quels sont les moyens qu’il a employés pour préparer ces sels, mais il$ doivent être très-instables; car si l’on ajoute dans une solution concentrée de borate de potasse un excès d’acide borique jusqu’à ce que la solution rougisse le tournesol, une simple addition d’eau suffit pour que la réaction devienne alcaline. Ce qui fait supposer que l’acide borique n’est pas resté combiné au borate de potasse.
BORATES DE SOUDE.
Dans la nature, on ne trouve que du biborate de soude, connu aussi sous les noms de borax et de tinkal. La forme primitive de ses cristaux est un prisme oblique à base rhombe, dont les pans font entre eux un angle de 87% et s’inclinent sur la base de 101"20' ; il contient 47 pour 100 d’eau, comme le borax prismatique du commerce.
Jadis il venait complètement de l’Inde, où il existe dans certains lacs qui avoisinent les montagnes du Tibet. Pour l’envoyer en Europe, on l’enduit d’une matière grasse qui est destinée à l’empêcher de s’effieurir à l’air. La matière organique qu’il contient lui donne une couleur gris verdâtre qui disparaît lorsqu’on le calcine à l’air.
On a trouvé du borax dans l’île de Ceylan, dans la Tartarie méridionale, en Transylvanie, en Saxe, près d’IIalberstadt, dans les eaux mères des salines de Bex, en Suisse (M. Baup). M. Fresénius en a trouvé dans les eaux d’Olette (Pyrénées-Orientales) ; M. Bouis dans celles de Bagnères-de-Luchon, deBaréges, deCauterets, de Labassère et de Vichy. Enfin M. Filhol a démontré sa présence dans le feldspath des Pyrénées, dans la pegmatite de l’Aveyron, dans les potasses du commerce et dans les cendres des végétaux.
Le borax le plus estimé dans le commerce vient de Necbal.
Si le biborate de soude est la seule combinaison d’acide borique et de soude qui existe dans la nature, la chimie a réussi à combiner ces deux corps dans plusieurs autres proportions que je vais passer en revue avant d’étudier le borax en particulier.